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Chaque année, les progrès techniques mais surtout les investissements financiers permettent de filmer de plus en plus d’événements de trail. Au sommet de cette course à la caméra, on trouve bien évidemment la société d’envergure UTMB Group. Désormais, leur course de quartier de Chamonix est presque entièrement filmée, à l’aide de « camrunners » (qui filment en courant devant ou derrière les participants), de drones, de quelques caméras fixes… Et peut-être bientôt d’hélicoptères ?
Dans une récente interview accordée à l’influenceur Clément Huriez, un des camrunners de l’UTMB, Ugo Lebesgue, a abordé le sujet.
🎥 Voir la vidéo : les coulisses du métier de camrunner à l’UTMB
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Drônes, hélico… les camerunners on encore un avenir
Selon les deux protagonistes, la présence d’hélicoptères pour filmer l’UTMB (comme cela peut se faire sur les épreuves cyclistes par exemple) semble impossible à envisager sur ce type d’événement… Mais impossible n’est pas UTMB ! Comme nous le savons, les questions environnementales autour de l’UTMB alimentent régulièrement les débats.
Ainsi, le jour où les hélicoptères permettront de filmer plus facilement et à moindre coût les courses (et ce qu’il restera des paysages), il n’est pas impossible que cette piste soit envisagée. Il s’agirait là d’un investissement osé mais pour lequel l’UTMB n’aura sans doute pas de mal à trouver des justifications : améliorer la diffusion pour les téléspectateurs, accompagner l’augmentation du prix des dossards (voire de leur nombre) ou encore pouvoir suivre les têtes de course sans difficulté.
Peut-être que cette professionnalisation de « l’audiovisualisation » de l’UTMB justifiera le fait de faire payer les trailers qui voudront regarder l’événement dans leur canapé ? Qui sait…
En attendant, il existe les camrunners, ces athlètes de l’ombre indispensables auxquels l’UTMB fait appel pour tenter de nous offrir les plus belles images, auprès des stars du trail que nous connaissons, adorons, admirons. Dans la vidéo YouTube précitée, Ugo Lebesgue a précisé les conditions requises pour accéder à ce statut si particulier. Bien évidemment, il convient d’avoir une condition physique excellente, qui s’illustre par exemple par un index UTMB supérieur à 800. Il faut, de plus, savoir gérer les difficultés liées au portage de la caméra, notamment dans les descentes techniques qui peuvent vite se révéler dangereuses. Un métier difficile, utile, indispensable pour garantir le succès de l’UTMB… Et donc bien rémunéré ? Pas vraiment. Les camrunners seraient rémunérés 300 euros (bruts ? TTC ?) par jour. Un tarif qui peut paraître bien faible au regard des exigences de la mission et de l’importance économique prise par la semaine de l’UTMB, sans même parler des courses « by UTMB » qui ont lieu toute l’année.
L’UTMB paie ses camrunners 300 € par jour, contre environ 470 € en moyenne pour un réalisateur freelance expérimenté
La comparaison avec les métiers classiques de l’image permet de comprendre pourquoi le tarif annoncé par Ugo Lebesgue peut paraître faible. Dans son interview, le camrunner explique être rémunéré 300 € par journée de live, auxquels s’ajoutent 150 € par journée de déplacement.
À titre de comparaison, le baromètre Malt 2026 affiche un tarif journalier moyen de 470 € pour les réalisateurs freelances expérimentés en France. Un autre baromètre spécialisé dans les métiers de l’image situe le vidéaste/cadreur-monteur autour de 450 € par jour et le pilote de drone autour de 600 € par jour.
La comparaison n’est évidemment pas parfaite : un camrunner ne fournit pas nécessairement son propre matériel et n’effectue pas le montage après le live. Ugo Lebesgue le souligne d’ailleurs lui-même. Mais sa mission impose une compétence très particulière : courir à un niveau proche de 800 d’index UTMB/ITRA, parfois avec plusieurs kilos de matériel, tout en cadrant des athlètes lancés à très haute intensité.
Avec 300 € par jour, la rémunération se situe donc sensiblement sous plusieurs références du marché audiovisuel freelance, alors même que le profil demandé aux camrunners est particulièrement rare et physiquement exigeant.
On le constate encore une fois, la machine économique est bien huilée chez la famille UTMB. À l’image des bénévoles qui donnent de leur temps et de l’énergie en masse pour garantir le fonctionnement des courses, il y a aussi des professionnels qui tentent d’arrondir leurs fins de mois en nous offrant le plus beau des spectacles à distance. Ces athlètes, élites ou proches de l’être, sacrifient parfois des semaines d’entrainement et plusieurs dossards afin d’offrir leur talent à des organisations disposant de moyens importants. Espérons qu’à l’avenir, ils puissent obtenir une meilleure rémunération et des conditions de travail dignes, surtout de la part d’organisateurs d’événements dont l’activité génère des revenus importants chaque année.
Sources et horodatage de la vidéo
Dans l’interview, Ugo Lebesgue explique que le recours à des hélicoptères est compliqué en trail, notamment en forêt, et évoque aussi des contraintes éthiques ainsi que des zones où le vol en drone ou en hélicoptère est interdit (12:19 à 12:48).
Il indique qu’un camrunner doit disposer d’un niveau situé autour de 800 d’index ITRA ou UTMB, tout en précisant que l’index ne suffit pas à lui seul et qu’il faut aussi savoir descendre fort, être polyvalent et supporter la durée de l’effort (27:33 à 28:56, puis confirmation autour de 30:41 à 30:46).
Il affirme également que les camrunners sont rémunérés 300 euros par journée de live, auxquels peuvent s’ajouter 150 euros par journée de déplacement ; il évoque ainsi environ 1 500 euros pour un gros week-end UTMB comprenant plusieurs jours de course et de déplacement (24:24 à 25:18).
Enfin, il reconnaît lui-même que cette rémunération est relativement faible par rapport à certains autres métiers de l’image, tout en rappelant que le matériel est fourni et qu’il n’y a pas de travail de montage à effectuer après la prestation (25:26 à 26:19).
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