🎧 Les Championnats d’Europe de trail 2026 vont se courir ce samedi 6 juin à Kamnik, en Slovénie, sur un format qui peut sourire aux Français.
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Le trail long des Championnats d’Europe off-road 2026 s’annonce comme l’un des grands rendez-vous de la saison pour l’équipe de France.
Sur un parcours d’environ 52 km et 2 450 m de dénivelé positif, les Bleus arrivent avec des ambitions claires : jouer devant, viser les podiums, et surtout exister par équipes.
Le format slovène n’a rien d’un ultra où l’on peut attendre patiemment son heure pendant 15 h. Il impose de courir vite longtemps, de grimper fort, de descendre proprement et de rester lucide sur les portions roulantes. C’est un trail nerveux, complet, exigeant, taillé pour des athlètes capables de passer d’un effort de montagne à une relance rapide sans exploser.
Dans ce contexte, la France présente une sélection très intéressante. Chez les hommes, le groupe mélange expérience internationale, profils rapides, coureurs en forme et athlètes capables de tenir une intensité élevée sur plusieurs heures. Chez les femmes, le collectif paraît encore plus lisible, avec un quatuor homogène, expérimenté et très crédible pour le classement par équipes.
Reste une certitude : à Kamnik, les favoris ne seront pas seulement ceux qui ont les meilleures références sur le papier. Sur ce type de parcours, il faudra aussi savoir gérer la première grande montée, ne pas se mettre trop tôt dans le rouge et garder assez d’énergie pour la fin de course. Les Championnats d’Europe ne pardonneront ni les départs trop ambitieux, ni les erreurs tactiques, ni les passages à vide mal gérés.
Les favoris hommes et femmes des championnats d’Europe de trail
Frédéric Tranchand, le favori français le plus naturel
Chez les hommes, Frédéric Tranchand apparaît comme le nom le plus solide côté français. Son profil colle parfaitement à l’exigence d’un championnat international. Il a l’expérience, la vitesse, la capacité à lire le terrain et la culture tactique des grands rendez-vous.
Son passé d’orienteur est un atout évident sur un parcours comme celui de Kamnik. Dans un trail européen, il ne suffit pas d’avoir les jambes. Il faut savoir se placer, choisir les bons moments, rester lucide dans les transitions et ne jamais perdre le fil de la course. Tranchand possède justement cette intelligence de terrain qui peut faire la différence lorsque le niveau se resserre.
Il arrive aussi avec une vraie crédibilité internationale. Ce n’est pas un coureur qui découvre la pression d’un maillot national. Ce n’est pas non plus un profil uniquement construit sur la puissance physique. Il sait gérer les courses rapides, les terrains techniques et les moments où la tactique prend le dessus sur la simple capacité à pousser fort.
Sur un format de 52 km, son enjeu sera de rester dans le bon wagon sans se cramer trop tôt. Le parcours slovène devrait proposer une longue montée assez tôt dans la course, puis une seconde partie où les écarts peuvent devenir importants si les jambes lâchent. Pour Tranchand, la clé sera donc de courir avec patience, sans subir le rythme des autres nations, mais sans laisser partir trop loin les meilleurs.
Antoine Charvolin, le profil régulier qui peut faire très mal
Antoine Charvolin fait partie des Français les plus attendus sur ce format. Son profil est intéressant parce qu’il repose moins sur l’effet de surprise que sur la capacité à maintenir un haut niveau d’intensité dans la durée. Sur un trail de championnat, cette régularité peut être redoutable.
Le parcours de Kamnik devrait favoriser les coureurs capables de ne pas trop varier d’un secteur à l’autre. Il faudra être solide en montée, propre en descente, mais aussi capable de relancer sur les portions plus roulantes. Charvolin correspond bien à ce type d’effort où l’on ne gagne pas forcément tout d’un coup, mais où l’on peut faire craquer les autres à force de rester constant.
