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🎧 Le Festival des Templiers vient de publier un long manifeste consacré à « l’avenir du trail », dans lequel l’organisation s’interroge sur la croissance des grandes compétitions et leur compatibilité avec les enjeux environnementaux.
Un discours qui aurait pu faire consensus. Sauf qu’une partie des internautes a immédiatement retourné la question contre les Templiers eux-mêmes : peut-on vraiment dénoncer les dérives du trail de masse lorsque l’on organise soi-même l’un des plus grands rassemblements de la discipline ?
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Les Templiers s’interrogent sur l’avenir des très gros trails
Le point de départ du texte publié par les Templiers est la semaine de l’UTMB.
L’organisation estime que la séquence chamoniarde a marqué les esprits, autant par sa réussite sportive et populaire que par les critiques environnementales auxquelles l’événement a été confronté. Elle pose alors une question beaucoup plus large : les compétitions réunissant plusieurs milliers de coureurs et de spectateurs peuvent-elles continuer à fonctionner de la même manière dans un contexte climatique et environnemental de plus en plus tendu ?
Les Templiers identifient plusieurs phénomènes qui rendent désormais le trail particulièrement exposé : sa forte croissance, le développement de son économie, sa médiatisation et son impact potentiel sur les milieux naturels.
L’idée n’est donc pas officiellement de condamner les grandes courses ni même de promettre des événements sans aucune empreinte. Les organisateurs reconnaissent d’ailleurs explicitement que leur propre festival aura toujours un impact. Leur ambition affichée consiste plutôt à le réduire progressivement et à mesurer les progrès accomplis.
Ils défendent ainsi un modèle qu’ils présentent comme un trail de « terroir », davantage connecté aux territoires traversés, au monde rural et à la préservation des Grands Causses.
Mais les internautes renvoient immédiatement les Templiers à leur propre taille
C’est précisément ici que le manifeste commence à coincer pour certains lecteurs.
Car lorsqu’un des plus importants festivals français explique que la croissance du trail et les manifestations réunissant des milliers de personnes doivent être questionnées, une interrogation apparaît naturellement : jusqu’où les Templiers sont-ils eux-mêmes prêts à aller ?
Dans les commentaires, un internaute résume le problème avec deux chiffres qu’il avance pour comparer les deux événements : 18 courses et 13 000 participants pour les Templiers, contre huit courses et 12 000 participants pendant la semaine de l’UTMB. Il ironise ensuite sur le fait que l’UTMB concentrerait une grande partie des critiques adressées au trail moderne.
Ces données, avancées dans les commentaires et non vérifiées ici indépendamment, permettent surtout de comprendre la réaction : aux yeux de ces internautes, les Templiers ne regardent pas le phénomène du gigantisme depuis l’extérieur. Ils en font eux-mêmes partie.
Un autre commentaire va jusqu’à qualifier la situation de « l’hôpital qui se fout de la charité ».
« Moins de dossards ? Moins de courses ? »
C’est probablement la critique la plus intéressante adressée au manifeste.
Certains internautes ne contestent même pas le diagnostic écologique des Templiers. Ils demandent simplement quelles conséquences concrètes l’organisation est prête à en tirer.
L’un d’eux pose frontalement les questions : moins de dossards ? Moins de courses ? Moins d’assistance ? Il reproche surtout aux Templiers de pointer les problèmes soulevés autour de l’UTMB alors qu’ils constituent eux-mêmes une organisation majeure du trail français.
Autrement dit, réduire les gobelets, améliorer le recyclage ou favoriser des produits locaux constitue une démarche relativement consensuelle. Réduire réellement la taille d’un événement est beaucoup plus compliqué.
Car cela implique potentiellement moins de coureurs, moins d’épreuves et donc un changement profond du modèle économique.
Un autre internaute défend justement cette solution radicale : selon lui, limiter l’impact des courses suppose de diminuer à la fois le nombre de participants et le nombre d’épreuves.
En résumé, c’est le paradoxe du « trail terroir »
Les Templiers défendent pourtant une position plus nuancée que celle que certains commentaires leur prêtent.
Le festival ne prétend pas devenir une organisation sans impact. Il explique vouloir progresser autour de trois axes : faire évoluer ses pratiques malgré son ancienneté, considérer les Grands Causses comme un patrimoine dont les organisateurs sont temporairement les invités et associer coureurs, bénévoles, collectivités, partenaires et monde rural à cette transformation.
Le problème est ailleurs.
Plus un événement grossit, plus il devient difficile de défendre simultanément une identité intimiste, territoriale et proche d’un trail originel.
C’est ce paradoxe qui ressort très fortement des commentaires.
Un internaute interpelle ainsi directement les Templiers sur leur volonté affichée de promouvoir un trail « terroir et durable », tout en leur reprochant le fonctionnement commercial de leurs inscriptions et notamment, selon lui, le manque de visibilité préalable sur leurs tarifs.
Un autre leur reproche de se placer implicitement en opposition avec l’UTMB, en donnant l’impression que les Templiers représenteraient le bon modèle face à celui de Chamonix.
C’est peut-être là que leur manifeste devient réellement intéressant.
La question du gigantisme ne concerne plus uniquement l’UTMB.
Le succès du trail a fait émerger des événements capables de réunir plusieurs milliers de coureurs, des accompagnants, des spectateurs, des partenaires commerciaux et une couverture médiatique importante. Et dès lors que l’on estime que cette croissance doit être interrogée, aucune grande organisation ne peut totalement rester en dehors du débat.
UTMB compris.
Templiers compris.
Le véritable enjeu sera donc moins de savoir qui possède le modèle le plus vertueux que de regarder quelles décisions concrètes seront prises dans les prochaines années.
Car proclamer qu’un autre trail est souhaitable reste relativement simple. La question devient beaucoup plus délicate lorsqu’il faut déterminer jusqu’où une grande organisation est prête à réduire sa propre croissance pour y parvenir.
Et c’est exactement ce que les internautes viennent de demander aux Templiers.
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