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Stéphanie Gicquel est une athlète française spécialiste de l’ultra-endurance, plusieurs fois championne de France et détentrice du record de France des 24 heures sur route avec 253,6 kilomètres parcourus. Également engagée en ultra-trail, elle compte notamment plusieurs victoires sur le Grand Raid 175 km de l’Ultra Marin.
Dans une récente chronique publiée pour Ouest-France, où elle intervient régulièrement sur les sujets liés au running et au trail, elle s’est intéressée à la place prise par les réseaux sociaux et les créateurs de contenu dans le sport de haut niveau.
🎥 Écouter la chronique de Stéphanie Gicquel pour Ouest-France
Son constat : la course à la visibilité et aux abonnés pousse désormais certains athlètes à adopter les codes des influenceurs, avec des conséquences possibles sur la qualité des contenus qu’ils proposent, mais aussi sur leur charge mentale.
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Dans le trail et le running, la visibilité sur les réseaux sociaux pèse désormais lourd dans la carrière des athlètes. Stéphanie Gicquel vient de mettre des mots sur cette évolution, en pointant un système qui pousse parfois les sportifs de haut niveau à adopter les codes des créateurs de contenu pour rester visibles et financer leur pratique.
Le phénomène est devenu difficile à ignorer. Dans le trail comme dans le running, certains créateurs de contenu peuvent bénéficier d’une visibilité considérable, attirer des partenaires et générer des revenus grâce aux réseaux sociaux, parfois sans disposer du palmarès des meilleurs athlètes.
Dans une chronique diffusée par Ouest-France, Stéphanie Gicquel s’est exprimée sur cette transformation du sport d’endurance et sur les conséquences qu’elle peut avoir pour les sportifs de haut niveau.
Conséquences de l’avènement des influenceurs dans le trail et dans le rining selon Stéphanie Gicquel
conséquence n°1 : les athlètes sont poussés à copier les créateurs de contenu et les influenceurs dans le trail
Selon elle, une nouvelle forme de concurrence s’est installée entre deux univers qui fonctionnent pourtant selon des logiques différentes : celui du sport de haut niveau et celui de la création de contenu.
La visibilité, le nombre d’abonnés et la capacité à produire régulièrement des vidéos ou des publications comptent désormais dans la relation avec les marques.
Stéphanie Gicquel observe que certains créateurs de contenu à temps plein peuvent ainsi être mieux rémunérés et davantage exposés dans les médias traditionnels que des sportifs de haut niveau.
Une situation qui peut devenir difficile à vivre pour ces derniers.
La Française estime que certains athlètes sont alors tentés de reproduire les codes des influenceurs afin d’augmenter leur audience et leur visibilité.
Son propos comporte une nuance importante.
Stéphanie Gicquel considère que les créateurs de contenu ne prennent pas réellement la place des sportifs de haut niveau, tout simplement parce qu’ils n’exercent pas la même activité et ne touchent pas forcément le même public.
Son interrogation porte davantage sur les conséquences de ce nouvel environnement pour les champions eux-mêmes.
Un athlète qui souhaite développer sa visibilité doit désormais filmer, publier, parler face caméra, montrer ses entraînements et alimenter régulièrement ses différentes plateformes.
Une activité qui peut progressivement devenir un travail à part entière.
conséquence n°2 : le contenu proposé aux internautes s’appauvrit
Les contenus des champions étaient parfois plus intéressants auparavant
Stéphanie Gicquel fait également une comparaison avec les réseaux sociaux des années 2010.
Elle se souvient notamment de publications de sportifs de haut niveau consacrées au renforcement musculaire, à la préparation physique ou aux méthodes d’entraînement. Des contenus directement nourris par leur expérience et dont les pratiquants pouvaient tirer des enseignements concrets.
Selon elle, ce type de publication est aujourd’hui devenu plus rare.
La recherche de visibilité peut pousser les athlètes à privilégier des formats ressemblant davantage à ceux des créateurs de contenu professionnels, au risque de moins transmettre ce qui constitue pourtant leur principale richesse : leur expérience du très haut niveau.
Pour les pratiquants de trail, le paradoxe est intéressant. Les meilleurs coureurs disposent d’une quantité considérable de connaissances sur l’entraînement, la récupération, la nutrition ou la gestion d’un ultra, mais les contenus les plus techniques ne sont pas nécessairement ceux qui génèrent le plus d’audience.
conséquence n°3 : la charge mentale des traileurs professionnels augmente
La création de contenu devient une charge mentale supplémentaire pour les traileurs professionnels
C’est probablement le point le plus intéressant de son intervention.
Stéphanie Gicquel estime que cette production permanente de contenu peut représenter une importante charge mentale pour les sportifs.
Elle se demande même si exercer un métier complètement extérieur au sport ne pourrait parfois demander moins d’énergie que de devoir continuellement transformer ses entraînements, ses courses et sa vie quotidienne en contenus destinés aux réseaux sociaux.
La réflexion prend une dimension particulière dans l’ultra-trail, où de nombreux athlètes continuent déjà à travailler parallèlement à leur carrière sportive.
Dans un trail professionnel où les revenus liés directement aux performances restent limités, la visibilité numérique devient ainsi une composante de plus en plus importante de la relation avec les sponsors.
En résumé, c’est une très bonne nouvelle car pour Stéphanie Gicquel, le modèle pourrait ne pas durer
Stéphanie Gicquel va finalement plus loin en estimant que la création de contenu constitue actuellement une manière de financer le running de haut niveau et l’ultra-trail élite, mais qu’il pourrait simplement s’agir d’une mode.
La raison avancée est précisément cette charge mentale et le temps considérable nécessaires pour alimenter continuellement les réseaux sociaux.
Elle estime donc que d’autres modèles devront probablement émerger.
Son intervention pose une question de fond pour le trail professionnel : est-ce encore aux performances sportives de créer la visibilité des champions, ou les champions doivent-ils désormais devenir eux-mêmes influenceurs pour pouvoir financer leurs performances ?
Une question qui dépasse largement Instagram, TikTok ou YouTube et qui touche directement au modèle économique du trail de haut niveau.
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