Longtemps associĂ©e au ski et aux sports dâhiver, la marque française Rossignol tente dĂ©sormais de se faire une place dans un univers beaucoup plus concurrentiel : celui du trail running. Et contrairement Ă certaines marques qui arrivent dans le trail avec une simple opĂ©ration marketing, Rossignol semble vouloir construire une vraie gamme cohĂ©rente.
La preuve avec la sortie de la Venosk, une chaussure pensée pour les coureurs qui alternent route, chemins roulants et sentiers plus techniques. Un modÚle qui montre surtout une chose : Rossignol ne veut plus rester un acteur anecdotique dans le trail.
Rossignol veut profiter du boom du trail
Depuis plusieurs annĂ©es, le marchĂ© du trail explose. Les grandes marques historiques comme Salomon, Hoka, Nike ou Brooks dominent largement le secteur, mais beaucoup dâacteurs venus dâautres sports tentent dĂ©sormais leur chance.
Pour Rossignol, le lien paraĂźt presque logique. La marque possĂšde dĂ©jĂ une forte image montagne, outdoor et performance. Le problĂšme, câest que le trail est un milieu extrĂȘmement exigeant. Les traileurs acceptent rarement les produits âmarketingâ. Une chaussure doit ĂȘtre crĂ©dible sur le terrain.
Et justement, les premiers retours autour de la Rossignol Venosk montrent que la marque semble avoir compris certains codes essentiels du trail moderne.
La chaussure de trail Rossignol Venosk pensée pour les sorties du quotidien
La Venosk ne cherche pas Ă devenir une chaussure dâultra radicale ou un modĂšle carbone spectaculaire. Rossignol a plutĂŽt choisi une approche pragmatique : proposer une chaussure polyvalente capable dâenchaĂźner bitume, chemins et sentiers.
Avec un drop de 6 mm, un poids relativement contenu et des crampons de 4 mm, la Venosk vise clairement les coureurs qui veulent une seule paire capable de tout faire.
Le test publié par iRunFar insiste notamment sur plusieurs points :
La chaussure est jugĂ©e confortable et respirante, avec une toe box plus large que certains modĂšles concurrents. Le maintien semble sĂ©rieux sans devenir trop rigide. La semelle extĂ©rieure est Ă©galement prĂ©sentĂ©e comme lâune des bonnes surprises du modĂšle, notamment sur terrains variĂ©s allant de la neige aux sentiers secs.
Rossignol tente donc ici une approche assez intelligente : ne pas entrer frontalement dans la guerre des chaussures ultra techniques Ă 250 euros, mais proposer un produit plus accessible et polyvalent.
Le vrai défi de Rossignol : convaincre les traileurs
Le plus difficile commence maintenant pour Rossignol.
Dans le trail, les habitudes sont trĂšs fortes. Beaucoup de coureurs restent fidĂšles pendant des annĂ©es Ă leurs modĂšles prĂ©fĂ©rĂ©s. Les rĂ©fĂ©rences historiques bĂ©nĂ©ficient aussi dâune Ă©norme visibilitĂ© grĂące aux athlĂštes Ă©lites et aux grandes courses.
Rossignol part donc avec un retard Ă©vident en matiĂšre dâimage dans le running. Mais la marque possĂšde aussi plusieurs atouts.
Dâabord, son ADN montagne reste crĂ©dible. Ensuite, Rossignol semble Ă©viter pour le moment les effets de mode excessifs. Enfin, la marque française arrive avec des prix relativement contenus dans un marchĂ© oĂč certaines chaussures dĂ©passent dĂ©sormais largement les 200 euros.
Reste à voir si cette stratégie suffira pour réellement exister face aux géants déjà installés.
Car aujourdâhui, dans le trail, sortir une bonne chaussure ne suffit plus. Il faut aussi rĂ©ussir Ă entrer dans la culture des traileurs.
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondĂ© de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribuĂ© Ă faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dĂ©rives du trail.
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