Il sera aussi l’un des coureurs observés de près après la sélection masculine discutée. Mais une fois le départ donné, cette histoire n’aura plus beaucoup d’importance. Ce qui comptera, ce sera sa capacité à transformer son niveau théorique en résultat concret sur le terrain.
Dans une course européenne dense, Charvolin peut jouer un rôle essentiel pour le collectif français. Même sans viser absolument la première place individuelle, un Français bien placé dans le top 10 ou aux portes du podium peut peser lourd dans le classement par équipes. C’est souvent là que les championnats se jouent : pas seulement avec un leader, mais avec plusieurs coureurs capables de rester très haut.
Rémy Brassac, l’homme qui arrive avec quelque chose à prouver
Rémy Brassac fait partie des coureurs dont la sélection a été particulièrement commentée après les Championnats de France du Ventoux. Son cas symbolise cette équipe masculine construite dans un contexte inhabituel, avec une analyse des données GPS après l’erreur de parcours de plusieurs favoris.
Mais sportivement, son profil reste très crédible. Brassac a montré qu’il avait le niveau pour rivaliser avec les meilleurs Français sur ce type de format. Il arrive donc en Slovénie avec une double motivation : performer pour l’équipe, mais aussi répondre sur le terrain à ceux qui ont discuté la manière dont la sélection a été établie.
Ce genre de contexte peut peser. Il peut créer de la pression. Mais il peut aussi devenir un moteur. Sur une course de championnat, avoir quelque chose à prouver n’est pas forcément un handicap, à condition de ne pas partir trop vite et de ne pas courir avec les nerfs.
Pour Brassac, l’équilibre sera subtil. Il devra rester dans la course sans vouloir tout régler dès les premiers kilomètres. Le format exige de la patience, surtout avec une montée importante assez tôt dans le parcours. S’il parvient à garder de la fraîcheur pour la seconde moitié, il peut devenir un élément très précieux pour la France.
Florian Bernabeu-Séguy, le champion de France qui découvre le maillot bleu
Florian Bernabeu-Séguy arrive à Kamnik avec un statut particulier. Il a remporté les Championnats de France de trail au Ventoux, dans une course perturbée par l’erreur de parcours des favoris. Mais il ne faut pas réduire sa sélection à ce scénario. Il a aussi montré une qualité essentielle en trail : rester sur le bon itinéraire, garder sa course sous contrôle et aller chercher la victoire.
Dans un sport où l’on parle souvent de watts, de VO2 max, de vitesse ascensionnelle et de données GPS, ce rappel est important. Le trail reste un sport de terrain. Savoir lire une course, ne pas se tromper, rester concentré et tenir jusqu’au bout font partie de la performance.
Son défi sera maintenant d’élever encore le niveau. Une victoire nationale ne garantit rien sur un championnat européen. La densité sera plus forte, le rythme plus dur à contrôler et la pression différente. Pour une première sélection, le risque est de vouloir trop bien faire trop tôt.
Mais Bernabeu-Séguy a aussi une carte à jouer. Il n’arrive pas forcément comme leader désigné, ce qui peut lui laisser une marge de liberté. S’il parvient à courir intelligemment, à rester dans un groupe solide et à ne pas exploser dans la dernière partie, il peut être l’une des bonnes surprises françaises.
Ches les femmes
Audrey Tanguy, la référence française chez les femmes
Chez les femmes, Audrey Tanguy apparaît comme l’une des grandes chances françaises. Son expérience parle pour elle. Elle connaît les longues distances, les courses exigeantes, les moments où l’on doit gérer un passage difficile sans paniquer. Sur 52 km, ce vécu peut compter autant que la vitesse pure.
Le parcours de Kamnik demandera une gestion fine. La première partie devrait déjà mettre les organismes sous tension, mais la fin de course pourrait être décisive. Audrey Tanguy a le profil pour ne pas se laisser emporter par un départ trop rapide et pour construire sa course avec lucidité.
