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🎧 L’Embrunman est l’un des triathlons longue distance les plus réputés et les plus difficiles de France.
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Organisée chaque année à Embrun, dans les Hautes-Alpes, l’épreuve reine enchaîne 3,8 km de natation, environ 188 km de vélo avec un important dénivelé, puis un marathon. L’édition 2026 s’est disputée le 15 août, comme le veut la tradition.
Quelques jours après la course, pourtant, ce n’est plus seulement la difficulté sportive de l’Embrunman qui fait parler. Une polémique autour du règlement, des primes et des conditions d’accès au groupe élite provoque une forte colère dans une partie de la communauté du triathlon.
Au départ, le sujet paraît très technique. Mais il est en réalité assez simple : une athlète peut terminer deuxième femme de l’Embrunman sans avoir automatiquement droit aux 11 000 euros correspondant à cette place dans la grille des primes.
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A lire pour comprendre l’article : sur l’Embrunman, « élite » ne veut pas simplement dire « les meilleurs à l’arrivée »
Pour un traileur, on pourrait spontanément penser qu’un athlète qui termine 2e d’une grande course fait forcément partie des « élites ». Sur l’Embrunman 2026, ce n’est pas ainsi que fonctionne le système.
Il faut distinguer le classement de la course et le statut d’athlète élite.
Le classement dépend uniquement du résultat le jour de la course : la première femme est 1re, la deuxième est 2e, etc.
Le groupe élite, lui, est constitué avant le départ selon des critères sportifs fixés par l’organisation. Il faut donc avoir été accepté dans ce groupe pour bénéficier de certaines primes.
Conséquence : une femme peut terminer 2e de l’Embrunman sans être considérée comme « élite » au sens du règlement et sans toucher automatiquement la prime de 11 000 euros affichée pour la deuxième place.
Pour faire une comparaison avec le trail, ce serait un peu comme si une course annonçait 11 000 euros au 2e de l’UTMB, mais que cette somme était uniquement accessible aux coureurs inscrits auparavant dans une catégorie spéciale « élite » selon des critères précis. Un coureur non sélectionné dans cette catégorie pourrait donc terminer 2e au scratch sans toucher la prime correspondante.
Marine Moulin termine deuxième femme de l’Embrunman, mais sa deuxième place ne lui donne pas automatiquement droit aux 11 000 euros
Le 15 août 2026, Saleta Castro Nogueira remporte l’Embrunman chez les femmes. Derrière elle, Marine Moulin prend la deuxième place et Marni Sumbal complète le podium.
Jusque-là, rien d’inhabituel. Le problème apparaît au moment de parler des primes.
La grille officielle de l’Embrunman prévoit exactement les mêmes montants pour les hommes et pour les femmes : 19 000 euros pour le premier ou la première, 11 000 euros pour la deuxième place, 9 000 euros pour la troisième, puis 6 000 et 3 000 euros.
En découvrant cette grille, on pourrait donc naturellement penser que Marine Moulin, deuxième femme de la course, doit recevoir les 11 000 euros correspondant à la deuxième place.
Or le règlement prévoit une condition supplémentaire.
Les principales primes de l’Embrunman sont réservées aux athlètes appartenant au groupe élite
Le règlement 2026 précise que cette grille de primes est réservée au « groupe élite ».
Autrement dit, la position au classement général ne suffit pas à elle seule.
Une athlète peut terminer deuxième femme de l’Embrunman sans avoir automatiquement droit aux 11 000 euros de la deuxième place si elle ne faisait pas partie du groupe élite sélectionné avant la course.
C’est précisément ce système qui a déclenché la contestation autour de Marine Moulin.
Pour intégrer ce groupe, le règlement prévoit plusieurs critères sportifs exigeants. Il faut notamment avoir obtenu certaines performances sur des épreuves reconnues ou, parmi les critères mentionnés, avoir terminé l’Embrunman précédent en moins de 11 heures.
Le règlement prévoit notamment le même seuil de moins de 11 heures pour les hommes et pour les femmes
C’est l’un des points les plus contestés.
Parmi les conditions permettant d’intégrer le groupe élite figure un chrono inférieur à 11 heures sur l’Embrunman précédent.
Ce seuil est identique pour les hommes et pour les femmes.
Sur le papier, le traitement est donc le même. Mais plusieurs triathlètes et internautes contestent précisément cette logique.
Demander moins de 11 heures à un homme et moins de 11 heures à une femme revient à imposer le même chrono absolu à deux catégories dont les performances de référence ne sont pas identiques.
C’est pourquoi une partie de la communauté du triathlon estime que l’Embrunman peut afficher exactement les mêmes montants de primes pour les hommes et pour les femmes tout en ayant, dans les faits, beaucoup moins de femmes susceptibles de les toucher.
Des internautes demandent aussi sur quel critère Saleta Castro Nogueira a été intégrée au groupe élite
La polémique ne s’est pas arrêtée au cas de Marine Moulin.
