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đ§ En plein UTMB, Jean-Marc Peillex, le maire de Saint-Gervais, provoque les traileurs
La sĂ©quence a surpris en plein direct. Ce vendredi 28 aoĂ»t, alors que la CCC approchait de son dĂ©nouement et que la course fĂ©minine restait trĂšs disputĂ©e, le live officiel de lâUTMB a diffusĂ© un magnĂ©to consacrĂ© Ă Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais. Une prise de parole qui sâinscrit dans plusieurs annĂ©es de critiques contre lâĂ©volution de lâUTMB, mais qui a aussi fait rĂ©agir lorsquâil a Ă©tĂ© question de traileurs qui courraient seulement quelques jours dans lâannĂ©e pour leur image.
Donner la parole aux maires des communes traversĂ©es fait partie du dispositif de lâUTMB
LâUTMB, pour Ultra-Trail du Mont-Blanc, est le grand rendez-vous annuel du trail autour du massif du Mont-Blanc.
LâĂ©dition 2026 se dĂ©roule du 24 au 30 aoĂ»t entre la France, lâItalie et la Suisse. Plusieurs courses sont organisĂ©es pendant toute la semaine, dont la TDS, lâOCC, la CCC et enfin lâUTMB, lâĂ©preuve reine.
Ce vendredi 28 aoĂ»t, la journĂ©e est particuliĂšrement chargĂ©e : la CCC est partie de Courmayeur Ă 9 heures, tandis que le dĂ©part de lâUTMB est programmĂ© dans la soirĂ©e Ă Chamonix. Lâorganisation annonçait les premiĂšres arrivĂ©es fĂ©minines de la CCC autour de 20 h 45.
Autrement dit, au moment oĂč le magnĂ©to consacrĂ© au maire de Saint-Gervais a Ă©tĂ© diffusĂ©, beaucoup de spectateurs regardaient le direct avant tout pour suivre la course.
La prĂ©sence dâun maire dans le live nâa, en soi, rien dâĂ©tonnant.
LâUTMB traverse plusieurs communes et plusieurs pays. Les directs consacrent rĂ©guliĂšrement des sĂ©quences aux territoires, aux bĂ©nĂ©voles, aux responsables locaux et aux Ă©lus des villes traversĂ©es.
Saint-Gervais joue dâailleurs un rĂŽle important sur le parcours de lâUTMB. La course traverse le centre de la commune avant de poursuivre en direction des Contamines.
Jean-Marc Peillex lui-mĂȘme rappelle cette importance territoriale : dans un entretien publiĂ© cette semaine, il explique avoir demandĂ© que lâUTMB traverse le bourg de Saint-Gervais afin que la commune bĂ©nĂ©ficie elle aussi du passage de lâĂ©vĂ©nement. (Sport StratĂ©gies)
Le problĂšme vendredi soir venait donc moins de la prĂ©sence du maire Ă lâĂ©cran que du moment choisi et du contenu de son intervention.
Jean-Marc Peillex profite de cette séquence pour relancer ses critiques contre le trail
Le magnĂ©to tombe au moment oĂč la CCC fĂ©minine se dĂ©noue
Câest ce qui a immĂ©diatement fait rĂ©agir une partie des spectateurs.
Alors que la CCC féminine entrait dans une phase décisive, le direct a basculé sur une séquence institutionnelle consacrée à Saint-Gervais et à son maire.
Pour un spectateur venu suivre la compĂ©tition, le contraste Ă©tait Ă©vident : dâun cĂŽtĂ©, une grande course internationale encore indĂ©cise ; de lâautre, un entretien politique et territorial au contenu trĂšs critique vis-Ă -vis du trail et de lâUTMB.
Ă cela sâajoute le fond mĂȘme de la prise de parole de Jean-Marc Peillex.
Une sortie qui a immédiatement fait réagir les traileurs
Le fond rejoint trÚs clairement les déclarations faites cette semaine par Jean-Marc Peillex dans Sport Stratégies.
