Ecouter le résumé de notre article avant de lire la suite sur les vraies raisons du 1 h 59 min 30 s de Sabastian Sawe au marathon de Londres.
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L’ère des “super shoes”, ou quand la technologie redéfinit la course
Depuis quelques années, les chaussures ont évolué à une vitesse fulgurante, au point de devenir un facteur clé dans la performance. Sawe a gagné la course avec un de ces modèles, les Adidas Adizero Adios Pro Evo 3, qui incarnent cette nouvelle génération.
Leur première caractéristique frappante est leur poids extrêmement léger : environ 97 grammes pour les meilleures versions. C’est presque moitié moins que les chaussures de marathon classiques d’il y a une dizaine d’années. Cette légèreté réduit drastiquement la dépense énergétique à chaque foulée, surtout sur 42 kilomètres où des milliers d’impacts s’accumulent.
Mais le poids n’est qu’une partie de l’équation. Ces chaussures intègrent des mousses ultra sophistiquées, conçues pour maximiser le retour d’énergie. À chaque contact avec le sol, la semelle se comprime puis restitue une partie de l’énergie mécanique vers l’avant, comme un ressort. Cette sorte d’“assistance invisible” permet de maintenir une allure élevée plus longtemps avec une fatigue musculaire moindre.
Au cœur du système, on retrouve aussi une plaque en fibre de carbone, insérée dans la semelle intermédiaire. Son rôle est double : rigidifier la chaussure pour limiter les pertes d’énergie et améliorer la propulsion en guidant la transition du pied du talon vers l’avant. La foulée est donc plus efficace, plus “roulante”, et on peut dire qu’elle est presque assistée mécaniquement.
Combinés, ces éléments de légèreté extrême, de mousse à haut retour d’énergie et de plaque carbone, créent un effet cumulatif. Plusieurs études estiment que ce type de chaussure peut améliorer l’économie de course de plusieurs pourcents, ce qui, sur un marathon, représente potentiellement plusieurs minutes gagnées.
Les champions d’hier oubliés
Dans les années 1990, les athlètes couraient dans un autre monde matériel. Pas de plaques carbone, pas de mousses technologiques, et des chaussures souvent deux fois plus lourdes. Pourtant, des coureurs comme Haile Gebrselassie ou Paul Tergat réalisaient déjà des performances proches des standards actuels.
On peut se demander si la progression des records est uniquement due à l’évolution des athlètes, ou si elle est largement amplifiée par celle du matériel ?
Les effets du dopage mécanique
Le terme “dopage mécanique” n’existe pas vraiment, mais il arrive progressivement. Il ne sert pas à améliorer la performance de l’athlète directement, mais celle de son matériel. Contrairement au dopage chimique, il est autorisé et même intégré dans la logique de compétition. Pourtant, son impact sur la performance est clairement visible et mesurable.
Des performances qui ne sont plus comparables
Comparer Sabastian Sawe aux légendes des décennies passées devient difficile. Les conditions de course ne sont plus les mêmes, car le matériel agit désormais comme un véritable multiplicateur de performance. Sans ces chaussures, Sawe aurait-il eu le même chrono final ?
Le marathon a toujours été une épreuve d’endurance pure. Mais au fur et à mesure que la technologie avance au profit des coureurs, la frontière entre l’athlète et son équipement devient plus floue.
Le progrès est inévitable, mais il ouvre un débat. Jusqu’où peut-on laisser la technologie améliorer la performance sans trop toucher à la nature même de la course ?
Ce dimanche, difficile donc de ne pas être admiratif devant la performance réalisée par Sabastian Sawe. Courir un marathon en moins de deux heures reste, pour l’immense majorité des spectateurs, quelque chose qui frôle l’irréel. Sur le plan purement visuel et physiologique, l’effort paraît surhumain.
Mais cette impression de “surhumain” est justement au cœur du débat. Une partie de cette performance est indissociable des évolutions technologiques, et des chaussures modernes. Entre leur extrême légèreté, leur mousse à haut retour d’énergie et leur plaque carbone, elles modifient énormément l’
Dans ce contexte, on peut raisonnablement penser que sans ces innovations qui représentent une forme de “dopage mécanique”, la barrière symbolique des 2 heures aurait été beaucoup plus difficile à franchir, voire serait restée inaccessible. Cela ne retire rien à l’exploit de Sawe, mais cela nuance l’interprétation à chaud du chrono.
A partir de là, la comparaison avec les générations précédentes devient délicate. Des coureurs comme Eliud Kipchoge ou Kelvin Kiptum ont réalisé des performances toutes aussi exceptionnelles car réalisées dans des conditions différentes, avec un matériel moins avancé. Il devient difficile d’affirmer qu’un athlète est meilleur qu’un autre à travers les époques, si on ne tient pas compte de son équipement qui ne cesse de s’améliorer.