Plusieurs internautes ont également demandé sur quel critère précis Saleta Castro Nogueira, gagnante de l’édition 2026, avait obtenu son statut élite.
Cette question apparaît à plusieurs reprises dans les réactions publiées sous le communiqué de l’Embrunman.
Le règlement précise par ailleurs que remplir les critères ne garantit pas nécessairement une sélection automatique, puisque l’organisation conserve une marge de choix dans la constitution de son groupe élite.
À ce stade, il faut donc rester précis : des internautes interrogent l’organisation sur les conditions de sélection de Saleta Castro Nogueira, mais cela ne permet pas d’affirmer qu’une règle a été enfreinte.
La question posée est celle de la transparence des critères et de leur application.
La polémique s’est ensuite durcie autour de propos attribués à Gérald Iacono, organisateur de l’Embrunman, sur les femmes et les primes
Le problème aurait pu rester limité au règlement sportif et au système de primes.
Mais les échanges sur les réseaux sociaux ont ensuite considérablement durci le débat.
Des internautes ont diffusé et reproduit des propos attribués à Gérald Iacono, figure historique de l’Embrunman.
Parmi les phrases reprises dans les commentaires figurent notamment des références à des « veaux » concernant l’attribution de primes, ainsi qu’une phrase évoquant la possibilité de « réserver » l’Embrunman aux hommes afin d’éviter les polémiques.
Ces propos, tels qu’ils sont reproduits par plusieurs internautes, ont particulièrement choqué une partie de la communauté du triathlon.
Il convient toutefois de conserver une formulation prudente : nous disposons ici de citations et de captures relayées par des internautes, mais pas de l’intégralité de l’échange original permettant d’en restituer tout le contexte.
Dans son communiqué officiel, l’Embrunman affirme que certains participants avaient mal compris le règlement
Face à la multiplication des réactions, l’Association de l’Embrunman a publié un communiqué officiel.
Elle reconnaît qu’un certain nombre de propos ont alimenté les réseaux sociaux après l’édition 2026. Mais l’organisation donne aussi sa lecture de la situation.
Elle écrit notamment comprendre « les incompréhensions de certains participants qui, semble-t-il, n’avaient pas bien compris le règlement bien qu’ils l’aient accepté ».
C’est précisément cette phrase qui a provoqué de nombreuses réactions. Plusieurs contestataires répondent en substance qu’ils avaient parfaitement compris le règlement et que c’est justement son contenu et ses conséquences qu’ils dénoncent.
Le désaccord ne porte donc pas seulement sur l’interprétation d’une règle.
Il porte sur la pertinence des critères utilisés pour sélectionner les élites, sur leurs conséquences respectives pour les hommes et les femmes et sur la manière dont ces critères ont été appliqués en 2026.
L’Embrunman annonce officiellement qu’une modification du règlement est à l’étude pour 2027
Le communiqué contient toutefois une annonce importante.
L’Association de l’Embrunman indique avoir déjà fait évoluer son règlement en 2026 par rapport à l’année précédente et affirme rester à l’écoute des critiques constructives.
Surtout, l’organisation annonce qu’une modification du règlement est actuellement à l’étude pour 2027.
Ce point montre que la discussion ouverte après l’édition 2026 pourrait avoir des conséquences concrètes sur le fonctionnement futur de la course.
Reste désormais à savoir ce qui sera modifié : les critères permettant d’intégrer le groupe élite, les conditions d’accès aux primes, les seuils chronométriques ou plus largement le système de sélection.
Pourquoi une partie de la communauté du triathlon reste très en colère contre l’Embrunman
La colère actuelle ne repose donc pas sur un seul élément.
Le premier sujet concerne les primes : une place sur le podium féminin ne donne pas automatiquement accès au montant affiché pour cette place puisque les principales récompenses sont réservées au groupe élite.
Le deuxième concerne les conditions d’accès à ce groupe, avec notamment des critères chronométriques identiques en valeur absolue pour les hommes et pour les femmes.
Le troisième porte sur la transparence de la sélection des athlètes élites.
Enfin, la communication autour de l’affaire a amplifié la polémique, entre les propos attribués à Gérald Iacono et le communiqué officiel affirmant que certains participants avaient mal compris le règlement.
L’Embrunman a néanmoins ouvert la porte à une évolution dès 2027.
La prochaine version du règlement sera donc particulièrement observée, car c’est elle qui permettra de savoir si cette polémique aboutit réellement à une modification des conditions d’accès aux primes et au groupe élite.
Sources
Règlement officiel Embrunman 2026 et critères du groupe élite : site officiel de l’Embrunman.
Grille officielle des primes 2026 : site officiel de l’Embrunman.
Communiqué officiel publié par l’Association Embrunman sur Facebook.
Résultats féminins 2026 : Saleta Castro Nogueira devant Marine Moulin et Marni Sumbal.
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