Elle sera aussi un pilier du classement par équipes. Dans ce type de championnat, le collectif féminin français peut viser très haut si plusieurs coureuses restent groupées dans les premières positions. Tanguy peut apporter cette stabilité, cette expérience et cette capacité à ne pas s’effondrer quand la course devient dure.
La concurrence européenne sera relevée, notamment face aux nations alpines et scandinaves. Mais la Française possède suffisamment de références pour être considérée comme une vraie candidate aux premières places françaises, et comme l’un des visages forts de cette sélection.
Adeline Martin, l’expérience qui peut compter dans les moments difficiles
Adeline Martin fait partie de ces profils qu’il ne faut jamais sous-estimer dans une course de championnat. Elle connaît les efforts longs, les courses de montagne et les moments où la tactique prend le dessus sur la simple forme du jour.
Sur un trail rapide de 52 km, son expérience peut devenir un avantage si la course se durcit progressivement. Les championnats internationaux ne se résument pas toujours à un départ rapide et à une bataille frontale entre favorites. Parfois, tout se joue dans la capacité à rester propre quand les autres commencent à perdre leur efficacité.
Adeline Martin peut justement tirer son épingle du jeu dans ce type de scénario. Si le rythme est irrégulier, si la météo complique les appuis, si certaines concurrentes se mettent trop tôt dans le rouge, sa maturité peut lui permettre de remonter progressivement.
Elle aura aussi un rôle important dans la dynamique collective. Une équipe forte par équipes ne repose pas seulement sur une leader. Elle repose sur plusieurs coureuses capables de rester solides, de limiter les écarts et de ne jamais sortir mentalement de la course.
Marie Goncalves et Anne-Cécile Thévenot, la densité comme arme collective
Marie Goncalves et Anne-Cécile Thévenot complètent un quatuor féminin très homogène. C’est peut-être la grande force de cette équipe de France féminine : elle ne dépend pas d’un seul nom, mais d’un ensemble cohérent.
Dans un championnat continental, cette densité peut faire la différence. Si une athlète connaît un passage plus difficile, les autres peuvent maintenir l’équipe dans la course au podium. Si plusieurs Françaises restent placées dans le premier tiers du classement, la France peut rapidement devenir très dangereuse pour le classement par nations.
Goncalves et Thévenot auront donc un rôle qui dépasse leur résultat individuel. Leur capacité à rester régulières, à ne pas perdre trop de temps dans les moments faibles et à finir fort peut peser lourd dans le bilan final.
Sur un parcours comme Kamnik, il faudra probablement éviter les écarts brutaux. Une minute perdue ici, trois minutes perdues là, un ravitaillement raté ou une descente mal négociée peuvent coûter très cher. C’est dans cette régularité que la France féminine peut construire une performance collective ambitieuse.
En résumé, la France peut viser l’or par équipes
La vraie force française pourrait se situer dans le collectif. Chez les hommes comme chez les femmes, l’équipe présente une densité intéressante. Or, sur un championnat d’Europe, le classement par équipes ne récompense pas seulement le meilleur coureur d’une nation. Il récompense la capacité de plusieurs athlètes à rester placés.
Chez les hommes, Frédéric Tranchand peut jouer le rôle de locomotive, mais Charvolin, Brassac et Bernabeu-Séguy peuvent tous peser dans le classement. Le quatrième coureur aura aussi son importance, car il peut prendre des places aux concurrents directs, même s’il ne marque pas directement comme les trois premiers.
Chez les femmes, l’homogénéité du quatuor est un vrai argument. Audrey Tanguy et Adeline Martin apportent de l’expérience, tandis que Marie Goncalves et Anne-Cécile Thévenot renforcent la densité globale. Si les quatre restent dans le match, la France aura de vraies raisons d’espérer un podium, voire mieux selon le scénario.
L’or dépendra évidemment de la concurrence. Les nations européennes arrivent avec des profils très forts, souvent issus de cultures montagnardes solides. Mais la France a l’avantage d’un groupe complet, capable de répondre à plusieurs types de course.
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