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🎧 La tentative de record d’Antoine Clément sur le John Muir Trail a pris une tournure très défavorable.
Dimanche 20 septembre, après presque 24 heures d’effort dans la Sierra Nevada, le Français avait parcouru 100,26 km sur les 333,4 km comptabilisés par le tracker. Il accusait déjà 32 km de retard sur le passage de François D’Haene en 2017. Sauf retournement spectaculaire, le record de 2 jours, 19 heures et 26 minutes paraît désormais hors de portée.
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Le traileur français Antoine Clément compte 32 km de retard après moins de 24 heures
Le suivi GPS livre un premier constat difficile à contourner. Après 23 h 37 d’effort, Antoine Clément avait couvert 30,1 % du John Muir Trail et cumulé 4 840 mètres de dénivelé positif.
Au même moment de sa tentative victorieuse en 2017, François D’Haene se trouvait environ 32 kilomètres plus loin. L’écart représente déjà plusieurs heures de progression sur un sentier où chaque kilomètre impose de composer avec l’altitude, le relief et l’isolement.
Le dernier signal visible sur le tracker remontait à environ une heure au moment de la capture. La position exacte d’Antoine Clément peut donc avoir légèrement évolué depuis. Une simple actualisation GPS ne suffira cependant probablement pas à effacer un retard aussi important.
Les chiffres montrent pourquoi le record s’éloigne
Antoine Clément dispose encore d’environ 43 h 49 avant d’atteindre la limite fixée par François D’Haene. Il lui reste pourtant plus de 233 kilomètres à parcourir.
Pour battre le record, il devrait désormais avancer à une moyenne supérieure à 5,3 km/h, pauses, ravitaillements et sommeil compris.
Depuis le départ, sa moyenne générale se situe autour de 4,25 km/h. Il faudrait donc qu’il progresse environ 25 % plus vite pendant toute la suite de la tentative, alors que la fatigue va continuer à s’accumuler et qu’une deuxième nuit l’attend.
L’équation devient encore plus difficile en tenant compte du relief. Antoine Clément a déjà gravi 4 840 mètres, mais le tracker annonce un total de 13 450 mètres de dénivelé positif. Il lui reste donc environ 8 600 mètres de D+ à absorber.
Autrement dit, la plus grande partie du parcours et du dénivelé reste devant lui.
Le tracker prévoit déjà une arrivée après la limite du record
L’estimation affichée par le suivi GPS prévoit actuellement une arrivée mardi 22 septembre vers 19 h 31, heure française.
Pour améliorer la performance de François D’Haene, Antoine Clément devrait terminer aux alentours de 8 h 30 mardi matin, heure française. La projection actuelle le place donc environ onze heures au-delà du record.
Cette estimation évoluera en fonction de sa vitesse, de ses arrêts et des prochains points GPS. Elle confirme néanmoins la tendance observée sur la carte : Antoine Clément avance, mais son rythme actuel ne lui permet pas de rester au contact du chrono de référence.
Le froid et l’altitude compliquent encore sa progression
Au dernier point transmis, Antoine Clément se trouvait à environ 3 378 mètres d’altitude. La température affichée atteignait seulement 4 °C, avec un vent proche de 23 km/h et un ressenti annoncé à −3 °C.
Ces conditions augmentent le coût de chaque arrêt. Se ravitailler, changer de vêtements ou gérer un problème matériel peut rapidement faire perdre de précieuses minutes. Le froid complique également la progression nocturne après une première journée passée en altitude.
Le John Muir Trail traverse des zones particulièrement isolées de la Sierra Nevada. L’assistance dispose de très peu d’accès au parcours et Antoine Clément doit effectuer de longues sections avec son matériel sur le dos. Contrairement à un ultra-trail organisé, il ne peut compter ni sur des ravitaillements fréquents ni sur des bases-vie régulières.
Comment suivre Antoine Clément en direct
Qui est Antoine Clément, le Français qui ose défier François D’Haene ?
Antoine Clément tente actuellement de battre le record de François D’Haene sur le John Muir Trail, aux États-Unis. À 27 ans, ce Français installé à Annecy possède déjà un parcours marqué par les traversées de plusieurs milliers de kilomètres, les records sans assistance et les défis menés loin des courses traditionnelles.
Antoine Clément préfère les aventures aux courses à dossard
Antoine Clément appartient à une génération de traileurs davantage attirés par les FKT, les traversées et les itinéraires sauvages que par les grands circuits internationaux.
Son terrain de jeu commence souvent là où disparaissent les ravitaillements, les arches d’arrivée et les bénévoles. Sur ses projets, le chronomètre reste important, mais il accompagne surtout une aventure construite autour d’un territoire.
Le Français explique choisir seulement deux ou trois grands défis par an. Il privilégie les itinéraires pour lesquels il ressent un véritable attachement. Cette approche l’a conduit sur le Pacific Crest Trail, le GR10, les sommets du Haut-Atlas et désormais le John Muir Trail.
Il a quitté la finance pour se rapprocher des montagnes
Antoine Clément est né le 3 juillet 1999 à Nantes et a grandi à Petit-Mars, en Loire-Atlantique. Son parcours ne le destinait pas directement à devenir un spécialiste des traversées extrêmes.
