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La TDS, pour Sur les Traces des Ducs de Savoie, est partie lundi 24 août 2026 à 23h50 de Courmayeur pour rejoindre Chamonix après 145 km et 9 500 m D+.
Présentée par l’UTMB comme une course « belle, technique, sauvage et exigeante », elle traverse le Val d’Aoste puis le Beaufortain, avec une première nuit qui fait traditionnellement partie des grandes difficultés de l’épreuve. Cette année, elle a rapidement tourné au combat contre les éléments : pluie intense, sentiers saturés d’eau, boue, froid et glissades.
Au petit matin, les témoignages commencent à raconter ce que le classement ne montre pas. Une rédactrice de uTrail engagée sur la course nous a envoyé un vocal après plusieurs heures passées sous la pluie. Son récit est particulièrement parlant : elle évoque quatre heures de déluge, des coureurs qui chutent dans la boue et un froid suffisamment important pour lui tétaniser les muscles.
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« La nuit a été horrible », le vocal de notre rédactrice
Notre rédactrice nous a envoyé un message vocal depuis la course. Voici la transcription exacte de ses paroles :
« Bon la nuit a été horrible.
On s’est pris le déluge pendant 4 heures.
Les sentiers c’était de la gadoue, tout le monde glissait, se cassait la gueule.
J’étais congelée.
J’avais les muscles tétanisés là.
J’ai eu du mal à repartir mais bon.
Ça a l’air d’aller, je suis dans la la fameuse montée.
1 500 mètres de dénivelé qui mènent au passage de Pralognan.
On verra si je survis.
Allez bisous. »
Derrière le ton volontairement léger de la dernière phrase, le témoignage décrit surtout une première nuit extrêmement éprouvante.
Quatre heures sous le déluge
La pluie change complètement la nature d’une course comme la TDS.
Sur un parcours déjà technique par temps sec, les sentiers détrempés deviennent beaucoup plus glissants. Les descentes demandent davantage de vigilance, les appuis sont moins sûrs et la dépense énergétique augmente. À cela s’ajoute le problème du froid : un coureur trempé peut continuer à produire de la chaleur tant qu’il avance, mais se refroidir rapidement lors d’un arrêt prolongé.
C’est exactement ce que raconte notre rédactrice lorsqu’elle explique avoir été « congelée » et avoir eu les muscles tétanisés.
Et la difficulté ne s’arrête évidemment pas avec la fin de l’averse : au moment d’enregistrer son message, elle repart vers une longue ascension annoncée autour de 1 500 mètres de dénivelé positif.
… des conditions confirmée par les organisateurs
Les images diffusées par l’organisation pendant la nuit confirment l’ambiance.
Au ravitaillement du Lac Combal, l’UTMB montre des participants sous une pluie importante et écrit :
« On ne l’avait pas invitée mais on savait qu’elle allait nous rejoindre. »
Dans une autre publication, l’organisation pose le dilemme rencontré par les coureurs vers 3 heures du matin : s’arrêter sous la tente pour manger et récupérer, ou continuer afin d’éviter de se refroidir.
Elle évoque une pluie tombant presque à l’horizontale et rappelle qu’en ultra, un arrêt mal géré dans de telles conditions peut rendre le redémarrage beaucoup plus compliqué.
Le récit de terrain et la communication officielle racontent donc la même chose : la première nuit de la TDS 2026 a été particulièrement rude.
Tous les ans, la météo est pourrie sur la TDS
La météo a déjà pesé très lourd sur l’édition précédente.
En 2025, la TDS a dû être modifiée avant même le départ. Une première adaptation a été décidée près de l’arrivée à cause de glissements de terrain, puis l’organisation a également détourné le parcours d’un secteur exposé entre La Gittaz et Beaufort, autour du km 73, en raison d’orages annoncés.
L’édition 2025 a proposé 153 km et environ 9 000 m D+. Malgré ces adaptations, près de 2 000 participants ont pris le départ. Antoine Charvolin s’est imposé en 18 h 22 min 17 s, tandis que Careth Arnold a remporté la course féminine en 22 h 58 min 52 s.
On ne peut donc pas dire que la nuit 2025 a été exactement identique à celle de cette année : les sources disponibles évoquent surtout un parcours modifié en raison des risques météorologiques et des glissements de terrain. Mais le point commun est évident : pour la deuxième année consécutive, la TDS se déroule dans un contexte où la météo et l’état du terrain prennent une place majeure dans la course.
La pluie est donc arrivée comme annoncé, mais le témoignage de terrain montre à quel point la combinaison eau + froid + sentiers boueux peut rapidement transformer une prévision météo en véritable épreuve physique.
En résumé, la TDS porte bien sa réputation de course sauvage et exigeante
La TDS a toujours eu une réputation particulière dans la semaine UTMB.
Elle est plus courte que l’UTMB, mais concentre presque autant de dénivelé sur une distance moindre. Son parcours traverse des secteurs plus sauvages du Beaufortain, avec des sentiers techniques, des passages isolés et de longues ascensions. L’organisation elle-même la qualifie de technique, sauvage et exigeante.
Son palmarès confirme d’ailleurs son niveau sportif : Dawa Sherpa, Xavier Thévenard, Pau Capell, Ludovic Pommeret ou encore Manon Bohard et Audrey Tanguy y ont déjà gagné. Le Dauphiné Libéré la présente comme l’une des courses les plus prestigieuses derrière l’UTMB.
Mais ce mardi matin, ce ne sont pas seulement les élites qui racontent la TDS.
Ce sont surtout les centaines de participants anonymes qui continuent d’avancer après une nuit passée à lutter contre la pluie, le froid et la boue.
Devant, Clovis Chaverot et Rémy Brassac ont progressivement installé la tête de course, tandis que Tyler Green reste derrière eux.
Mais la véritable sélection de cette première nuit ne se lit pas seulement dans les écarts chronométriques.
Elle se lit aussi dans les vêtements trempés, les jambes raidies par le froid, les descentes rendues piégeuses par la boue et la capacité à repartir lorsqu’un ravitaillement chaud donne presque envie de rester sous la tente.
La TDS devait déjà être difficile.
La météo s’est chargée de la rendre encore plus dure.
Sources
Les caractéristiques 2026 de la TDS et les avertissements météo avant le départ proviennent du site officiel HOKA UTMB Mont-Blanc. Le contexte de l’édition 2025, notamment les modifications de parcours liées aux glissements de terrain et aux orages annoncés, est documenté par les archives de résultats UTMB et plusieurs comptes rendus de course publiés après l’édition 2025.
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