Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en m’inscrivant à ma première Backyard 12 heures à Ludres, une course solidaire contre le cancer.
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Sur le papier, un circuit répétitif de 6,7 km à enchaîner pouvait sembler simple, mais il s’est rapidement transformé en un véritable défi mental, entre gestion de l’effort, régularité et lutte permanente contre soi-même jusqu’aux 80 km.
Sur le papier, la Backyard, ça paraissait presque simple
Une boucle de 6,7km avec 270m de d+, un départ toutes les heures, à enchainer 12 fois. Pas de barrière horaire classique, pas de profil compliqué. Juste courir… puis recommencer. L’avantage c’est que la course était à côté de la maison, et en plus c’était pour la bonne cause, les bénéfices de la course étant reversés à la lutte contre le cancer.
Concrètement, 12 boucles maximum à faire, mais entre chaque boucle, un peu de temps pour manger, boire, changer de chaussures…. Le temps de “pause” dépendra de l’heure d’arrivée sur la boucle (si tu fais une boucle en 45mn, tu as 15mn de repos. Si tu mets 58mn, tu as seulement 2mn avant de repartir)
La difficulté c’est la régularité (enchaîner sans craquer), la gestion mentale (repartir encore et encore) et la stratégie d’allure (autour de 50–55mn par boucle).
Compte rendu de ma Backyard 12 heures à Ludres
8h00 – départ de la 1e boucle
Le matin, l’ambiance est presque détendue. Je discute, je plaisante, je prends des photos. Il n’y a pas cette tension nerveuse des grandes courses. Le départ est donné, je me cale sur une allure confortable. Je me sens bien. Trop bien, peut-être. Je termine en 50 minutes, j’ai 10 minutes devant moi. Facile.
9h00
Le rythme est fluide, les jambes répondent. Je commence même à penser que ça va être “gérable”.
10h00
Je repars. Moins vite. Un peu moins vite. Je découvre un nouveau concept : l’économie d’énergie, aussi appelé survie.
11h00
Je commence à calculer.
“Si je vais jusqu’au bout… ça fait… 12 boucles… enfin non… 12 x 6,7… attends… ”
il faut bien que mon bac scientifique me serve à quelque chose….
12h00
Une petite voix qui apparaît :
“Tu pourrais t’arrêter là, ce serait déjà bien.”
Je suis en négociation avec moi même !
13h00
Je commence à connaitre chaque caillou, chaque racine, chaque virage. Je ne sais pas encore si je m’aime ou si je me déteste pour m’être inscrite à cette course, mais j’ai presque l’impression d’y prendre goût. Je deviens un peu masochiste.
14h00
Je dis à ma voisine de course “franchement ça va”.
Je mens. Ou je suis dans le déni. Quelle idée débile de courir en rond !
15h00
Je me parle à moi-même. Je parle aussi à un arbre et il me répond, je crois que je deviens schizophrène.
16h00
Je ne cours plus vraiment, j’avance… Chaque boucle est une quête !
Je commence à parler à mes jambes : “on est une équipe, ok ?”.
Mes jambes ne répondent pas.
17h00
Je ne cours plus pour le plaisir, je cours parce que je veux continuer. Ma tête veut y aller, mon corps ne veut plus. A moins que ce soit l’inverse, je ne sais plus vraiment… J’ai l’impression d’être bipolaire.
18h00
Ne pas réfléchir, ne pas réfléchir…. Et je repars ! Je souffle en montée, je souffle en descente, ce n’est pas à cause du cardio, je souffle de désespoir. J’hésite à faire cette boucle les yeux fermés, je connais exactement le nombre de pas à faire entre chaque balise.
19h00 – 12e boucle
J’ai mal partout. Même à des endroits que je ne connaissais pas, mais je sens un truc bizarre, je sais que je vais aller jusqu’au bout et ça me fait délirer. La boucle et moi on est presque devenues copines, on se connait par cœur elle et moi.
Et à l’arrivée ?
80km au compteur et 3000 de d+. Je me suis dit “plus jamais”, mais aujourd’hui… Je regarde pour la prochaine ! La Backyard est vraiment une course qui relève de la psychiatrie !
En résumé, ce que cette Backyard m’a appris
Plus sérieusement, elle m’aura appris que je peux continuer même quand j’ai envie d’arrêter. Et surtout, qu’à cette question, encore et encore :
“Est-ce que tu repars ?” j’ai répondu “oui” à chaque fois.
Et même si c’est un format qui est dur nerveusement, et qui ne vaudra jamais un trail dans des paysages alpins, la backyard a beaucoup d’avantages :
- Ça ne te met pas de pression mentale (contrairement à un marathon ou à un ultra, tu ne penses jamais à 50 ou 80km d’un coup, tu te concentres sur une boucle à la fois).
- Ça te force à bien gérer ton effort (pas de départ trop rapide sinon tu le payes direct, donc tu es obligé de bien doser).
- Les ravitaillements sont pratiques (tu repasses au même endroit toutes les heures donc tu n’as pas besoin de te charger en bouffe et en matos, et tu peux même te changer).
- Ça te permet un bon travail du mental (repartir quand tu es fatigué, gérer les hauts et les bas, et ne pas abandonner trop vite).
- Et tu peux t’arrêter quand tu veux (pas de pression de chrono, tu fais juste moins de tours).
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