Est ce que la condition première d’un parcours de trail réside dans sa difficulté ?
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Si oui, quelle difficulté on recherche dans un parcours ? Quelle souffrance peut-on y « espérer » ? Qu’est-ce qui va le rendre difficile : le chronomètre ? La distance ? Le revêtement ? Le dénivelé ? L’ensemble de ces composants ? Une partie seulement ? Est-ce que l’on doit nécessairement souffrir pour pratiquer le trail ?
Les définitions du trail
Finalement, dans un premier temps il est nécessaire de définir ce qu’est un parcours de trail. Je prends donc comme base à cette réflexion les définitions de la Fédération Française d’Athlétisme, qui me semble être assez proche de la réalité.
Course Nature : Course pédestre avec classement et/ou prise de temps se déroulant en milieu naturel sur un parcours matérialisé de chemins ou sentiers. Distance inférieure à 21 km. Pas de notion de dénivelé.
Trail découverte : Distance entre 21 km et 42 km. Pas de notion de dénivelé.
Trail : Distance supérieure à 42 km. Dénivelé environ 2000 m selon les régions.
Ultra Trail : Distance supérieure à 80 km. Dénivelé de 2000 m et plus.
Ces définitions posent un cadre, mais elles ne suffisent pas à expliquer ce qui fait réellement la difficulté d’un trail. On peut toutefois en tirer une idée : pour la fédération, un trail est censé être exigeant.
Le trail est-il forcément une course ?
Lorsque l’on part courir en montagne sans objectif de chrono, sans classement, simplement pour profiter du moment, on fait pourtant bien du trail. La pratique réelle dépasse largement la définition compétitive.
Le trail ne se réduit donc pas à une course chronométrée. Il peut exister sans classement, sans pression, sans confrontation directe. La difficulté ne se résume pas au chronomètre.
La distance fait-elle la difficulté ?
La distance est souvent considérée comme l’indicateur principal. Pourtant, elle reste relative. Un parcours court mais très pentu peut être bien plus exigeant qu’un ultra roulant.
La difficulté ne dépend donc pas uniquement du nombre de kilomètres. Elle dépend de ce que ces kilomètres contiennent.
Le goudron est-il un facteur de difficulté ?
Le goudron est souvent exclu de la définition du trail, mais il n’est pas forcément plus facile ou plus difficile. Ce qui compte, c’est la pente, le terrain, l’environnement.
Le goudron n’est pas une difficulté en soi. Il est simplement moins représentatif de l’esprit trail.
Le dénivelé : la vraie clé ?
Le dénivelé est sans doute l’élément le plus déterminant. Monter, descendre, enchaîner les efforts, gérer l’effort dans la durée : c’est là que la difficulté prend tout son sens.
Sans dénivelé, la pratique s’éloigne du trail pour se rapprocher de la course sur route ou du cross.
Et en dehors de la compétition ?
En dehors des courses, les choix de parcours sont souvent guidés par l’envie, le paysage, la découverte. Le dénivelé devient alors une conséquence, pas un objectif.
On monte pour voir, pour ressentir, pour vivre quelque chose. Et c’est souvent cette recherche qui rend l’effort difficile… et intéressant.
Pourquoi on recherche la difficulté en trail
Certains traileurs recherchent volontairement des terrains engagés : pentes raides, sentiers techniques, passages instables. Ce n’est pas un hasard.
La difficulté devient une source de plaisir. Elle donne du sens à l’effort, elle transforme la sortie en expérience.
Sur le plat, l’ennui peut apparaître. En terrain difficile, tout devient plus intense. Le corps est sollicité, l’esprit aussi.
On peut alors proposer une définition plus proche du terrain :
Un trail est un parcours en milieu naturel, où la difficulté — qu’elle soit physique, technique ou mentale — participe directement au plaisir de courir.
Laurent AUDRAS






