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🎧 Blandine L’Hirondel vient de remporter l’UTMB 2026 en 21 h 54 min 49 s.
La Française de 35 ans, également gynécologue, boucle les 174 kilomètres et près de 10 000 mètres de dénivelé positif en première position féminine et 26e au classement général. Mais elle dispute cette course avec une pathologie vasculaire qui perturbe sa préparation depuis plusieurs mois : une endofibrose iliaque.
Cette maladie touche une artère située au niveau du bassin et peut limiter le débit sanguin vers la jambe lorsque l’intensité de l’effort augmente. Chez Blandine L’Hirondel, elle devient suffisamment gênante pour nécessiter une intervention chirurgicale, prévue en novembre 2026.
Mais l’endofibrose iliaque présente une particularité : elle concerne principalement les sportifs d’endurance.
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Blandine L’Hirondel souffre d’une endofibrose iliaque
L’endofibrose iliaque est une maladie vasculaire rare caractérisée par une modification progressive de la paroi interne d’une artère iliaque.
Cette évolution peut réduire le diamètre disponible pour la circulation du sang. Au repos ou à faible intensité, le problème peut rester discret. Il devient davantage perceptible lorsque l’athlète augmente son effort et que les muscles réclament davantage d’oxygène.
Les symptômes peuvent alors prendre la forme de douleurs, de crampes, d’une perte de puissance ou d’une sensation de jambe qui ne répond plus normalement lorsque l’intensité augmente.
C’est précisément ce type de contrainte avec lequel Blandine L’Hirondel compose avant et pendant l’UTMB.
L’Équipe indique que sa pathologie l’oblige notamment à contrôler sa vitesse afin de conserver un débit sanguin compatible avec le rétrécissement de son artère.
Une maladie particulièrement associée aux sports d’endurance
L’endofibrose iliaque ne ressemble pas aux maladies artérielles habituellement associées à l’âge ou à l’athérosclérose.
Elle apparaît au contraire chez des personnes souvent jeunes, très entraînées et sans les facteurs de risque cardiovasculaire classiques.
Une revue scientifique publiée en 2025 analyse 43 études portant sur 443 athlètes atteints d’endofibrose iliaque. Les auteurs soulignent que cette pathologie concerne principalement les sportifs d’endurance, avec une représentation particulièrement importante des cyclistes.
Une autre revue consacrée à la maladie la décrit également comme une affection artérielle rare rencontrée chez les sportifs de haut niveau pratiquant des disciplines d’endurance, en particulier le cyclisme et le triathlon.
Ce lien avec l’endurance s’explique notamment par les contraintes considérables imposées au système vasculaire pendant des milliers d’heures d’entraînement.
Chez le cycliste, la répétition de la flexion de hanche est régulièrement évoquée dans les mécanismes susceptibles de favoriser la maladie. Mais l’endofibrose peut également concerner d’autres disciplines où le débit cardiaque et les sollicitations vasculaires restent très élevés pendant de longues périodes.
Pourquoi cette maladie peut passer longtemps inaperçue
L’une des difficultés de l’endofibrose iliaque tient à son caractère très spécifique à l’effort.
Un sportif peut fonctionner normalement au repos et présenter des symptômes essentiellement lorsqu’il approche de fortes intensités. Certains examens réalisés dans des conditions classiques peuvent donc ne montrer qu’une anomalie limitée.
Une étude consacrée au diagnostic de l’endofibrose chez les sportifs d’endurance relève ainsi un délai médian d’environ trois ans entre les premiers symptômes et l’établissement du diagnostic dans les cas étudiés.
Les médecins utilisent notamment des mesures réalisées après un effort maximal, l’échographie Doppler ou différentes techniques d’imagerie vasculaire pour rechercher une diminution du débit sanguin.
Chez un coureur de haut niveau, une baisse de performance ou une douleur d’une seule jambe peut facilement être attribuée dans un premier temps à un problème musculaire, tendineux ou nerveux.
L’origine est pourtant parfois vasculaire.
Blandine L’Hirondel connaît déjà cette pathologie
Le cas de Blandine L’Hirondel est d’autant plus particulier qu’il ne s’agit pas de sa première confrontation avec l’endofibrose.
