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On a beau avoir l’habitude, le constat saute aux yeux cette année : où est passée l’armada kényane qu’on nous vendait sur tous les formats courts ? Alors que leur présence s’impose de plus en plus sur les trails de ce format, Zegama est encore une épreuve où ils brillent plus par leur absence que par leurs performances.
Essayons d’y voir plus clair.
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Le point sur la présence kényane à Zegama
Pour être très juste, il ne faut pas dire que les kényans sont absents de Zegama, mais que la délégation est réduite à un seul représentant. En effet, seul Robert Pkemoi Matayango fait partie des quelque 363 finishers de la course édition 2026.
Mais s’il est le seul, il ne démérite pas puisqu’il a pris la 5e place, à 8 min 22 s de Elhoucine El Azzaoui, et devant Rémi Bonnet qui, après avoir longtemps dominé l’épreuve dans sa première partie, s’est retrouvé avec près de 10 minutes de retard à l’arrivée.
Ceux qui suivent le trail court savent que le nom de Robert Pkemoi n’est pas une surprise. Sur le format maratrail, il a déjà remporté le Salomon Ultra Pirineu 2 fois, et aussi la Transgrancanaria dans le même format en 2023 aussi. Ses victoires ou ses très bonnes places comme aujourd’hui sont raccord avec un index UTMB à plus de 900 points.
Alors oui, les kényans ne sont pas à Zegama, mais il y a tout de même Robert Pkemoi, et c’est déjà beaucoup !
Pourquoi une présence réduite ?
La terre basque n’est pas la terre d’Iten
Le contingent kényan sur les Golden Trail World Series est plutôt impressionnant. On pense en particulier à Joyce Njeru chez les femmes avec la team NNormal ou encore Patrick Kipngeno et Philemon Kiriago, de la team Run2gether / On, tous les deux passés par des titres de champion du monde.
Sauf que Zegama est une course à part. Si elle fait bien partie du calendrier des GTWS, elle offre un terrain qui ne convient pas vraiment aux kényans. Zegama, c’est un chantier. Oubliez les sentiers bien lisses : ici, on mange de la caillasse instable, de la crête technique et des appuis précaires qui n’ont rien à voir avec une piste d’athlé. Et c’est sans parler que les premiers kilomètres se font souvent dans un terrain boueux, qui là encore ne correspond ni à l’entraînement ni aux standards des athlètes kényans.
Si Robert Pkemoi coche Zegama, c’est parce qu’il s’est forgé un profil de vrai montagnard, plus rustique, taillé pour encaisser le D+ en force plutôt que pour relancer pleine balle sur le roulant.
En somme, si Zegama ne convient pas aux kényans, il va à merveille à Pkemoi.
Une question de calendrier
Pour accéder à la finale des Golden Trail World Series, il n’est pas nécessaire de valider toutes les courses. Donc, la stratégie consiste aussi à savoir où courir, où prendre des risques, où maximiser ses chances de victoire et donc de participation à la finale. Or si les kényans devaient valider obligatoirement Zegama, on les retrouverait sur ces sentiers. Mais puisque des alternatives existent, ils n’ont pas intérêt à aller prendre des risques au Pays basque, là où des sentiers plus adaptés leurs sont proposés.
Une question de structure
Enfin, il faut ajouter un élément qui n’est pas lié à la course en elle-même mais plutôt à l’organisation. Plusieurs excellents kényans courent avec Run2gether, dans une team qui travaille beaucoup sur l’optimisation des déplacements et la réussite collective. Pkemoi fait partie d’une autre équipe et concentre ses courses (en relation avec son sponsor) sur les terres espagnoles.
La stratégie de présence sur les courses est donc totalement différente, et apporte un éclairage supplémentaire sur la présence des kényans, ou plutôt leur absence, à Zegama.
Zegama, ce juge de paix qui ne fait pas de cadeau
Alors non, les Kenyans n’ont pas disparu de la carte. Ils choisissent juste leurs batailles. Et clairement, Zegama n’est pas celle où tu viens faire un coup facile, ni empiler des points sans réfléchir.
Ici, pas de tapis rouge. Juste de la boue, des cailloux, des crêtes où le cardio ne suffit plus. Et ça, même avec un VO2 max stratosphérique, ça ne s’improvise pas.
Robert Pkemoi l’a compris. Les autres aussi, d’une certaine manière.
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