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đ§ Ălu au printemps dernier, le nouveau maire de Chamonix François-Xavier Laffin nâavait pas attendu lâUTMB 2026 pour faire connaĂźtre ses attentes concernant lâavenir de lâĂ©vĂ©nement.
Ancien traileur et lui-mĂȘme participant aux courses organisĂ©es dans la vallĂ©e, il considĂšre que lâUTMB fait pleinement partie de lâidentitĂ© de Chamonix, tout en estimant que son dĂ©veloppement a fini par poser un certain nombre de difficultĂ©s pour les habitants, notamment en matiĂšre de nuisances, de circulation et de frĂ©quentation.
Avant mĂȘme lâĂ©dition organisĂ©e fin aoĂ»t, le nouveau maire avait donc demandĂ© que lâĂ©vĂ©nement Ă©volue afin de mieux sâintĂ©grer Ă la vie locale. Parmi les sujets mis sur la table figuraient dĂ©jĂ la gestion des flux de spectateurs, les nuisances nocturnes ainsi que la prĂ©sence toujours plus importante des marques, dont les opĂ©rations commerciales dĂ©passent dĂ©sormais largement le seul pĂ©rimĂštre officiel de lâUTMB.
Un mois aprĂšs la course, ces annonces ont dĂ©sormais une traduction concrĂšte puisque les organisateurs et la municipalitĂ© ont engagĂ© des discussions pour prĂ©parer les prochaines Ă©ditions. Lâobjectif nâest pas de remettre en cause lâexistence de lâUTMB Ă Chamonix, mais de trouver des adaptations susceptibles de rĂ©duire ses effets sur la vallĂ©e, avec de premiĂšres Ă©volutions qui pourraient intervenir dĂšs 2027.
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Les discussions annoncĂ©es avant lâUTMB sont dĂ©sormais engagĂ©es
Le sujet nâest donc pas apparu aprĂšs lâĂ©dition 2026. Avant mĂȘme le dĂ©part des diffĂ©rentes courses, la nouvelle municipalitĂ© de Chamonix avait indiquĂ© quâelle souhaitait revoir certains aspects du fonctionnement de lâĂ©vĂ©nement, dans un contexte oĂč une partie des habitants exprimait depuis plusieurs annĂ©es son agacement face Ă la saturation du centre-ville et Ă lâampleur prise par la semaine UTMB.
Les Ă©changes sont aujourdâhui entrĂ©s dans une phase beaucoup plus concrĂšte. Isabelle Viseux-Poletti, directrice de lâUTMB, a confirmĂ© auprĂšs de lâAFP quâun travail Ă©tait actuellement menĂ© avec la mairie de Chamonix afin dâidentifier les problĂšmes sur lesquels il est rĂ©ellement possible dâagir et de prĂ©parer les prochaines Ă©ditions.
Le calendrier est dâailleurs relativement serrĂ© puisque les inscriptions pour lâUTMB 2027 doivent ouvrir Ă la fin de lâannĂ©e, ce qui oblige les deux parties Ă avancer rapidement sur les Ă©ventuelles adaptations Ă mettre en place.
Bruit, flux, spectateurs : lâUTMB doit dĂ©sormais rĂ©pondre aux demandes de la mairie
Parmi les sujets mis sur la table par la municipalitĂ© figurent les nuisances subies par les habitants du centre-ville, notamment lorsque les animations et les passages de coureurs se prolongent tard dans la nuit. Sur ce point, lâUTMB reconnaĂźt quâun grand Ă©vĂ©nement gĂ©nĂšre nĂ©cessairement des impacts et admet quâil doit dĂ©sormais travailler Ă les rĂ©duire, en particulier sur le bruit et la mobilitĂ©.
La gestion des flux de spectateurs fait Ă©galement partie des dossiers sur lesquels la mairie attend des Ă©volutions. Lâorganisation Ă©voque donc plusieurs pistes, parmi lesquelles une meilleure rĂ©partition du public dans la vallĂ©e, une rĂ©duction des points de concentration et mĂȘme une incitation plus forte Ă suivre certaines sĂ©quences de la course en direct plutĂŽt quâen prĂ©sentiel.
Autrement dit, il ne sâagit pas tant pour lâUTMB de lancer de lui-mĂȘme une nouvelle politique que de rĂ©pondre aux demandes formulĂ©es par la nouvelle municipalitĂ©, qui considĂšre que lâĂ©vĂ©nement doit mieux sâadapter aux contraintes de Chamonix et Ă la vie quotidienne de ses habitants.
La prĂ©sence des marques est lâun des principaux sujets de friction
La multiplication des marques prĂ©sentes dans la vallĂ©e pendant la semaine de lâUTMB constitue un autre point central des discussions. Selon les chiffres avancĂ©s par lâorganisation, plus dâune centaine de marques sont aujourdâhui actives Ă Chamonix au moment de lâĂ©vĂ©nement, bien au-delĂ du seul cercle des partenaires officiels de la course.
Boutiques Ă©phĂ©mĂšres, animations, Ă©vĂ©nements privĂ©s, opĂ©rations marketing : au fil des annĂ©es, la semaine UTMB est devenue un rendez-vous commercial majeur pour lâensemble de lâindustrie du trail.
Câest prĂ©cisĂ©ment cette occupation croissante de Chamonix que la mairie souhaite mieux encadrer. LâUTMB explique toutefois quâil ne maĂźtrise pas lâensemble de ces opĂ©rations, certaines Ă©tant organisĂ©es indĂ©pendamment sur le domaine public. Les discussions doivent donc aussi permettre de dĂ©terminer ce qui relĂšve directement de lâorganisateur et ce qui peut ĂȘtre rĂ©glementĂ© par la commune.
