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🎧 Après plus de 200 kilomètres dans les jambes, la plupart des coureurs cherchent seulement à continuer d’avancer. Antoine Clément, lui, avait encore de quoi accélérer.
Le Français a remporté la Hybrid Ultra Backyard en Suisse après 214,4 km, avec une dernière boucle courue à une vitesse difficile à imaginer après une telle distance.
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Antoine Clément gagne après 214 km… en gardant une accélération pour la fin
Le principe d’une backyard est aussi simple que cruel : les concurrents doivent parcourir une boucle de 6,7 km toutes les heures. Tant qu’ils terminent dans le délai, ils repartent pour une nouvelle boucle. La course continue jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un coureur capable de repartir et de terminer.
Lors de la Hybrid Ultra Backyard disputée à Apples, en Suisse, Antoine Clément est allé jusqu’à 32 boucles, soit 214,4 km.
Mais le plus impressionnant n’est peut-être pas la distance.
Après avoir déjà parcouru plus de 207 km, il a couvert son ultime boucle de 6,7 km en seulement 24 minutes. Cela correspond à une allure moyenne d’environ 3 min 38 s par kilomètre.
Autrement dit, après plus de 200 km de course, il était encore capable de courir à une vitesse que beaucoup de coureurs amateurs auraient déjà du mal à tenir sur quelques kilomètres frais.
Pendant plus de 200 km, il s’est économisé
Cette dernière boucle donne aussi une autre lecture de sa victoire.
Antoine Clément n’a pas cherché à être le plus rapide pendant les premières heures. En backyard, terminer une boucle rapidement n’apporte d’ailleurs aucun avantage direct : une fois arrivé, le coureur doit simplement attendre le départ suivant.
L’objectif consiste donc davantage à dépenser le moins d’énergie possible.
Pendant une grande partie de la course, Antoine Clément a ainsi semblé gérer son effort, quitte à terminer certaines boucles derrière ses adversaires. Une stratégie qui prend tout son sens lorsqu’on découvre ce qu’il avait encore dans les jambes après 200 km.
Son accélération finale ressemble presque à une démonstration : alors que ses concurrents avaient eux aussi accumulé une distance énorme, il disposait encore d’une réserve de vitesse considérable.
Une façon différente de courir une backyard
La performance rappelle une particularité essentielle de ce format : courir vite n’est pas nécessairement courir mieux.
Sur un trail classique, chaque minute gagnée permet de progresser au classement. Dans une backyard, courir une boucle en 40 minutes plutôt qu’en 50 ne donne aucune avance pour la suivante. Les deux coureurs repartiront exactement à la même heure.
Il faut donc trouver son rythme le plus économique, manger, boire, récupérer quelques minutes et recommencer.
Sur plus de 30 heures, la capacité à rester patient peut devenir aussi importante que les qualités physiques.
Antoine Clément semble avoir poussé cette logique particulièrement loin : accepter de courir doucement pendant plus de 200 km pour être encore capable d’accélérer lorsque la victoire se joue réellement.
Antoine Clément vise désormais le John Muir Trail, aux États-Unis, avec un projet de tentative de FKT, c’est-à-dire de meilleur temps connu sur l’itinéraire.
Le parcours représente environ 359 km en montagne.
Après avoir montré qu’il pouvait encore accélérer au-delà des 200 km, la question ne sera donc bientôt plus seulement de savoir jusqu’où Antoine Clément peut courir, mais combien de temps il peut continuer à courir vite.
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