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🎧 Le décès d’une jeune Américaine pendant le marathon de New York, dimanche 1er novembre 2026, vient alourdir un bilan déjà particulièrement douloureux pour le monde du running et du trail. Depuis début octobre, les annonces de décès se succèdent dans plusieurs pays. Une accumulation qui suscite l’émotion, mais qui doit être examinée avec prudence.
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Dimanche 1er novembre 2026, Rachel Apa, une Américaine de 24 ans, participait à son premier marathon de New York. À un peu plus de 3 km de l’arrivée, la jeune femme s’est effondrée dans Central Park. Malgré l’intervention des secours et son transfert à l’hôpital, elle n’a pas survécu.
Sa disparition intervient dans un contexte particulièrement éprouvant pour la communauté des coureurs. En un mois, u-Trail avait déjà recensé 13 décès dans le monde de la course à pied et de l’athlétisme. Avec Rachel Apa, ce bilan journalistique atteint désormais 14 disparitions, dont 12 survenues à l’occasion de manifestations sportives.
Ce chiffre ne constitue pas une statistique officielle de mortalité en compétition. Il rassemble des situations médicales et des circonstances différentes, dont certaines ne sont pas directement liées à la pratique sportive.
Rachel Apa, 24 ans, est morte à quelques kilomètres de l’arrivée du marathon de New York
La jeune Américaine avait choisi de courir les 42,195 km de New York pour une raison très personnelle.
Elle souhaitait rendre hommage à son grand-père, décédé après avoir souffert de la maladie de Parkinson. Pour cette première participation, elle avait associé son défi sportif à une collecte de fonds destinée à soutenir la recherche.
Rachel Apa n’était pas une débutante en sport. Ancienne joueuse de hockey sur gazon au niveau universitaire, elle s’était entraînée pendant plusieurs mois pour préparer son marathon.
Pendant la course, ses parents suivaient sa progression grâce à l’application officielle.
Selon les informations rapportées par la presse américaine, Rachel avait commencé à signaler des douleurs à son père autour des 29e et 30e kilomètres.
La jeune femme a néanmoins poursuivi son effort.
Vers le 39e kilomètre, alors qu’elle traversait Central Park, elle s’est effondrée. Les secours sont intervenus avant de la transporter à l’hôpital Mount Sinai, où son décès a été constaté.
Son père a indiqué aux médias américains que Rachel avait été victime d’une rhabdomyolyse.
Cette affection correspond à une destruction importante des cellules musculaires, qui libèrent dans le sang des substances susceptibles d’endommager les reins et d’autres organes. Dans les formes les plus graves, les complications peuvent engager le pronostic vital.
La rhabdomyolyse peut notamment survenir après un effort physique intense, sans être exclusivement provoquée par le sport.
Au 4 novembre, les autorités médico-légales new-yorkaises poursuivaient toutefois leur enquête. Le diagnostic communiqué par la famille ne constituait donc pas encore une conclusion officielle du médecin légiste.
Son décès s’ajoute à une série de drames survenus depuis début octobre
La mort de Rachel Apa ne survient malheureusement pas de manière isolée.
Depuis le 4 octobre, plusieurs marathons, semi-marathons, trails et courses populaires ont été endeuillés à travers le monde.
Le phénomène a particulièrement marqué les dernières semaines d’octobre.
En France, le Trail des Sapins et le semi-marathon de Lille ont été endeuillés
Le 24 octobre, un participant prénommé Clément est décédé à l’occasion du Trail des Sapins, organisé à Lalouvesc, en Ardèche.
Les circonstances précises de son malaise n’ont pas été officiellement établies.
Le lendemain, le 25 octobre, un homme d’une trentaine d’années s’est effondré après avoir terminé le semi-marathon de Lille.
Malgré une première réanimation et son transfert à l’hôpital, il est décédé.
Ces deux drames, survenus en l’espace de 24 heures, avaient déjà profondément touché la communauté française du trail et du running.
Aux États-Unis, deux autres coureurs étaient morts le 4 octobre
Le cas de Rachel Apa rappelle également celui de Treyton Lara, lui aussi âgé de 24 ans.
Le 4 octobre, ce jeune Américain s’était effondré autour du 32e kilomètre du marathon de Portland, dans l’Oregon.
