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Résultat Ultra-Trail Snowdonia by UTMB : Beñat Marmissolle remporte la course en 21 heures 59 minutes 51s
Il n’avait pas prévu de revenir pour faire de la figuration. Et on n’a pas été déçu ! Beñat Marmissolle ne s’est pas contenté de pointer au départ de l’Ultra-Trail Snowdonia 100M : il s’est installé dans la course, dans le rythme, et au final devant tout le monde. Snowdonia, avec ses cailloux, ses murs et ses nuits interminables, aura finalement servi de décor à son retour en force.
Les chiffres de la victoire
Beñat Marmissolle a vaincu Snowdonia en 21 heures 59 minutes 51s, prenant la 1ere place de façon définitive autour de la 18e heure de course ce samedi matin. Son temps lui permet même de battre le record de Mark Darbyshire établie en 2024 sur un chrono de 23 h 41 min 13 s.
Le coureur basque a été longtemps éloigné des courses, avec une dernière participation notable à l’UTMB en 2025 et un abandon. Il revient donc en forme, en très grande forme.
Il a toujours joué aux avant-poste de la course, prenant même la 1ere position temporairement dès la fin de la deuxième heure de course. Il restera second toute la nuit, prenant le temps de faire deux ravitos assez marqués, l’un d’un peu plus de 20 minutes, et l’autre de 15 minutes. C’est dire, au regard du niveau des coureurs aux avant-poste, que le terrain et la nuit furent compliqués.
Ces deux pauses ont été stratégiques puisque Beñat a consolidé sa première place aux petites heures du matin ce samedi, avant de s’envoler vers la victoire finale à Llanberis.
Une course d’une rare exigence
Vous regarderiez l’Ultra Trail Snowdonia sur une carte du Pays de Galles, vous n’y verriez pas une course forcément très impressionnante. Le profil ne dépasse pas les 1000 m d’altitude, oubliez la chambre hypoxie pour vous préparer !
Sauf qu’au départ du village de Llamberis, la difficulté ne réside pas dans la difficulté, mais déjà plus dans le dénivelé, on est sur un 160 km, 10 000 m de D+. Traduction, le profil se définit par de nombreuses côtes très violentes, qui vous font passer pour la plupart du niveau de la mer à presque 1000 m d’altitude. Elles ne sont pas rares les ascensions à plus de 20%, 25 % même pour certaines. C’est comme faire un kilomètre vertical, mais en plein ultra de 160 km.
Le D+ est violent, autant que le D-, mais après tout, on est sur de l’ultra ! Non, la particularité de Snowdonia, c’est le sol sur lequel courent les athlètes. Oubliez les belles pistes alpines ou les sentiers de montage. Oubliez encore un peu plus les chemins forestiers bien entretenus. A Snowdonia, on est plus souvent à sauter de caillou en caillou dans les pierriers quand on ne cherche pas sa stabilité sur les grandes plaques d’ardoise caractéristiques de la région.
C’est beau, c’est technique, mais c’est destructeur pour les jambes et les chevilles. Cela l’est d’autant plus que l’humidité peut venir jouer les trouble-fête en rendant les appuis encore plus fuyant. Et autant dire qu’au Pays de Galle, la pluie n’est pas une option, c’est la base de la météo.
On ne vient pas à Snowdonia travailler sa pointe de vitesse, mais son équilibre, ses appuis et sa capacité à rester debout sur un sol qui cherche à tout prix à vous faire tomber.
En résumé, ce retour en force de Beñat est peut‑être l’un des plus marquants du trail actuel, à la fois sportif et personnel.
Il témoignait il y a quelques semaines et ces difficultés psychologiques passées, évoquant même des pensées suicidaires.
Depuis, il a pris le temps de se poser, de se soigner, de se faire accompagner, loin des caméras et des pressions médiatiques. Ce Snowdonia, ce n’est pas seulement une victoire chronométrée : c’est une façon de se retrouver en pleine lumière, sur un terrain d’ultra qui broie les corps mais aussi les esprits.
Loin des artifices de la médiatisation, ce qui lui a coûté des difficultés pour trouver un sponsor, il court aujourd’hui d’abord pour lui-même. Cette victoire signe son retour, et peut‑être surtout sa façon de se retrouver avec lui‑même après une traversée du désert.
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Auteur : Axelle Anne, de la redac