Selon L’Équipe, elle présente déjà cette pathologie auparavant sur l’autre jambe.
Cette fois, le problème perturbe directement sa préparation de l’UTMB. Début juillet, sa participation à la course reste même incertaine en raison de cette atteinte vasculaire.
Elle prend pourtant le départ à Chamonix le 28 août. Et elle gagne.
Au fil des 174 kilomètres, Blandine L’Hirondel prend la tête de la course féminine autour du lac Combal, après environ 70 kilomètres, puis creuse progressivement l’écart. Elle rejoint Chamonix en 21 h 54 min 49 s, première femme et 26e du classement scratch.
L’ultra-trail lui permet paradoxalement de mieux gérer son problème
La victoire de Blandine L’Hirondel ne signifie pas que son endofibrose disparaît pendant l’UTMB.
La particularité de sa pathologie permet toutefois de comprendre pourquoi elle peut rester très compétitive sur un effort de près de 22 heures alors qu’elle éprouve davantage de difficultés lorsque l’intensité augmente fortement.
L’endofibrose limite surtout le débit lorsque la demande musculaire devient importante. Or l’ultra-trail se court à une intensité bien inférieure à celle d’un 10 km, d’un semi-marathon ou d’une course courte de trail.
Blandine L’Hirondel doit donc rester dans une zone où son système vasculaire parvient encore à répondre suffisamment aux besoins de sa jambe.
Cela ne rend pas la performance plus facile. Au contraire, cette contrainte lui interdit en quelque sorte de jouer avec les accélérations et lui impose une gestion extrêmement régulière de l’effort.
Sur un 100 miles, cette prudence devient finalement compatible avec l’une des grandes règles de l’ultra : économiser énormément au départ pour continuer à avancer lorsque les autres commencent à ralentir.
Une opération prévue en novembre
Sa victoire à Chamonix clôt en revanche sa saison 2026.
Blandine L’Hirondel annonce qu’elle se fait opérer de son endofibrose iliaque en novembre, environ deux à trois mois après son succès sur l’UTMB.
Chez les athlètes qui souhaitent continuer à pratiquer leur sport à haut niveau, la chirurgie constitue l’une des principales options lorsque la limitation du débit devient importante.
Une revue scientifique récente indique que l’endartériectomie associée à une reconstruction de l’artère reste l’approche privilégiée chez les sportifs souhaitant poursuivre la compétition, avec de meilleurs résultats à long terme que certaines techniques endovasculaires.
Une étude portant sur 68 sportifs d’endurance opérés retrouve par ailleurs une diminution persistante des symptômes chez plus de 90 % des patients suivis à long terme.
Ces données générales ne permettent évidemment pas de prévoir le protocole exact ni les délais de récupération de Blandine L’Hirondel, qui dépendent de sa situation médicale et de la technique retenue.
En résumé, l’endofibrose, une maladie à connaître chez les coureurs d’endurance
Le cas de Blandine L’Hirondel met surtout en lumière une pathologie encore peu connue dans le monde du trail.
Une douleur de jambe qui apparaît systématiquement lorsque l’intensité augmente ne vient pas nécessairement d’un muscle ou d’un tendon. Chez les sportifs d’endurance très entraînés, une origine vasculaire fait également partie des diagnostics possibles.
L’endofibrose iliaque reste rare, mais elle présente justement cette particularité étonnante : elle touche préférentiellement des sportifs dont le système cardiovasculaire est pourtant extrêmement performant.
Blandine L’Hirondel en donne aujourd’hui une illustration spectaculaire.
Elle remporte l’UTMB avec cette pathologie.
Puis, sa saison terminée, elle passe au traitement de ce qui constitue depuis plusieurs mois l’un de ses principaux freins physiologiques.
Sources
L’Équipe, 29 août et 31 août 2026 ; Le Monde, 29 août 2026 ; revue scientifique Diagnostic Approach and Management of Iliac Artery Endofibrosis in Athletes, 2025 ; Journal of Vascular Surgery, étude sur les résultats chirurgicaux chez les sportifs d’endurance, 2023.
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