Malgré sa prise en charge médicale, il n’avait pas survécu.
Le même jour, John Meise, 36 ans et père de quatre enfants, était décédé pendant le semi-marathon de Milwaukee, dans le Wisconsin.
En Corée du Sud, une coureuse de 25 ans était morte à 500 mètres de l’arrivée
Le 11 octobre, Yoo Ji-won, une sportive sud-coréenne de 25 ans, s’était effondrée au 20,6e kilomètre du semi-marathon de Séoul.
Il ne lui restait qu’environ 500 mètres à parcourir.
Cette coureuse expérimentée avait notamment réalisé un marathon en moins de 3 heures.
Son décès avait rappelé qu’une bonne condition physique et une pratique régulière de la course à pied ne permettent pas d’exclure totalement la survenue d’un accident médical grave.
La cause exacte de sa disparition n’avait pas été publiquement établie.
La liste des décès recensés depuis le 4 octobre 2026
Dans son précédent article, publié le 2 novembre, u-Trail avait identifié 13 disparitions dans le monde de la course à pied et de l’athlétisme.
Le décès de Rachel Apa porte ce recensement à 14 personnes.
Voici les cas documentés :
- 4 octobre – États-Unis : Treyton Lara, 24 ans, décédé pendant le marathon de Portland.
- 4 octobre – États-Unis : John Meise, 36 ans, décédé pendant le semi-marathon de Milwaukee.
- 4 octobre – Pays de Galles : Ross Williams-Griffiths, 24 ans, décédé pendant le semi-marathon de Cardiff.
- 6 octobre – Chine : un coureur de 42 ans, décédé après le semi-marathon de Wuqing.
- 9 octobre – France : un collégien de 14 ans, décédé lors d’un cross scolaire à Flers.
- 11 octobre – Corée du Sud : Yoo Ji-won, 25 ans, décédée pendant le semi-marathon de Séoul.
- 17 octobre – Indonésie : Dody Muhammad Pasha, 21 ans, décédé pendant une épreuve d’ultra-marathon en relais.
- 18 octobre – Brésil : Tales Inácio Guerra, 35 ans, décédé après un malaise pendant une course populaire.
- 24 octobre – France : Clément, décédé à l’occasion du Trail des Sapins, en Ardèche.
- 25 octobre – France : un coureur d’une trentaine d’années, décédé après le semi-marathon de Lille.
- 26 octobre – Espagne : Victoria d’Azevedo Silveira, 29 ans, retrouvée morte le lendemain de sa participation au semi-marathon de Valence.
- 1er novembre – Malaisie : un participant de 42 ans, décédé pendant la Garmin Run.
- 1er novembre – Irlande : Ciara Mageean, 34 ans, championne d’Europe du 1 500 m, décédée d’un cancer.
- 1er novembre – États-Unis : Rachel Apa, 24 ans, décédée après son malaise au marathon de New York.
Une précision essentielle : ces 14 disparitions ne correspondent pas à 14 décès provoqués par la course à pied.
Victoria d’Azevedo Silveira est morte le lendemain de sa compétition, sans qu’un lien médical avec son effort ait été démontré. Ciara Mageean est décédée d’un cancer, indépendamment de toute participation à une course.
Les 12 autres décès ont été signalés à l’occasion de manifestations de course à pied, sans que leur cause médicale soit systématiquement connue.
Pourquoi autant de jeunes coureurs parmi les victimes ?
La jeunesse de plusieurs personnes décédées constitue l’un des aspects les plus marquants de ce recensement.
Rachel Apa avait 24 ans. Treyton Lara également. Ross Williams-Griffiths avait le même âge.
Yoo Ji-won n’avait que 25 ans, tandis que Dody Muhammad Pasha était âgé de 21 ans.
Ces disparitions interrogent naturellement les pratiquants.
Comment des personnes jeunes, parfois très entraînées, peuvent-elles être victimes d’accidents aussi graves ?
La réponse n’est pas unique.
Certaines pathologies peuvent rester longtemps silencieuses. D’autres complications surviennent dans des circonstances particulières, notamment lors d’efforts prolongés.
La rhabdomyolyse évoquée dans le cas de Rachel Apa est, par exemple, un mécanisme médical différent d’un arrêt cardiaque d’origine cardiovasculaire.
