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🎧 Comment un 6 km solidaire a totalement dérapé
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On voit souvent des histoires de transformations spectaculaires. Vous savez, le genre de titre accrocheur à la « De 128 kg à l’UTMB ». C’est beau, ça impressionne, et ça fait rêver dans les chaumières. De mon côté, si je devais résumer mon propre virage sportif, le titre serait tout aussi improbable : « D’Octobre Rose à l’UTMB ». Parce que c’est là que tout a commencé.
Et au départ, ce n’était absolument pas gagné.
Mais au fait, Octobre Rose, c’est quoi ?
Chaque année, le mois d’octobre, c’est un mois de solidarité qui est devenu un grand rendez-vous national dédié à la lutte contre le cancer du sein. Son objectif principal est double : rappeler à toutes les femmes l’importance capitale du dépistage précoce, qui sauve des milliers de vies chaque année, et récolter des fonds necessaires pour la recherche médicale. À travers des illuminations, des collectes et surtout de très nombreuses courses et marches solidaires, l’événement transforme une cause de santé publique en un mouvement populaire, festif et engagé. Octobre est devenu un mois où le rose est le symbole collectif du soutien, de la prévention et de l’espoir.
Acte I : L’époque où 2 km semblaient impossibles
Il n’y a pas si longtemps, le sport et moi, nous entretenions une relation basée sur l’ignorance. La course à pied, c’était un mystère incompréhensible. Pourquoi se faire du mal… Courir deux kilomètres relevait de l’exploit héroïque, et lorsque j’essayais, je terminais avec les poumons en feu et avec l’impression que mon heure avait sonné.
Puis un jour est arrivée cette fameuse proposition : « Viens, on s’inscrit à une course pour Octobre Rose ! » Six kilomètres… À l’époque, la distance me paraissait aussi énorme et impossible à tenir qu’une traversée de l’Atlantique à la nage. Mais la cause était belle, indispensable, et je ne me voyais pas me défiler. Alors, j’ai enfilé un t-shirt rose, mis mon amour-propre de côté, et j’ai pris le départ en me battant contre mon propre cardio. Ce fut dur, ce fut éprouvant, mais j’ai franchi la ligne. Et sans le savoir, le piège venait de se refermer !
Acte II : Le piège de la bonne cause (et le déclic)
Un an plus tard, rebelote. Toujours pour Octobre Rose, toujours pour la même bonne cause. Sauf que cette fois, en passant la ligne d’arrivée des 6 km, un constat qui fait plaisir : je n’étais plus au bord de l’agonie. Mieux encore, j’y avais pris du plaisir. Mon corps s’était finalement adapté, ma foulée était plus fluide, les kilomètres avaient défilé plus vite, et une pensée m’a traversé l’esprit : « Mais en fait… je ne suis peut-être pas si mauvaise que ça ? »
C’est là toute la magie d’Octobre Rose. En ayant une bonne raison de courir, l’événement peut enlever la peur d’essayer. On ne court plus pour son propre nombril ou pour un chrono, on court pour les autres. Et au passage, on se découvre des ressources qu’on ne soupçonnait absolument pas.
Acte III : L’escalade incontrôlée
Une fois que l’engrenage est lancé, la logique sportive devient totalement irrationnelle. On commence par se dire qu’après tout, 10 km, c’est juste un tout petit peu plus que 6. Puis : « Et si je tentais un semi-marathon ? »
« Bon, tant qu’à faire, autant faire un vrai marathon. »
« Et si j’ajoutais des bosses et des kilomètres… genre 100 km ? »
Et un beau jour, on se retrouve sur la ligne d’arrivée de l’UTMB, après avoir traversé des montagnes, couru de nuit et repoussé toutes ses limites mentalement et physiquement. Tout ça parce qu’un jour on s’est lancé le défi de courir une course rose.
Quand je repense à la Marta qui crachait ses poumons après 2 kilomètres sur du plat, le chemin parcouru me fait sourire.
En résumé, aujourd’hui, je veux juste dire merci à Octobre Rose. Chaque année, ce mois me rappelle là où tout a commencé.
Merci de créer ce déclic chez tant de personnes qui n’auraient jamais osé prendre un dossard autrement. Merci de nous donner une belle cause pour souffrir avec le sourire. Et merci, au passage, d’avoir transformé la sédentaire que j’étais en une passionnée capable d’enchainer des ultras en montagne.
Allors, en ce mois d’octobre, soyez prudents. Ne sous-estimez jamais la puissance d’un dossard solidaire. Parce qu’entre s’inscrire à un 6 km « girly » entre copines et prendre le départ de l’UTMB… il n’y a finalement qu’un tout petit pas !
Lire un avis divergent sur Octobre rose
- Octobre Rose : c’est parti pour la grande foire qui instrumentalise votre bon coeur et les malades du cancer du sein
- Octobre n’est pas rose !
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