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🎧 Le Comité international olympique s’intéresse de plus en plus à la santé mentale des sportifs de haut niveau.
Parmi les difficultés psychologiques recensées dans ses travaux figurent notamment les problèmes d’estime de soi. Une conclusion sérieuse sur un sujet qui l’est tout autant. Mais lorsqu’on fréquente régulièrement le petit monde du trail, certains auront peut-être du mal à reconnaître tout le monde dans le portrait.
Précision importante : le CIO n’affirme évidemment pas que tous les champions souffrent d’un manque d’estime d’eux-mêmes. Ses travaux identifient plutôt la faible estime de soi parmi différents facteurs psychologiques pouvant accompagner ou favoriser certaines difficultés chez les athlètes d’élite.
Le CIO alerte sur la santé mentale des sportifs de haut niveau
Le sujet est pris très au sérieux depuis plusieurs années. Le groupe d’experts réuni sous l’égide du CIO considère que la santé mentale fait pleinement partie de la santé et de la performance d’un sportif.
Dépression, anxiété, troubles du sommeil, troubles alimentaires, addictions, stress lié aux résultats, blessures ou encore perfectionnisme excessif font partie des problématiques étudiées. Les chercheurs rappellent aussi que les symptômes psychologiques peuvent augmenter le risque de blessure et compliquer la récupération.
Dans ce cadre, une mauvaise image corporelle ou une faible estime de soi apparaissent parmi les facteurs psychologiques susceptibles d’être associés au risque de blessure. La perte d’estime de soi peut également faire partie des conséquences de situations de violence ou d’abus vécues dans le milieu sportif.
Bref, derrière cette notion de baisse de l’estime de soi se cache une réalité beaucoup moins drôle.
Ils ne sont visiblement pas venus voir le trail
Et pourtant, appliquée au trail, cette histoire d’estime de soi peut prêter à sourire.
Parce que le trail possède parfois une particularité assez fascinante : il suffit d’avoir terminé quelques ultras, accumulé du dénivelé, obtenu un bel UTMB Index ou réussi une grosse course pour que la frontière entre confiance en soi et haute opinion de soi devienne… intéressante à observer.
Évidemment, on plaisante. Enfin, à moitié.
Les réseaux sociaux ont profondément changé la manière dont les performances sont racontées. Une sortie longue devient une aventure. Une préparation devient un projet. Une course terminée devient parfois une épopée. Et quand les marques, les invitations, les statistiques, les abonnés et les vidéos s’ajoutent au chrono, la reconnaissance sportive ne passe plus uniquement par le classement.
Le trail est devenu un formidable terrain de construction de l’identité sportive.
Parfois même un peu trop formidable.
L’ego peut aussi être un outil de performance
Il serait cependant trop facile d’opposer le champion fragile psychologiquement au traileur débordant de confiance.
Pour atteindre un très haut niveau, il faut généralement développer une conviction assez exceptionnelle dans ses propres capacités. Partir pour 100 ou 170 kilomètres avec l’ambition de gagner suppose même une forme de confiance que le pratiquant ordinaire possède rarement.
Cette assurance peut devenir un moteur. Elle permet d’accepter des volumes d’entraînement énormes, de supporter les échecs et de continuer à croire qu’une victoire reste possible après plusieurs mois de préparation.
Le problème commence lorsque toute l’identité personnelle repose sur la performance.
C’est justement l’une des difficultés étudiées en psychologie du sport : une blessure, une baisse des résultats ou une fin de carrière peuvent brutalement fragiliser quelqu’un qui s’est construit presque exclusivement autour de son statut d’athlète. Les travaux du CIO soulignent notamment le rôle que peuvent jouer la baisse de performance, les blessures importantes et certaines formes de perfectionnisme dans la vulnérabilité psychologique des sportifs d’élite.
Derrière les ego du trail, il peut donc aussi y avoir de la fragilité
C’est finalement là que la plaisanterie devient intéressante.
Un athlète qui affiche constamment ses performances, rappelle ses résultats, documente chaque entraînement ou semble posséder une confiance absolue en lui n’est pas nécessairement protégé contre les difficultés psychologiques.
L’estime de soi et l’ego affiché ne sont d’ailleurs pas exactement la même chose.
On peut paraître extrêmement sûr de soi et vivre très difficilement une contre-performance. On peut multiplier les signes extérieurs de confiance tout en dépendant énormément du regard des autres. À l’inverse, un champion discret peut posséder une estime de lui-même parfaitement solide.
Le CIO n’est donc probablement pas complètement passé à côté du trail.
Mais reconnaissons qu’à lire certains fils Instagram pendant la semaine de l’UTMB, on pourrait parfois avoir envie de lui proposer un petit travail de terrain supplémentaire.
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