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🎧 TDS 2026 : Une nuit d’enfer sans frontale sur le terrain technique du Beaufortain
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Sur le papier, tous les voyants étaient au vert pour cette édition 2026 de la TDS. Pourtant, entre la météo capricieuse au début de l’aventure et une défaillance matérielle au pire moment, cette course ne s’est pas vraiment passée comme prévu.
La TDS, un « Tracé De Sauvages »
On prĂ©sente souvent la TDS (Trace des Ducs de Savoie) comme la grande sĹ“ur sauvage de l’UTMB. Avec ses 150 km et 9 300 mètres de dĂ©nivelĂ© positif, c’est de loin la course la plus technique et la plus engagĂ©e de la semaine Ă Chamonix.
Traverser le col de du Petit Saint Bernard, basculer vers les crĂŞtes du Beaufortain ou longer les lacs d’altitude offre des paysages d’une beautĂ© inĂ©galable, mais le prix Ă payer sur ce terrain cassant est immense.
Une première nuit déjà apocalyptique
Lundi soir, 23h50. Le départ est donné à Courmayeur. Sur le papier, le premier tronçon jusqu’à Bourg-Saint-Maurice ne présente pas de difficulté majeure. En réalité, cette première nuit vire déjà rapidement au cauchemar car un déluge s’abat sur la course.
Les sentiers se changent en patinoires de boue, les coureurs glissent, chutent, se crispent. Entre le froid glacial et la vigilance constante pour ne pas tomber et se blesser, mon Ă©nergie s’envole. En passant le kilomètre 50 Ă Bourg-Saint-Maurice, je suis physiquement dĂ©jĂ bien entamĂ©e, j’ai les jambes de quelqu’un qui vient d’en enchaĂ®ner 80. Heureusement, les premiers rayons de soleil et une mĂ©tĂ©o enfin clĂ©mente me permettent de retrouver un peu de moral et de force, et de profiter de la portion de 46 kilomètres jusqu’Ă Beaufort.
Mais la véritable épreuve m’attendait la seconde nuit
Alors que la fatigue accumulĂ©e commence Ă peser lourdement, l’ascension vers le Signal en quittant Hauteluce devient un calvaire mental. Sur les bords du chemin, des coureurs allongĂ©s dorment Ă mĂŞme le sol, Ă©puisĂ©s. C’est Ă ce moment prĂ©cis que ma seconde frontale se met Ă clignoter : batterie Ă plat après seulement trois heures d’utilisation. Je m’arrĂŞte, confiante, pour glisser ma batterie de rechange. Rien. La lampe ne s’allume pas. La première frontale, elle, avait dĂ©jĂ rendu l’âme sous la tempĂŞte de la veille. Pourtant, j’avais tout vĂ©rifiĂ© et chargĂ© scrupuleusement le matin du dĂ©part.
Le cauchemar commence. Ă€ ce stade de la course, le gros peloton du dĂ©part s’est Ă©crĂ©mĂ© au fil des kilomètres, je suis la plupart du temps seule, et c’est impossible de me caler dans la foulĂ©e d’un autre coureur. Le terrain se durcit, la trace s’enfonce dans une portion ultra technique, dĂ©jĂ exigeante de jour, tapissĂ©e de rochers glissants perdus dans des buissons oĂą le sentier se devine Ă peine. Il ne me reste que le mode veilleuse de la frontale, un filet de lumière dĂ©risoire, incapable d’Ă©clairer Ă plus d’un mètre.
Avancer relève du miracle. Je progresse à tout petits pas, ma concentration est poussée à son maximum, j’ai les larmes aux yeux. La somnolence me gagne, je titube, et je me fais deux ou trois frayeurs évitées de justesse. Je manque de me perdre par endroits, rebrousse chemin, attends que d’autres coureurs me rattrapent pour être sûre d’être toujours sur le bon sentier. Une seule idée fixe me fait tenir : atteindre le prochain ravitaillement pour abandonner.
Il me faut trois heures interminables pour boucler ces 8 kilomètres de survie. Ă€ l’arrivĂ©e au ravitaillement du Signal, c’est la dĂ©livrance. MĂŞme les coureurs Ă©quipĂ©s d’un Ă©clairage parfait arrivent Ă©prouvĂ©s, en disant que cette section technique dans cette deuxième nuit dehors Ă©tait finalement plus difficile que le dĂ©luge de la première nuit. Certains reconnaissent d’ailleurs que c’est dangereux de faire passer des coureurs dans des chemins qui n’existent quasiment pas.
En rĂ©sumĂ©, j’ai rĂŞvĂ© d’abandonner cent fois dans cette portion.
Le Signal, c’est le ravitaillement ou il y a le plus d’abandons (144 cette annĂ©e), car il faut Ă la fois gĂ©rer la dette de sommeil qui commence Ă ĂŞtre lourde, et la difficultĂ© du terrain. Il aura fallu puiser au plus profond du mental pour ne pas tout arrĂŞter lĂ . Une bonne sieste au chaud et l’approche du lever du jour auront finalement suffi Ă faire repartir la machine, reprendre du poil de la bĂŞte pour repartir pour les 36 kilomètres restants et franchir cette ligne d’arrivĂ©e. Une galère mĂ©morable qui me rappelle Ă quel point rien n’est jamais acquis sur un ultra, et que tout peut arriver mĂŞme quand on se sent prĂŞt !
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Auteur : Marta, est l’ultra sportive de l’équipe. Mère de 4 enfants, elle est déjà finisher de l’UTMB. Traileuse au sens puriste, elle évolue dans un univers montagneux.







