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Dès le 12 août, la météo menaçait déjà la PICaPICA
Quatre jours avant l’arrêt définitif de la course, le scénario météo était déjà suffisamment préoccupant pour obliger l’organisation du Challenge du Montcalm à revoir son dispositif.
La chaleur était annoncée, mais c’était surtout le risque d’orages en montagne qui inquiétait.
Sur une épreuve comme la PICaPICA, la question est loin d’être secondaire. Avec 109 km, environ 11 500 m D+ et plusieurs passages au-dessus de 3 000 mètres, une dégradation météorologique peut rapidement modifier les conditions de progression et augmenter fortement l’exposition des concurrents.
Pour essayer d’éviter que des coureurs se retrouvent encore sur les secteurs les plus exposés au moment des orages, plusieurs barrières horaires avaient donc été avancées :
- La Crouts : 3 h
- Soulcem 2 : 4 h
- Lartigue : 7 h
- Refuge de Bassiès : 10 h
L’objectif était de faire progresser plus rapidement le peloton afin de réduire le nombre de concurrents encore engagés en altitude au moment de la dégradation prévue.
À ce stade, l’organisation cherchait donc encore à maintenir la PICaPICA.
Malgré les prévisions, la PICaPICA prend le départ
La décision n’a pas été d’annuler préventivement l’épreuve. La PICaPICA a bien été lancée, avec un dispositif adapté aux conditions annoncées.
Le compromis était délicat : permettre aux coureurs de prendre le départ tout en réduisant leur marge sur certaines portions du parcours.
Cela créait d’ailleurs un paradoxe. Alors que la chaleur et les conditions de montagne pouvaient inciter à gérer davantage son effort, les nouvelles barrières horaires imposaient au contraire à certains concurrents d’avancer plus rapidement.
L’organisation avait toutefois prévu plusieurs scénarios en fonction de l’évolution de la météo, avec la possibilité d’interrompre puis éventuellement de relancer la course si une fenêtre suffisamment favorable apparaissait.
La course est finalement stoppée en pleine épreuve
Les conditions redoutées ont fini par conduire l’organisation à interrompre la PICaPICA alors que les coureurs étaient déjà engagés sur le parcours.
À ce moment-là, l’arrêt n’était pas encore nécessairement définitif.
Une reprise restait envisagée si la situation météorologique s’améliorait suffisamment. L’organisation a donc continué à suivre l’évolution des conditions et à échanger avec Météo-France.
C’est un élément important dans la gestion de cette édition : la course n’a pas été annulée plusieurs jours auparavant sur la seule base de prévisions, mais l’organisation n’a pas non plus cherché à poursuivre une fois les conditions devenues trop défavorables.
Elle a tenté d’adapter, puis elle a interrompu. Restait à savoir si elle pouvait repartir.
À 18 heures, la décision tombe : la PICaPICA ne repartira pas
Samedi 15 août à 18 heures, la possibilité d’une reprise a finalement été abandonnée.
Après un nouvel échange avec les météorologues de Météo-France, l’organisation a annoncé que les conditions ne permettaient pas de relancer la course avec un niveau de sécurité suffisant.
La PICaPICA 2026 est donc définitivement arrêtée.
En quatre jours, le déroulement de l’épreuve aura suivi toutes les étapes possibles d’une gestion de crise météo :
prévisions inquiétantes → barrières horaires modifiées → départ maintenu → course interrompue → reprise envisagée → arrêt définitif.
Cette chronologie est importante parce qu’elle montre que l’organisation a tenté de préserver la course aussi longtemps que cela lui semblait raisonnable, avant d’accepter que les adaptations avaient atteint leurs limites.
En résumé, une interruption est forcément difficile à accepter pour les participants.
Une PICaPICA se prépare pendant des mois. Il y a l’entraînement, le déplacement, le coût de l’inscription et parfois une saison entière organisée autour de cet objectif.
La frustration est donc légitime. Mais juger une organisation uniquement sur sa capacité à amener tous les participants jusqu’à une ligne d’arrivée serait réducteur.
Savoir interrompre une épreuve lorsque les conditions ne permettent plus de la poursuivre correctement fait aussi partie du travail d’une direction de course.
Les réactions publiées sous l’annonce de l’arrêt vont d’ailleurs très largement dans ce sens. De nombreux participants et accompagnateurs saluent la décision, le travail des bénévoles et la gestion de cette situation difficile.
Plusieurs soulignent également les risques qu’aurait représentés une reprise sur certains secteurs techniques, notamment de nuit et sur un terrain humide.
Quatre classements pour tenir compte de la progression des coureurs
L’arrêt de la course pose évidemment la question du classement.
Tous les participants n’avaient pas atteint le même point lorsque la PICaPICA a été interrompue. L’organisation a donc décidé d’établir quatre classements afin de tenir compte de la progression réellement accomplie :
- PICaPICA – classement officiel
- PICaPICA 1, avec arrêt de course à l’Artigue
- PICaPICA 2, avec arrêt à Soulcem
- PICaPICA 3, avec arrêt à la cabane de la Crouts
Chaque finisher figurant dans l’un de ces quatre classements recevra son caillou, la récompense emblématique de la PICaPICA.
Une manière de reconnaître l’effort accompli même si, cette année, la montagne et la météo n’ont pas permis à tout le monde de rejoindre la même ligne d’arrivée.
Source
Communications officielles du Challenge du Montcalm / PICaPICA des 12 et 16 août 2026, dont le point de situation publié à 18 heures après un nouvel échange avec Météo-France.
Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.
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