Il a d’abord travaillé dans la finance avant de quitter cet univers et de s’installer à Annecy. Ce déménagement lui a permis de placer les montagnes au centre de son quotidien et de préparer plus facilement ses projets d’ultra-endurance.
Ce changement de vie traduit assez bien sa manière de fonctionner. Antoine Clément ne construit pas seulement un calendrier sportif : il organise son existence autour des aventures qu’il veut vivre.
Le Pacific Crest Trail a changé sa vie
En 2024, Antoine Clément a traversé l’ouest des États-Unis en suivant le Pacific Crest Trail. L’itinéraire relie la frontière mexicaine au Canada sur environ 4 270 kilomètres et 135 000 mètres de dénivelé positif.
Il a terminé cette traversée en 65 jours.
Pendant plus de deux mois, il a couru au milieu des déserts, des forêts et des montagnes américaines. Cette expérience constitue l’un des projets les plus importants de son parcours. Elle lui a également permis de découvrir une partie du John Muir Trail, dont le tracé se confond sur de longues sections avec celui du Pacific Crest Trail.
Deux ans plus tard, son retour dans la Sierra Nevada possède donc une dimension particulière. Antoine Clément ne découvre pas totalement ces montagnes : il revient sur un territoire qui a déjà transformé sa vie.
Son record du GR10 l’a installé parmi les spécialistes des longues traversées
En 2025, Antoine Clément s’est attaqué au GR10, l’itinéraire qui traverse les Pyrénées entre l’Atlantique et la Méditerranée.
Il a parcouru environ 900 kilomètres et 52 000 mètres de dénivelé positif en 11 jours, 13 heures et 10 minutes, sans assistance. Sa performance a ensuite obtenu son homologation comme meilleur temps connu sur le parcours dans cette catégorie.
Ce record a confirmé sa capacité à gérer un effort pendant plusieurs jours avec une autonomie importante. Sur ce type de défi, la vitesse pure représente seulement une partie de la performance. Il faut aussi organiser le sommeil, l’alimentation, le matériel et les ravitaillements tout en continuant à progresser malgré la fatigue.
En 2026, il a relié onze sommets de plus de 4 000 mètres au Maroc
Antoine Clément a ensuite changé de massif et d’altitude. Au Maroc, il est devenu le premier homme à relier les onze principaux sommets de plus de 4 000 mètres du Haut-Atlas.
Le défi représentait environ 340 kilomètres et 16 000 mètres de dénivelé positif. Il l’a bouclé en 5 jours, 12 heures et 3 minutes.
Ce projet a ajouté une nouvelle dimension à son profil. Après une traversée de plusieurs milliers de kilomètres sur le Pacific Crest Trail et un record sans assistance sur le GR10, il a démontré sa capacité à évoluer sur un itinéraire plus court, mais beaucoup plus montagneux et technique.
Il a encore accéléré après plus de 200 kilomètres en backyard
Quelques semaines avant sa tentative sur le John Muir Trail, Antoine Clément a remporté la Hybrid Ultra Backyard organisée à Apples, en Suisse.
Il a effectué 32 boucles de 6,7 kilomètres, soit un total de 214,4 kilomètres. Sa dernière boucle a surtout marqué les esprits : après plus de 207 kilomètres d’effort, il a parcouru les 6,7 derniers kilomètres en environ 24 minutes.
Cette accélération révèle l’une de ses principales qualités : la patience.
Pendant une backyard, courir plus vite que les autres n’apporte aucun avantage immédiat puisque tous les concurrents repartent au début de l’heure suivante. Antoine Clément a donc économisé son énergie pendant plus de 30 heures avant d’utiliser sa réserve de vitesse lorsque la victoire s’est jouée.
La Barkley reste son grand rêve
Malgré ses records et ses traversées, Antoine Clément conserve un objectif encore inaccessible : participer à la Barkley.
L’ultramarathon américain, organisé dans le Tennessee, sélectionne très peu de participants et entretient volontairement le mystère autour de ses inscriptions. Le Français postule depuis plusieurs années et attend toujours son invitation.
La Barkley correspond parfaitement à son profil : une course presque impossible, une navigation complexe, une autonomie importante et davantage d’abandons que de finishers.
Cette obsession éclaire aussi ses choix actuels. Le GR10, le Haut-Atlas ou le John Muir Trail construisent progressivement l’expérience d’un coureur attiré par les épreuves où terminer possède déjà une valeur considérable.
En résumé, le record paraît perdu, mais la traversée continue
Antoine Clément avait lui-même estimé avant son départ qu’il possédait seulement 1 % de chances de battre François D’Haene. Après cette première journée, son analyse semble malheureusement se confirmer.
Reprendre 32 kilomètres à un coureur du niveau de François D’Haene demanderait une accélération considérable au moment même où l’organisme commence à subir le manque de sommeil, l’altitude et les premières douleurs musculaires.
Cela ne signifie pas que sa tentative va s’arrêter. Antoine Clément peut encore poursuivre sa traversée, rejoindre Yosemite et signer une performance majeure sur plus de 330 kilomètres. Mais la bataille du record paraît déjà presque perdue.
Le prochain enjeu consiste maintenant à observer s’il parvient à stabiliser l’écart ou si celui-ci continue de se creuser au cours de la deuxième journée.
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