Le premier contact au sol est un moment clé de la foulée, là où se jouent à la fois l’efficacité et la fatigue musculaire..
L’idée n’est pas de courir sur des œufs, ou de vouloir faire comme si l’impact au sol n’existait pas. L’idée est plutôt d’en diminuer efficacement la violence pour une foulée plus économe.
L’instant décisif
Poser son pied au sol, c’est encaisser la charge de son propre poids augmenté de la force de la foulée, c’est transférer l’énergie de l’arrière à l’avant du pied, et c’est stabiliser tout au long du geste le pied pour garder la cheville droite.
Poser son pied trop en arrière, ou trop en avant, on parle d’une variation en centimètre, et voilà que vous êtes éloigné de votre centre de gravité. Votre jambe vous freine, votre impact devient une perte d’énergie, vous devez aussitôt vous remobiliser sous peine de perdre toute votre vitesse en quelques instants.
C’est évidemment vrai lorsque l’on court sur route, alors imaginez que cela l’est encore plus lorsque l’on fait du trail, sur des sentiers irréguliers, des racines, des roches et des terrains instables.
Les éléments du beau geste
Au moment du contact au sol, votre pied se trouve sous le bassin. Plus il sera perpendiculaire au bassin, plus la propulsion sera efficace. Au contraire, un pied placé devant le corps fait mécaniquement un freinage et donc un plus grand choc à absorber.
La question n’est pas tant de savoir si vous attaquez talon ou avant-pied que de trouver la position qui l’imite le plus l’impact. Le terrain, la vitesse ou votre poids influent sur la façon de poser au sol. La cadence a son rôle à jouer aussi, plus vous réduisez la longueur de la foulée, et augmentez donc la fréquence de votre foulée, plus le geste sera court et moins freiné. Un appui plus bref est souvent associé à une meilleure efficacité.
L’impact ne repose pas que sur le pied
Poser le pied sous le bassin d’accord. Mais l’absorption du choc ne se fait pas dans l’instant où le pied se pose au sol, c’est une vague d’énergie qui va être absorbée aussi par la cheville et le mollet. Plus cette zone est tonique, plus elle est stable, plus elle absorbe les contraintes. Dans la pratique, c’est surtout le travail excentrique qui permet aux muscles de freiner et d’absorber la charge au lieu de la subir de plein fouet.
Lorsque l’on vous dit de faire du renforcement musculaire, et que les mollets sont toujours mis en avant, ce n’est pas par hasard. Si vous n’avez pas fait vos devoirs dans ce domaine, le choc remonte et se transmet au genou. Sur un terrain cassant ou en descente, ça ne pardonne pas au niveau des genoux. Le genou et la hanche prennent alors une part importante du rôle d’absorption et de stabilisation.
A la recherche de l’appui parfait ?
On a tendance à croire qu’il y a une pose parfaite du pied au sol, celle qui minimise systématiquement l’impact. Sauf que l’impact au sol ne peut pas être le même en fonction de deux profils de coureurs différents, et en fonction du terrain. Un pierrier ou un terrain gras, une descente technique ou une portion de bitume ne s’apprivoisent pas de la même façon.
Dans sa recherche du meilleur appui, il faut se méfier de l’idée d’allonger sa foulée. Plus elle est portée vers l’avant, plus l’impact au sol se traduit par un freinage, un choc, et donc une relance et surtout de la fatigue. Et dans le sens inverse, se crisper pour poser le pied le plus parfaitement possible est lui aussi une dépense d’énergie inutile. L’impact au sol doit être tonique pour absorber, et surtout pas rigide pour transmettre l’onde de choc.
Votre appui sera d’abord optimal d’abord avec du renforcement musculaire, permettant d’encaisser le choc, et de le répartir dans toute la chaîne qui va du pied à la hanche tandis que de la rigidité et un manque de tonus propagent le choc.