Le maire de Saint-Gervais y critique la croissance de lâUTMB, passĂ© selon lui dâune Ă©preuve de quelques centaines de participants Ă un Ă©vĂ©nement rĂ©unissant environ 10 000 coureurs.
Surtout, il Ă©voque des participants en quĂȘte de « notoriĂ©tĂ© personnelle et dâimage ».
Dans la sĂ©quence diffusĂ©e vendredi soir, le propos a Ă©tĂ© compris par plusieurs spectateurs comme une maniĂšre de prĂ©senter les traileurs comme des pratiquants qui apparaissent seulement quelques jours dans lâannĂ©e Ă lâoccasion des grandes courses.
Câest cette gĂ©nĂ©ralisation qui a provoquĂ© les rĂ©actions.
Jean-Marc Peillex critique lâUTMB et certaines pratiques du trail depuis plusieurs annĂ©es
Avant de revenir sur la sĂ©quence diffusĂ©e ce vendredi soir pendant le live de lâUTMB, il faut rappeler que les propos de Jean-Marc Peillex sâinscrivent dans une histoire beaucoup plus longue.
Depuis prĂšs de vingt ans, le maire de Saint-Gervais dĂ©fend une ligne constante de rĂ©gulation du Mont-Blanc, dâabord au nom de la sĂ©curitĂ©, de la frĂ©quentation et de la protection du massif.
Ă partir de 2017, ses prises de position commencent Ă viser explicitement certaines pratiques du trail et de lâultra-trail, notamment lorsquâelles sont transposĂ©es Ă la haute montagne.
Puis, Ă partir de 2022, lâUTMB devient une cible directe de ses critiques : empreinte carbone, nombre de courses, croissance du nombre de participants, sport-business, financement public, rĂ©partition des retombĂ©es Ă©conomiques et, plus rĂ©cemment, gouvernance du massif.
Son discours ne se rĂ©sume donc pas Ă une opposition au trail ou Ă lâultra-trail en eux-mĂȘmes : il a dâailleurs affirmĂ© en 2022 que « lâultra-trail, câest une belle course ».
Mais au fil des annĂ©es, ses formules sont devenues de plus en plus offensives, aussi bien contre certains traileurs que contre le modĂšle pris par lâUTMB.
Le tableau ci-dessous permet de mesurer cette évolution et de replacer sa sortie de 2026 dans une chronologie beaucoup plus large.
Les principales dĂ©clarations de Jean-Marc Peillex sur le trail et lâUTMB
| Année | Ce que dit Jean-Marc Peillex | Cible | Pourquoi cela fait réagir |
|---|---|---|---|
| 2017 | Certains pratiquants « confondent lâascension du Mont-Blanc avec un ultra-trail ». Il dit aussi avoir « bien Ă©videmment refusĂ© » un projet dâultra-trail jusquâau sommet. | Trail / ultra-trail | PremiĂšre critique documentĂ©e oĂč le trail devient explicitement un contre-modĂšle de lâalpinisme sur le Mont-Blanc. |
| 2018 | « Des trailers qui montent en short et baskets, il y en a tous les jours. » | Traileurs | Il dĂ©signe directement les trailers dans son discours sur la sĂ©curitĂ© et lâĂ©quipement en haute montagne. |
| 2018 | Il veut « restituer cette ascension mythique aux vrais alpinistes » et parle de « bouffons » prĂ©sents sur le Mont-Blanc. | Pratiquants du Mont-Blanc | Le vocabulaire oppose les « vrais » pratiquants Ă ceux quâil considĂšre comme insuffisamment lĂ©gitimes ou prĂ©parĂ©s. |
| 2022 | Il dĂ©nonce « les nombreuses courses de lâUltra-Trail du Mont-Blanc au bilan carbone catastrophique ». | UTMB | PremiĂšre attaque nominative contre lâUTMB retrouvĂ©e dans le corpus : nombre de courses, frĂ©quentation, accompagnants et empreinte environnementale. |