Il serait donc trompeur de réunir toutes ces disparitions sous une seule explication.
De même, aucun élément ne permet d’affirmer que les victimes étaient insuffisamment entraînées ou qu’elles auraient nécessairement pu éviter leur décès.
Ces décès signifient-ils que la course à pied devient plus dangereuse ?
C’est la question que soulève inévitablement cette succession de drames.
Pourtant, le nombre de décès relayés dans les médias ne suffit pas à démontrer une augmentation du risque.
Le recensement de u-Trail repose sur des informations publiques provenant de différents pays. Il ne permet pas de connaître l’ensemble des décès survenus, ni le nombre total de participants exposés.
Une étude publiée en 2025 dans la revue scientifique JAMA apporte un éclairage plus précis.
Les chercheurs ont étudié 29,3 millions de participations à des marathons et semi-marathons américains entre 2010 et 2023.
Ils ont identifié 176 arrêts cardiaques, dont 59 mortels, soit environ 2 décès liés à ces arrêts cardiaques pour 1 million de participations.
Ces résultats montrent que les accidents cardiaques mortels restent rares à l’échelle de ces compétitions.
Ils ne permettent cependant pas d’évaluer toutes les causes de mortalité, notamment la rhabdomyolyse, ni de mesurer directement le risque lors des trails et ultra-trails.
Il est donc impossible de conclure, à partir des 14 décès recensés depuis octobre, que la pratique de la course à pied serait devenue plus dangereuse.
Le décès de Rachel Apa rappelle aussi l’importance des signaux d’alerte
L’histoire de Rachel Apa soulève une autre question, familière à de nombreux marathoniens et ultra-traileurs : à quel moment faut-il interrompre son effort ?
Sur un marathon, les douleurs musculaires et la fatigue font partie des sensations fréquemment rencontrées.
Mais toutes les douleurs ne sont pas normales.
Une douleur musculaire anormalement intense, une faiblesse inhabituelle, un malaise ou une dégradation brutale de l’état général doivent inciter à arrêter l’effort et à solliciter une assistance médicale. Des urines très foncées peuvent également être un signe de rhabdomyolyse, parfois après la course.
Ces symptômes ne permettent pas à eux seuls de poser un diagnostic.
Dans le cas de Rachel Apa, les messages envoyés à son père montrent qu’elle ressentait des douleurs avant son malaise. Ils ne suffisent toutefois pas à déterminer ce qu’elle éprouvait exactement ni si elle pouvait identifier la gravité de son état.
La responsabilité de ce drame ne saurait donc être attribuée à la jeune femme sur la seule base de ces échanges.
Pour les coureurs comme pour les traileurs, l’enjeu reste de savoir reconnaître les symptômes inhabituels et d’accepter de renoncer lorsque la santé l’exige.
Derrière cette liste de décès, 14 histoires et 14 familles endeuillées
La disparition de Rachel Apa vient prolonger une série de nouvelles particulièrement douloureuses pour la communauté de la course à pied.
Son histoire est celle d’une jeune sportive qui s’était préparée à relever son premier défi sur marathon, avec la volonté de soutenir une cause familiale qui lui tenait à cœur.
Les autres personnes recensées avaient elles aussi leurs parcours, leurs projets et leurs proches.
Si l’accumulation de ces drames mérite d’être documentée, elle ne doit conduire ni à dramatiser artificiellement les risques du running, ni à tirer des conclusions médicales sans preuves.
Elle rappelle surtout une réalité parfois oubliée dans un sport où le dépassement de soi occupe une place centrale : aucune performance et aucune ligne d’arrivée ne doivent passer avant la santé.
La rédaction de u-Trail adresse ses sincères condoléances à la famille de Rachel Apa ainsi qu’aux proches de toutes les personnes disparues.
Sources
- Associated Press, 3 novembre 2026 : Décès de Rachel Apa pendant le marathon de New York.
- NBC News, 3 novembre 2026 : Témoignage de Steve Apa et informations sur la rhabdomyolyse.
- New York Road Runners : déclaration officielle aux médias du 3 novembre 2026.
- JAMA, mars 2025 : Cardiac Arrest During Long-Distance Running Races.
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.








