🎧
En 45 secondes François D’Haene évoque ses “doutes physiques” avant l’Ultra-Terrestre
ACHETER UNE MONTRE GPS SUR I-RUN
lien affilié sans partenariat avec Garmin ou François D’Haene
François d’Haene mal à l’aise avec son statut de favori sur l’Ultra Terrestre à la Réunion
Le quadruple vainqueur de la Diagonale des Fous arrive sur l’Ultra-Terrestre avec un discours inhabituel : moins de certitudes, plus de prudence, et surtout beaucoup de respect pour son corps et pour La Réunion.
Il reste l’un des plus grands noms de l’histoire du trail. Son palmarès à La Réunion impressionne toujours autant, et dès qu’il apparaît sur une liste de départ, beaucoup l’imaginent automatiquement favori. Pourtant, à deux jours du départ de l’Ultra-Terrestre, François D’Haene ne tient pas du tout le discours d’un homme certain de gagner.
Au contraire. Dans sa prise de parole avant la course, le traileur français multiplie les signaux de prudence. Il parle de doute, de fatigue accumulée, d’un corps devenu “plus compliqué à cerner”, mais aussi d’un besoin de se détacher de la pression du résultat. Des mots assez rares chez un athlète longtemps associé à la maîtrise totale.
Et surtout, il le dit très clairement : il ne s’attend “pas à des miracles”.
François D’Haene reconnaît que La Réunion l’a toujours fait souffrir
Même lorsqu’il gagnait, François D’Haene n’a jamais considéré les sentiers réunionnais comme un terrain facile. Dans cette interview, il rappelle que toutes ses expériences sur l’île ont été compliquées, y compris pendant ses années les plus dominatrices.
Le coureur explique même qu’il n’a “jamais réussi à avoir une course pleine” à La Réunion. Une phrase forte quand elle vient d’un quadruple vainqueur de la Diagonale des Fous.
Pour lui, l’île reste impossible à contrôler totalement. Il évoque les changements permanents de température, l’humidité, la chaleur, le froid, les sentiers techniques et l’usure progressive qui finit toujours par casser quelque chose chez les coureurs.
Ce regard est important parce qu’il montre que François D’Haene n’aborde pas l’Ultra-Terrestre avec une logique de domination. Il arrive presque avec une posture d’humilité face au terrain.
Et le problème, c’est que cette nouvelle course est encore plus longue et encore plus exigeante.
Une blessure qui a changé sa manière de courir
L’autre information majeure de cette prise de parole concerne son état physique et mental après sa grosse blessure.
François D’Haene reconnaît que son rapport au corps a changé ces dernières années. Il explique qu’avec l’expérience, il devrait normalement avoir moins de doute avant une course. Pourtant, il affirme exactement l’inverse.
Selon lui, le physique est devenu “plus compliqué à cerner”.
Cette phrase résume probablement beaucoup de choses. Elle traduit la difficulté des athlètes vieillissants à retrouver les certitudes qu’ils avaient auparavant. Même avec l’expérience, même avec l’intelligence de course, le corps devient parfois moins prévisible.
Dans son discours, on sent un coureur qui connaît parfaitement les risques d’un ultra de plus de 220 km à La Réunion. On sent aussi quelqu’un qui ne veut plus se détruire pour absolument sauver un résultat.
C’est probablement la vraie nouveauté.
François D’Haene veut sortir de l’obsession du résultat
Pendant longtemps, François D’Haene donnait l’image d’un compétiteur extrêmement méthodique, capable de contrôler sa stratégie et son effort sur des formats gigantesques. Aujourd’hui, son discours semble évoluer.
Il explique vouloir “faire une course intelligente”, “prendre soin de lui” et même “se sortir un peu de la compétition et du timing”.
Cette phrase est loin d’être anodine.
Elle montre qu’il ne veut plus uniquement courir contre les autres ou contre le chrono. Il cherche davantage une expérience, une aventure, une manière différente de vivre le trail.
Le coureur dit aussi qu’il ne serait pas venu sur cette course s’il n’était pas capable de se détacher mentalement de la pression liée à son statut.
Autrement dit : s’il venait uniquement pour gagner, il estime lui-même que ce ne serait “pas la bonne façon d’être là”.
Dans cette interview, François D’Haene parle aussi de défis “plus authentiques”, “différents”, parfois moins connus. Il insiste sur le plaisir de découvrir des terrains nouveaux et des formats très longs où l’adaptation devient essentielle.
Ce discours ressemble presque à une nouvelle phase de carrière.
Moins tournée vers la domination absolue du circuit mondial. Plus tournée vers l’exploration, l’aventure et la longévité.
Cela ne veut évidemment pas dire qu’il ne peut pas gagner l’Ultra-Terrestre. Son expérience reste immense et son intelligence de course font toujours de lui un prétendant crédible à la victoire.
Mais pour la première fois depuis longtemps, François D’Haene semble accepter publiquement l’idée qu’il n’a plus toutes les certitudes.
Et à La Réunion, sur un format aussi extrême, ce doute change forcément beaucoup de choses.
Source
Lire aussi
La Réunion : l’Ultra-Terrestre menace la Diagonale des Fous
224 km et 14 000 D+ : l’Ultra-Terrestre, plus dur, plus long, plus fou que la Diagonale à la Réunion
La Réunion : le trail devient plus monstrueux que jamais
Pourquoi François D’Haene ne peut pas raisonnablement pardonner Martin Perrier
Mention éditoriale :
François D’Haene ne déclare jamais explicitement qu’il « doute de sa victoire » sur l’Ultra-Terrestre. Ce titre relève d’une analyse éditoriale fondée sur plusieurs éléments de son interview : il affirme ne « pas s’attendre à des miracles », évoque des « doutes physiques », explique que son corps est devenu « plus compliqué à cerner », et insiste davantage sur l’objectif d’aller au bout de l’aventure que sur celui de gagner.
L’article interprète donc une évolution de son discours et de son rapport à la compétition, sans prétendre connaître son état physique réel ni ses intentions exactes au départ de la course.
Auteur :
Axelle Anne
, de la redac






