Sub 2h. 1 h 59 min 30 s au marathon de Londres. On hésite : on commence par applaudir ou lever un sourcil d’étonnement ?
La presse s’enflamme, les réseaux sociaux grésillent d’articles et de commentaires. L’exploit que l’on attendait tous est enfin arrivé. Sabastian Sawe a fait tomber la barrière mythique des deux heures sur marathon.
Sauf que 1 h 59 min 30 secondes en marathon, personne n’y croit complètement. Et il faut dire qu’il n’y a que de bonnes raisons pour remettre en cause ce chrono stratosphérique.
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Sabastian Sawe a fait tomber le record du monde du marathon sous la barrière mythique des deux heures, alors pourquoi on doute
DOPAGE, parce que l’on ne peut plus être naïf
On ne va pas tourner autour du pot, et les très nombreux commentaires vont d’ailleurs dans ce sens : on pense forcément dopage. Tout d’abord, on pense naturellement au dopage lorsqu’un chrono tombe de façon aussi significative. L’ancien record, détenu par Kelvin Kiptum depuis 2023, était de 2 h 00 min 35 s. Et dans ce sport, à ce niveau de performance, 1 minute sur 42 km représente clairement une éternité.
Et puis le réflexe vient aussi du contexte : le marathon kényan traîne assez d’affaires pour que le soupçon arrive avant l’enthousiasme. Et si les contrôles ont été renforcés, on sait que les cas de triche sont encore trop nombreux, et les surveillances trop aléatoires, pour ne pas y penser. On se souvient encore au mois de mars de la suspension pour 5 ans de Albert Korir, lui aussi marathonien kényan, et suspendu pour dopage, après reconnaissance d’une violation antidopage. On pense aussi très récemment à Rita Jeptoo ou encore Ruth Chepngetich.
Parce que 3 coureurs sous l’ancien record
Un record, c’est fait pour être battu, une fois. Mais quand 3 coureurs battent un record déjà vu comme exceptionnel, on est évidemment mal à l’aise. La marque de Kiptum à 2 h 00 min 35 s a été donc battue par Sabastian Sawe, mais aussi par l’Éthiopien Yomif Kejelcha (1 h 59 min 41 s) et l’Ougandais Jacob Kiplimo (2 h 00 min 28 s).
Ils sont donc 3 à battre le record, le 2e participait à son premier marathon sous dossard, et Kiplimo n’a commencé la discipline en course officielle qu’en 2025.
À moins d’un vent franchement favorable sur toute la distance, on ne peut pas regarder ce podium sans forcément lever un sourcil et s’interroger sur la légitimité de ces temps.
Parce que négative split
Ceux qui font de la course sur route le savent, le négative split est souvent compliqué, encore plus lorsque l’on parle de marathon. C’est pourtant ce qu’a réussi Sabastian Sawe. Ce n’est certes pas la première fois, mais un négative split sur un temps record, c’est encore une fois un tel exploit que la suspicion est autorisée. Le groupe détaché à l’avant dont il faisait partie, lui et les autres membres du podium, est passé au semi-marathon en 1h00’29 », pour un finish prévu en 2h00’57 ». A noter tout de même que Sabastian Sawe est réputé pour être capable d’accélérer au dernier moment, comme aujourd’hui après le passage devant Big Ben.
Parce que Londres n’est pas le plus propice au record
S’il y a encore un élément qui fait tiquer à la lecture du record de Sawe, c’est que Londres n’est pas le plus roulant des marathons. Au contraire de Berlin ou Valence, il affiche un peu de dénivelé (environ 80 m D+), quelques zones pavées et un parcours un peu plus sinueux que les plus rapides. Donc, exploser un chrono, à 3 reprises, sur un marathon qui n’est pas le plus roulant du circuit ajoute encore quelque chose à l’exploit. Ou à la suspicion.
En résumé, tout ça révèle une terrible suspicion
C’est ça qui est terrible avec la course à pied de haut niveau depuis des années. C’est que l’on ne peut s’empêcher de penser à du dopage, en particulier lorsque les performances explosent avec autant d’avance. Mais il faut bien reconnaître tout de même que Sabastian Sawe est (jusqu’à présent au moins) parfaitement clean. De plus, il faut savoir que Sawe, avec son sponsor Adidas, s’impose un protocole de surveillance anti-dopage particulièrement contraignant allant jusqu’à des prélèvements deux fois par jour, avec la mise à disposition dans son passeport biologique de toutes ces analyses ou encore l’utilisation de techniques de pointe que les laboratoires n’utilisent pas pour la recherche du dopage.
Sabastian Sawe veut laver l’honneur de son pays, et s’en donne les moyens à titre personnel. Mais ses efforts ne peuvent pas encore masquer des années d’un comportement qui a trop longtemps été hors des règles.






