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🎧 Le Kenya vient à peine d’obtenir l’organisation des championnats du monde d’athlétisme 2029 qu’une nouvelle affaire de dopage vient ternir son image.
Et cette fois, il ne s’agit pas d’une athlète de second plan : Peres Jepchirchir, championne du monde en titre du marathon et ancienne championne olympique, a été suspendue provisoirement après la détection d’EPO dans un prélèvement effectué avant sa victoire au marathon de Sydney.
Cette annonce du vendredi 23 octobre 2026 intervient dans un contexte particulièrement délicat pour l’athlétisme kényan. Après plusieurs affaires retentissantes, dont celle de Ruth Chepngetich, c’est une nouvelle figure majeure de la course à pied mondiale qui se retrouve mise en cause.
Dopage : Peres Jepchirchir, championne du monde et olympique, suspendue provisoirement pour l’EPO
À 33 ans, Peres Jepchirchir possède l’un des plus beaux palmarès du marathon féminin.
Championne olympique à Tokyo en 2021, sacrée championne du monde à Tokyo en 2025, elle a également remporté plusieurs des courses les plus prestigieuses de la planète :
- Marathon de New York en 2021
- Marathon de Boston en 2022
- Marathon de Londres en 2024
- Marathon de Sydney en 2026
Son dernier succès remonte au 30 août, en Australie. Elle avait remporté le marathon de Sydney en 2 h 18 min 31 s, avec plus de trois minutes d’avance sur sa compatriote Irine Cheptai.
Mais ce vendredi 23 octobre, l’Unité d’intégrité de l’athlétisme (AIU) a annoncé sa suspension provisoire.
Un échantillon prélevé au Kenya, hors compétition, avant sa participation au marathon de Sydney, a révélé la présence d’EPO.
L’érythropoïétine est une substance interdite qui stimule la production de globules rouges. Elle peut améliorer le transport de l’oxygène vers les muscles et représente donc un avantage potentiel considérable dans les disciplines d’endurance, notamment le marathon.
À ce stade, il faut préciser que Peres Jepchirchir fait l’objet d’une suspension provisoire et non d’une sanction définitive. La procédure antidopage doit encore suivre son cours.
Le Kenya accueillera les Mondiaux d’athlétisme en 2029 : le calendrier devient embarrassant
C’est précisément ce qui rend cette nouvelle affaire particulièrement sensible.
Le 15 septembre 2026, World Athletics a officiellement attribué au Kenya l’organisation des championnats du monde d’athlétisme 2029.
La compétition se déroulera à Nairobi. Une décision historique, puisqu’il s’agira des premiers championnats du monde d’athlétisme organisés sur le continent africain.
Pour le Kenya, immense nation de la course de fond et du marathon, cette attribution constitue une reconnaissance sportive et symbolique considérable.
Mais un peu plus d’un mois après cette annonce, la suspension provisoire de Peres Jepchirchir vient rappeler l’un des problèmes majeurs auxquels le pays reste confronté.
Comment défendre l’image d’une grande nation de l’athlétisme lorsque certaines de ses plus célèbres championnes sont successivement impliquées dans des procédures antidopage ?
La question se pose d’autant plus que les autorités internationales attendent du Kenya des résultats concrets dans la lutte contre le dopage.
L’organisation des Mondiaux 2029 ne se résumera donc pas à la construction d’infrastructures et à l’accueil des meilleurs athlètes de la planète. Elle représentera également un test de crédibilité pour le sport kényan.
Après Ruth Chepngetich, une autre immense star du marathon dans la tourmente
Le rapprochement avec l’affaire Ruth Chepngetich est difficile à éviter.
En octobre 2025, la détentrice du record du monde féminin du marathon, établi en 2 h 09 min 56 s à Chicago en 2024, avait été sanctionnée de trois années de suspension pour des violations des règles antidopage liées à l’hydrochlorothiazide, un diurétique interdit.
Son record du monde n’avait toutefois pas été annulé, car il avait été réalisé avant la période de disqualification de ses résultats.
Un an plus tard, c’est donc une autre championne kényane au palmarès exceptionnel qui se retrouve au centre d’une affaire.
Les deux dossiers sont différents. Ruth Chepngetich a fait l’objet d’une sanction définitive, tandis que celui de Peres Jepchirchir est encore en cours d’examen.
Ils contribuent néanmoins à alimenter les interrogations sur les dispositifs de prévention et de contrôle du dopage dans l’athlétisme kényan.
Depuis 2017, plus de 140 athlètes kényans ont été suspendus ou exclus des compétitions dans des affaires liées à l’utilisation de substances interdites.
Ces chiffres ne permettent évidemment pas de soupçonner l’ensemble des athlètes du pays. Ils témoignent toutefois de l’ampleur du problème auquel ses instances sportives doivent répondre.
Pour les coureurs amateurs, ces affaires fragilisent la confiance dans les performances
Au-delà des grandes compétitions internationales, les révélations successives touchent directement à la confiance des passionnés de course à pied.
Les marathons majeurs attirent chaque année des dizaines de milliers de participants amateurs, venus partager une même épreuve avec les meilleurs coureurs du monde.
Les performances des élites sont admirées, analysées et parfois présentées comme des références absolues en matière d’entraînement, de préparation et de progression.
Lorsqu’une championne de cette stature est suspendue provisoirement après un résultat d’analyse positif, c’est inévitablement toute la perception de ses performances qui est interrogée.
Cela ne signifie pas que ses précédentes victoires ont été obtenues grâce au dopage. Aucun élément rendu public à ce stade ne permet de tirer une telle conclusion.
Mais ces affaires posent une question essentielle : comment préserver la confiance dans les résultats sportifs lorsque des athlètes au sommet de leur discipline sont régulièrement mis en cause ?
Cette interrogation concerne le marathon, mais également le trail et l’ultra-trail, dont les enjeux de professionnalisation et les exigences antidopage prennent une importance croissante.
En résumé, la question est de savoir si le Kenya peut retrouver la confiance avant les Mondiaux 2029
Il reste trois ans au Kenya avant d’accueillir le plus grand rendez-vous mondial de l’athlétisme.
Trois années pour démontrer que la lutte contre le dopage est devenue une priorité durable, au-delà des déclarations officielles.
Car le paradoxe est désormais frappant.
Le Kenya possède une tradition exceptionnelle en course de fond, des générations de champions et une place centrale dans l’histoire du marathon.
Mais cette réputation sportive se retrouve régulièrement fragilisée par les affaires de dopage.
La suspension provisoire de Peres Jepchirchir n’efface pas les exploits des athlètes kényans qui respectent les règles. Elle rappelle cependant que la crédibilité d’une nation sportive dépend aussi de sa capacité à garantir l’intégrité de ses compétitions.
En accueillant les championnats du monde en 2029, le Kenya aura l’occasion de célébrer son immense héritage dans la course à pied. Encore faudra-t-il que les performances réalisées sur la piste et sur la route inspirent autant de confiance que d’admiration.
Sources
- Athletics Integrity Unit (AIU), annonce du 23 octobre 2026 ;
- World Athletics, attribution des championnats du monde 2029 à Nairobi, 15 septembre 2026 ;
- décisions disciplinaires de l’AIU concernant Ruth Chepngetich.
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.