| 2022 | Il affirme cependant : « Lâultra-trail, câest une belle course », avant dâajouter quâ« il faut mettre une limite ». | ModĂšle UTMB / ultra-trail de masse | Nuance importante : il ne condamne alors pas lâultra-trail en lui-mĂȘme, mais sa croissance et son organisation Ă grande Ă©chelle. |
| 2024 | « En tant que commune, il mâest interdit de financer une entreprise commerciale. » | UTMB Group | La critique bascule du terrain environnemental vers le modĂšle Ă©conomique et les relations entre collectivitĂ©s et entreprise privĂ©e. |
| 2025 | Il demande : « quand les traileurs courent en regardant leur montre et ignorent les paysages ? » | Traileurs | Lâune de ses critiques les plus directes contre la culture du trail : chrono, montre et rapport au paysage. |
| 2025 | Il estime que, concernant lâUTMB, « on est au bout du bout » et parle dâune « grande fiesta urbaine ». | UTMB | Il dĂ©crit un Ă©vĂ©nement devenu, selon lui, trop gros et trop Ă©loignĂ© dâune course de montagne traditionnelle. |
| 2026 | « Le drame de la nature, câest quâon y met des gens qui vont y courir, y marcher, sans en connaĂźtre les codes. » | Traileurs / randonneurs / pratiquants outdoor | La critique sâĂ©largit : elle vise dĂ©sormais les personnes qui frĂ©quentent la nature sans en maĂźtriser, selon lui, les rĂšgles et les usages. |
| 2026 | « Le seuil est dĂ©passĂ© depuis de trĂšs nombreuses annĂ©es. » | UTMB | Il considĂšre dĂ©sormais ouvertement que lâĂ©vĂ©nement a dĂ©passĂ© une taille acceptable. |
| 2026 | Il veut « dĂ©gonfler le mammouth business quâest devenue lâentreprise UTMB Mont-Blanc ». | UTMB Group | Sa critique devient frontalement Ă©conomique : gigantisme et transformation de la course en business international. |
| 2026 | Il accuse lâUTMB de vouloir « rĂ©aliser une OPA sur le massif ». | UTMB / gouvernance du Mont-Blanc | La confrontation devient territoriale : derriĂšre la course, il pose la question de savoir qui contrĂŽle lâimage, les retombĂ©es et lâusage du massif. |
Infographie : dix ans de dĂ©clarations sur le trail et lâUTMB

Cette sortie ne tombe donc pas de nulle part.
DÚs 2022, Jean-Marc Peillex avait adressé une lettre au président Emmanuel Macron pour dénoncer la fréquentation croissante du massif et la multiplication des événements outdoor.
LâUTMB Ă©tait directement visĂ©.
Il reprochait notamment Ă lâĂ©vĂ©nement son dĂ©veloppement continu, le nombre de participants et dâaccompagnants, ainsi que son impact environnemental. Il estimait alors quâil fallait davantage rĂ©guler les grands Ă©vĂ©nements sportifs organisĂ©s en montagne. (Outside)
Sa position Ă©tait toutefois plus nuancĂ©e quâune opposition au trail lui-mĂȘme. Dans le mĂȘme entretien de 2022, Jean-Marc Peillex qualifiait lâultra-trail de « belle course » et les sportifs de « magnifiques », tout en rĂ©clamant des limites Ă la croissance de lâĂ©vĂ©nement. (Outside)
En 2025, il critiquait dĂ©jĂ lâUTMB⊠dans le live de lâUTMB
La situation de vendredi possĂšde mĂȘme un prĂ©cĂ©dent presque identique.
Lors de lâĂ©dition 2025, Jean-Marc Peillex avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© interrogĂ© par le mĂ©dia officiel de lâUTMB.
La question portait alors sur les mobilitĂ©s douces mises en place Ă Saint-Gervais. Le maire avait profitĂ© de lâintervention pour revenir sur ce quâil considĂšre comme les dĂ©rives du sport-business et dire quâil souhaitait un UTMB moins tournĂ© vers la finance.
Un an plus tard, lâorganisation lui redonne donc la parole. Jean-Marc Peillex continue Ă dĂ©fendre la mĂȘme ligne.
