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🎧 Face aux déclarations de M. Peillex : deux scénarios de tracé pour un UTMB sans Saint-Gervais
Alors que la semaine de l’UTMB se termine, les déclarations de Jean-Marc Peillex concernant l’organisation et le passage de l’épreuve à Saint-Gervais continuent de faire réagir. Entre menaces d’interdiction de passage sur le territoire communal et critiques adressées aux pratiquants d’ultra-trail, les prises de position réitérées du maire font désormais planer l’hypothèse d’un conflit autour du passage de l’épreuve sur le territoire communal. Une question s’impose alors : l’UTMB pourrait-il réellement continuer à exister en contournant Saint-Gervais ? Nous avons étudié plusieurs alternatives cartographiques possibles.
Rappel des faits – Des déclarations qui interrogent
« La commune de Saint-Gervais est aux côtés des sportifs, des vrais sportifs, c’est-à-dire ceux qui ne font pas du sport que quelques heures dans leur vie ou quelques jours dans leur vie pour leur image. »
Cette déclaration de Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais-les-Bains, en pleine semaine de l’UTMB, illustre les critiques particulièrement sévères formulées ces derniers jours par l’élu à propos de l’ultra-trail et de certains de ses pratiquants.
Accusant également notre média d’« obéir au doigt et à l’œil des organisateurs de l’UTMB » après nos récents articles relayant ses prises de position, l’élu a ensuite affirmé que l’accord de Saint-Gervais constituait selon lui une condition indispensable au maintien du passage de la course, en rappelant que le territoire communal ne se limite pas au centre-ville mais comprend également notamment le col de Voza, Bionnassay ou Le Champel.

Cette évolution du discours ne manque pas de nous surprendre. Juste avant le début de la semaine de l’UTMB, Jean-Marc Peillex appelait en effet la population locale à venir encourager et soutenir les coureurs lors de leur passage à Saint-Gervais.

Ses déclarations très critiques sur certains pratiquants d’ultra-trail interrogent également au regard de l’importance prise par le tourisme sportif sur le territoire. Un projet d’hôtel 4 étoiles notamment tourné vers une clientèle sportive est parallèlement développé sur la commune.
La cohérence entre ces différentes prises de position mérite donc d’être questionnée.
Une interdiction totale : ce que dit réellement le droit
La situation juridique est plus nuancée qu’un simple « accord du maire = UTMB » ou « refus du maire = plus d’UTMB ».
L’article R.331-10 du Code du sport prévoit que les manifestations sportives avec classement, chronométrage ou horaire fixé à l’avance font l’objet d’une déclaration auprès de l’autorité administrative compétente. Lorsque l’épreuve se déroule sur plusieurs communes d’un même département, cette déclaration est déposée auprès du préfet. Lorsqu’elle arrive en France depuis l’étranger, comme c’est le cas de l’UTMB lors de son retour de Suisse, le texte prévoit une déclaration auprès du préfet du département d’entrée en France.
Le maire conserve néanmoins d’importants pouvoirs sur son territoire, notamment en matière de police municipale et, selon les voies concernées, de circulation. Une occupation particulière du domaine public communal peut également nécessiter une autorisation.
<strong>Cela ne signifie cependant pas qu’une interdiction générale pourrait être décidée sans justification. Toute mesure de police devrait reposer sur des motifs relevant des compétences de l’autorité concernée et pourrait, en cas de contestation, être soumise au contrôle du tribunal administratif. Le juge administratif contrôle notamment que les restrictions de police sont adaptées, nécessaires et proportionnées aux risques invoqués.</strong>
Autrement dit, affirmer publiquement que « sans son accord = plus d’UTMB » est une chose ; déterminer juridiquement jusqu’où pourrait aller une éventuelle interdiction en est une autre.
Deux scénarios pour contourner Saint-Gervais
À ce stade, il ne s’agit évidemment ni de projets de l’organisation de l’UTMB ni de parcours homologués. L’objectif est simplement de regarder la carte et de déterminer si, géographiquement, Saint-Gervais constitue ou non un passage absolument incontournable pour une grande épreuve autour ou au pied du massif du Mont-Blanc.
Option 1 – Le Grand Contournement Nord-Ouest (Servoz, Passy, Combloux, Megève)

Le tracé serait toujours avec un départ de Chamonix, mais plutôt que de bifurquer vers Les Houches et le col de Voza, le parcours descendrait le long de la vallée de l’Arve en direction de Servoz, avant de rejoindre Passy. Les coureurs basculeraient ensuite vers la vallée de l’Arly en passant par Combloux puis Megève, avant d’arriver dans le haut du val Montjoie à Notre-Dame-de-la-Gorge aux Contamines-Montjoie sans jamais passer sur les sentiers saint-gervolains.
Cet itinéraire offrirait un tracé un peu plus long, mais passer par des sommets tels que Rochebrune ou l’Aiguille Croche avant de redescendre sur le ravitaillement des Contamines offrirait des points de vues à 360 degrés sur les massifs alentours, avec la chaine du Mont Blanc en décor de fond. Cela apporterait une dimension d’endurance supplémentaire, et plusieurs de ces communes voisines seraient probablement ravies d’accueillir la prestigieuse épreuve et ses retombées économiques sur leur territoire.
Option 2 – Imaginer un UTMB 100 % italien au départ de Courmayeur
Courmayeur n’est pas un terrain inconnu pour l’UTMB. La ville italienne accueille déjà le départ de plusieurs courses emblématiques de la semaine UTMB, notamment la TDS et l’ETC.
Dans cette configuration beaucoup plus radicale, la course reine renoncerait au tour complet du Mont-Blanc passant par la France, l’Italie et la Suisse pour devenir un ultra entièrement tracé sur le versant italien du massif.
La course pourrait notamment s’inspirer de certains secteurs utilisés par le « Gran Trail Courmayeur », dont le format le plus long atteint déjà 100 kilomètres. Les secteurs du lac Combal, du Val Veny et du Val Ferret offrent également un immense réseau de sentiers de montagne permettant d’imaginer une boucle beaucoup plus vaste autour de Courmayeur.
Une telle configuration bouleverserait évidemment l’identité historique de l’UTMB, puisque la course reine ne réaliserait plus le tour du Mont-Blanc à travers trois pays. Elle montre néanmoins qu’un ultra de très longue distance pourrait théoriquement être imaginé autour de Courmayeur et sur le versant italien du massif.
Courmayeur entretient de toute façon un lien géographique et historique évident avec le massif du Mont-Blanc, et une épreuve disputée entièrement côté italien conserverait celui-ci comme décor permanent.
Là encore, il s’agit uniquement d’un scénario cartographique. Sa faisabilité sportive, environnementale, foncière et administrative devrait évidemment faire l’objet d’études approfondies avant de pouvoir envisager une course accueillant plusieurs milliers de participants.
En résumé, multiplier les déclarations critiques envers les pratiquants d’ultra-endurance tout en évoquant la possibilité d’empêcher l’UTMB de traverser Saint-Gervais dessine une position que nous avons du mal à comprendre.
Mais sur un point, la géographie alpine laisse davantage de possibilités que ne le laisse entendre la formule « sans Saint-Gervais = plus d’UTMB ». Les deux scénarios présentés ici ne constituent évidemment ni des parcours homologués ni des projets de l’organisation : ils montrent simplement que d’autres configurations pourraient être étudiées.
Si le dialogue entre les collectivités et l’organisation devait un jour échouer, ce seraient alors les autorités compétentes, les propriétaires et les organisateurs qui devraient déterminer si un parcours alternatif est juridiquement, environnementalement et techniquement réalisable.
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