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🎧 Garmin vient de racheter Moxy, une entreprise spécialisée dans la mesure de l’oxygénation musculaire.
Derrière cette acquisition relativement discrète se cache potentiellement une évolution majeure pour les montres GPS de sport : la possibilité, à terme, de suivre directement ce qui se passe dans les muscles pendant l’effort, et plus seulement la fréquence cardiaque, la puissance, la récupération ou l’oxygénation du sang.
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Garmin pourrait bientôt regarder directement ce qui se passe dans vos muscles
Les montres Garmin savent déjà mesurer la SpO₂, c’est-à-dire la saturation en oxygène du sang. Moxy travaille sur une donnée différente : la SmO₂, la saturation en oxygène du muscle.
La différence est importante.
La SpO₂ renseigne sur l’oxygénation générale du sang. La SmO₂ permet d’observer localement comment un muscle reçoit et consomme l’oxygène pendant l’effort.
Pour un traileur, cette donnée pourrait devenir particulièrement intéressante dans les longues montées, lorsque les quadriceps travaillent pendant plusieurs dizaines de minutes, mais aussi dans les descentes, lorsque la fatigue musculaire s’installe progressivement.
Une technologie que Garmin connaît déjà depuis plus de dix ans
Garmin et Moxy ne se découvrent pas aujourd’hui.
Moxy travaille depuis longtemps avec l’écosystème ANT+, historiquement lié à Garmin. La technologie de mesure de l’oxygène musculaire avait déjà été intégrée à l’univers Garmin, notamment via Connect IQ puis directement grâce au profil ANT+ Muscle Oxygen. Certains appareils Garmin pouvaient donc déjà afficher les données provenant d’un capteur Moxy externe.
Le véritable changement vient donc d’ailleurs : Garmin possède désormais directement l’entreprise et sa technologie.
Et forcément, une question apparaît.
Et si Garmin supprimait bientôt le capteur externe ?
Aujourd’hui, mesurer correctement l’oxygénation musculaire nécessite un capteur spécifique placé contre le muscle.
Mais Ray Maker, le spécialiste de DC Rainmaker à l’origine de l’information, avance une hypothèse intéressante : les progrès de miniaturisation pourraient permettre à Garmin de développer des capteurs beaucoup plus petits, éventuellement intégrables dans de futurs wearables.
À ce stade, Garmin n’a annoncé aucune montre intégrant directement cette technologie.
Mais si l’entreprise réussissait à miniaturiser la mesure de SmO₂ et à la rendre simple à utiliser, elle pourrait introduire une donnée totalement nouvelle pour le grand public.
En trail, cela pourrait changer complètement la lecture de l’effort
Aujourd’hui, un traileur regarde principalement sa fréquence cardiaque, son allure, sa puissance, son dénivelé ou ses sensations.
L’oxygénation musculaire ajouterait une information différente : la capacité du muscle à continuer à travailler efficacement à une intensité donnée.
Dans une longue ascension, deux coureurs peuvent présenter la même fréquence cardiaque tout en ayant des réponses musculaires très différentes.
Une mesure de SmO₂ pourrait théoriquement permettre de comprendre qu’un quadriceps commence à être très sollicité alors que le cardio reste encore relativement stable.
Cela pourrait aider à mieux gérer son allure, décider quand marcher dans une montée, observer sa récupération après un effort ou comparer la sollicitation musculaire entre deux séances.
Une sorte de « Body Battery »… mais directement dans les jambes ?
Garmin a largement popularisé des indicateurs complexes transformés en données simples à comprendre : Body Battery, Training Readiness, récupération, charge d’entraînement ou encore endurance.
L’oxygénation musculaire pourrait suivre la même logique.
Plutôt que d’afficher une valeur scientifique difficile à interpréter, Garmin pourrait un jour transformer la SmO₂ en indicateur accessible au coureur : niveau de sollicitation musculaire, fatigue locale ou capacité du muscle à poursuivre l’effort.
Ce scénario reste hypothétique, mais il correspond précisément au type de technologie que Garmin pourrait chercher à intégrer après le rachat de Moxy.
SpO₂ et SmO₂ : quelle différence ?
La SpO₂, déjà mesurée par de nombreuses montres Garmin, correspond à la saturation en oxygène du sang.
Elle indique la proportion d’hémoglobine qui transporte effectivement de l’oxygène dans le sang.
La SmO₂, elle, mesure la saturation en oxygène directement au niveau du muscle. Autrement dit, elle cherche à montrer comment un muscle précis reçoit et utilise l’oxygène pendant l’effort.
Pour un traileur, la nuance est importante : la SpO₂ donne une information générale sur l’oxygénation du sang, tandis que la SmO₂ peut renseigner beaucoup plus localement sur ce qui se passe dans les quadriceps, les mollets ou un autre groupe musculaire lorsqu’une montée devient longue et exigeante.
Le tableau récapitulatif
| SpO₂ | SmO₂ | |
|---|---|---|
| Ce qui est mesuré | Saturation en oxygène du sang | Saturation en oxygène du muscle |
| Zone observée | Ensemble de l’organisme | Un muscle précis |
| Ce que cela indique | La quantité d’oxygène transportée par le sang | La manière dont le muscle reçoit et utilise l’oxygène |
| Pendant un trail | Donne une vision générale de l’oxygénation | Permet de suivre plus localement la sollicitation musculaire |
| Exemple | Vérifier son niveau d’oxygénation, notamment en altitude | Observer ce qui se passe dans les quadriceps pendant une longue montée |
| Chez Garmin | Déjà présente sur de nombreuses montres via Pulse Ox | Jusqu’ici accessible avec un capteur externe compatible sur certains appareils |
Infographie

En résumé, depuis plusieurs années, les fabricants de montres GPS se livrent une bataille autour de l’autonomie, de la cartographie, de la précision GPS et des algorithmes d’entraînement. L’oxygénation musculaire ouvrirait un nouveau terrain.
Pour les traileurs et les ultra-traileurs, qui doivent gérer pendant des heures une fatigue beaucoup plus musculaire que simplement cardiovasculaire, la donnée aurait surtout du sens si elle devenait simple, fiable et directement exploitable pendant la course.
Garmin vient donc peut-être de mettre la main sur une technologie capable de créer une nouvelle génération de métriques sportives.
Le rachat de Moxy est officiel.
La montre Garmin capable de lire directement l’état d’oxygénation de vos quadriceps, elle, n’existe pas encore.
Mais si Garmin parvient un jour à faire entrer cette technologie dans un produit grand public, la fonctionnalité pourrait réellement changer la manière dont les traileurs gèrent leur effort.
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