Sur le nombre de coureurs, lâUTMB dĂ©fend son modĂšle actuel
Lâun des points sur lesquels lâorganisation cherche en revanche Ă relativiser les critiques concerne le nombre de participants. LâUTMB compte environ 10 000 coureurs sur lâensemble de la semaine, dont 2 500 sur lâĂ©preuve reine, mais estime quâune rĂ©duction du nombre de dossards ne suffirait pas Ă rĂ©gler les problĂšmes de frĂ©quentation.
Pour appuyer cette position, lâorganisation indique que chaque coureur est accompagnĂ© en moyenne de moins dâune personne et considĂšre que les plus fortes concentrations de public sont surtout provoquĂ©es par la prĂ©sence des meilleurs traileurs mondiaux et par certains moments trĂšs attendus de la semaine.
Sur ce point, le dĂ©bat reste donc ouvert : alors que la mairie considĂšre que lâĂ©vĂ©nement a pris une ampleur trop importante pour Chamonix, lâUTMB estime que la simple rĂ©duction du nombre de participants ne permettrait pas, Ă elle seule, de faire baisser significativement la frĂ©quentation.
Le format de la semaine UTMB pourrait ĂȘtre adaptĂ© sous la pression de ces discussions
Lâorganisation nâexclut dĂ©sormais plus une Ă©volution du format de la semaine, mĂȘme si aucune dĂ©cision prĂ©cise nâa encore Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©e. Cette possibilitĂ© intervient directement dans le cadre des discussions engagĂ©es avec la nouvelle municipalitĂ©, qui souhaite obtenir des changements concrets pour les prochaines Ă©ditions.
LâUTMB assure de son cĂŽtĂ© ne pas chercher Ă augmenter davantage la taille de lâĂ©vĂ©nement et dĂ©fend des jauges 2026 conformes aux autorisations qui lui avaient Ă©tĂ© accordĂ©es.
La question nâest donc plus vraiment de savoir si lâUTMB va continuer Ă grossir, mais jusquâoĂč il devra sâadapter aux nouvelles exigences de Chamonix pour pouvoir continuer Ă organiser, dans les mĂȘmes conditions ou non, lâun des plus grands rendez-vous mondiaux du trail.
Ce que lâUTMB rĂ©pond aux critiques
Lâorganisation ne valide pas lâensemble des reproches formulĂ©s Ă son encontre. Isabelle Viseux-Poletti reconnaĂźt que certaines nuisances sont rĂ©elles, notamment le bruit nocturne ou les problĂšmes de mobilitĂ©, mais elle conteste lâidĂ©e selon laquelle lâUTMB serait Ă lui seul responsable dâune saturation exceptionnelle de Chamonix.
Selon les chiffres avancĂ©s par lâorganisation, la frĂ©quentation de la vallĂ©e pendant la semaine UTMB serait mĂȘme lĂ©gĂšrement infĂ©rieure Ă certains pics touristiques observĂ©s au cours de lâannĂ©e. LâUTMB indique Ă©galement quâun coureur vient en moyenne avec 0,89 accompagnant.
Concernant les bĂ©nĂ©voles, lâorganisation affirme en mobiliser environ 2 600 sur la semaine et rĂ©fute le chiffre de 20 000 qui aurait circulĂ© pendant lâĂ©tĂ©. Elle prĂ©cise mĂȘme disposer dâune liste dâattente de bĂ©nĂ©voles et assure que leur nombre nâa pas augmentĂ© de maniĂšre significative ces derniĂšres annĂ©es.
LâUTMB reconnaĂźt en revanche que lâĂ©cosystĂšme commercial a fortement grandi, avec plus dâune centaine de marques actives dans la vallĂ©e pendant la semaine de course. Toutes ne dĂ©pendent toutefois pas directement de lâorganisation, certaines opĂ©rations Ă©tant menĂ©es de façon indĂ©pendante sur le domaine public.
Enfin, lâUTMB estime quâune simple rĂ©duction du nombre de coureurs ne rĂ©glerait pas forcĂ©ment le problĂšme de frĂ©quentation. Selon ses analyses, ce sont surtout les Ă©lites qui gĂ©nĂšrent la majeure partie de lâaffluence des spectateurs.
Lâorganisation assure par ailleurs ne pas chercher Ă grossir davantage et affirme que les jauges de 2026 respectaient pleinement les autorisations accordĂ©es. Elle dit vouloir dĂ©sormais se positionner comme un partenaire territorial de Chamonix, tout en refusant dâendosser seule la responsabilitĂ© de problĂšmes qui dĂ©passent, selon elle, le seul cadre de lâĂ©vĂ©nement.
En rĂ©sumĂ©, lâUTMB nâest pas en train de rĂ©inventer spontanĂ©ment son Ă©vĂ©nement : il doit dĂ©sormais nĂ©gocier son Ă©volution avec une municipalitĂ© qui veut rĂ©duire son impact sur Chamonix.
Présence des marques, nuisances nocturnes, circulation, concentration des spectateurs et organisation générale de la semaine font partie des sujets sur lesquels la mairie attend des réponses.
Les discussions engagĂ©es cet automne doivent dĂ©sormais dĂ©terminer jusquâoĂč lâĂ©vĂ©nement devra Ă©voluer Ă partir de 2027.
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