En 2026, il estime que lâUTMB est devenu un « mastodonte »
Son entretien publié le 24 août 2026 par Sport Stratégies permet de mesurer le niveau actuel de tension.
Jean-Marc Peillex estime que le seuil acceptable a Ă©tĂ© dĂ©passĂ© depuis plusieurs annĂ©es. Il reproche aux organisateurs dâavoir augmentĂ© le nombre de courses et de participants et dĂ©crit lâUTMB actuel comme un « mastodonte » de 10 000 coureurs.
Il rappelle parallÚlement le poids de Saint-Gervais dans le dispositif et affirme en substance que la course dépend des communes traversées.
La critique vise donc principalement deux sujets : la taille prise par lâĂ©vĂ©nement et son modĂšle Ă©conomique.
Sur ces deux points, le débat peut parfaitement exister.
Câest lorsquâil commence Ă toucher Ă la pratique rĂ©elle des traileurs que le raisonnement devient beaucoup plus fragile.
Un média de trail se doit aussi de répondre à Jean-Marc Peillex
Un traileur engagĂ© sur lâUTMB ne court pas seulement quelques jours par an
Câest probablement le point qui a le plus agacĂ© les pratiquants devant le direct.
Une participation Ă lâUTMB, Ă la CCC ou mĂȘme Ă un trail beaucoup plus modeste reprĂ©sente seulement quelques heures visibles dans une annĂ©e sportive.
La préparation, elle, dure plusieurs mois.
Un coureur prĂ©parant sĂ©rieusement une course de montagne peut courir quatre ou cinq fois par semaine, parfois davantage selon son niveau, en ajoutant rĂ©guliĂšrement du renforcement musculaire, du vĂ©lo, de la marche en cĂŽte ou dâautres activitĂ©s dâendurance.
Sur une annĂ©e, cela reprĂ©sente facilement plusieurs centaines dâheures dâentraĂźnement pour une poignĂ©e de journĂ©es passĂ©es avec un dossard.
Lâimmense majoritĂ© de cette pratique se dĂ©roule sans camĂ©ra, sans classement et sans publication sur les rĂ©seaux sociaux.
PrĂ©senter le trail Ă travers les seules journĂ©es de compĂ©tition revient donc Ă confondre la course et lâentraĂźnement nĂ©cessaire pour y arriver.
On peut critiquer lâUTMB sans caricaturer les traileurs
Câest finalement lĂ que se situe la diffĂ©rence importante.
Jean-Marc Peillex soulĂšve depuis plusieurs annĂ©es de vĂ©ritables questions : combien de personnes un territoire de montagne peut-il accueillir ? Quel doit ĂȘtre le rĂŽle des collectivitĂ©s ? JusquâoĂč peut grandir un Ă©vĂ©nement international ? Comment partager les retombĂ©es et les contraintes entre les diffĂ©rentes communes ?
Ces questions méritent un débat.
Elles deviennent en revanche beaucoup plus difficiles Ă entendre lorsquâelles sont accompagnĂ©es dâune gĂ©nĂ©ralisation sur la pratique des traileurs.
Les traileurs visibles trois jours sur lâUTMB sont, pour beaucoup dâentre eux, ceux qui courent quatre ou cinq jours par semaine le reste de lâannĂ©e.
Et vendredi soir, alors que la CCC féminine se jouait justement devant les caméras, le contraste était particuliÚrement saisissant.
Source
lanceur d’alerte

Source vérifée
DĂ©claration trente minutes aprĂšs le dĂ©part de l’UTMB
 » l’ultra trail est quelque chose qui est complĂštement dĂ©connectĂ© par rapport Ă la vie sportive. La commune de Saint Gervais est aux cĂŽtĂ©s des sportifs, des vrais sportifs, c’est Ă dire ceux qui ne font pas du sport que quelques heures dans leur vie ou quelques jours dans leur vie pour leur image ou l’image qu’ils donnent des autres donc c’est beaucoup plus du sport discret que l’ultra trail du mont blanc «Â

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