sources préférées Google
🎧 Thomas Séramour a traversé les Pyrénées en 26 jours sans téléphone, sans carte ni boussole et sans GPS : il a parcouru 870 km et près de 50 000 m de dénivelé positif.
Thomas Séramour s’est lancé dans une traversée des Pyrénées particulièrement radicale : progresser sans téléphone, sans carte et sans boussole et sans GPS, avec pour seul objectif de continuer vers l’ouest.
Vingt-six jours plus tard, il avait parcouru environ 870 kilomètres et accumulé près de 50 000 mètres de dénivelé positif.
Pour les traileurs habitués aux traces GPX, aux montres GPS et aux applications de navigation, l’expérience semble presque venir d’une autre époque.
Thomas Séramour, accompagnateur en montagne et connu sur les réseaux sociaux sous le nom de thomas_trekking, a choisi de traverser les Pyrénées en supprimant volontairement ses principaux outils d’orientation.
Son périple a commencé le 19 juin à Banyuls-sur-Mer, sur les bords de la Méditerranée.
Sans GPS, Thomas Séramour a rapidement quitté le GR10 pour avancer à vue
Les premiers kilomètres se déroulent sur le GR10, le célèbre itinéraire qui traverse la chaîne pyrénéenne côté français.
Mais une fois arrivé dans le secteur du Canigou, Thomas Séramour abandonne progressivement cette ligne directrice.
Son principe devient beaucoup plus simple : regarder le relief, choisir un sommet ou une vallée située vers l’ouest et progresser dans cette direction.
Sans écran et sans carte, l’orientation repose alors sur la lecture du terrain, la position du soleil et la mémoire des reliefs observés depuis les points hauts.
Cette manière d’avancer change complètement le rapport à la montagne. Plus question de vérifier régulièrement une trace ou de connaître la distance restant jusqu’au prochain col.
Le sportif explique même avoir progressivement perdu la notion de l’heure et des jours.
Une traversée des Pyrénées qu’il ne connaissait pas
La difficulté était renforcée par un détail important : Thomas Séramour connaissait peu les Pyrénées avant de s’y lancer.
Il découvrait donc une grande partie des vallées et des sommets au fur et à mesure de son avancée.
Les panneaux rencontrés sur les sentiers devenaient parfois les seuls éléments lui permettant d’identifier son emplacement. À certains moments, il pouvait même hésiter sur le pays dans lequel il évoluait, entre versants français et espagnols.
Malgré cette navigation volontairement rudimentaire, son orientation générale vers l’ouest a fonctionné.
Quelques écarts ont tout de même été nécessaires, notamment pour contourner des épisodes orageux. Une autre erreur de parcours l’a conduit sur une variante du GR10 avant qu’il ne retrouve une direction plus conforme à son projet.
21 jours quasiment sans ravitaillement
L’autre dimension impressionnante de cette traversée concerne l’autonomie.
Thomas Séramour indique avoir tenu 21 jours avec les provisions qu’il transportait, avant d’effectuer un ravitaillement pour terminer les cinq derniers jours de son aventure.
Au total, son périple aura duré 26 jours.
Le bilan annoncé est considérable : environ 870 kilomètres et 50 000 mètres de dénivelé positif.
À titre de comparaison, cela représente plusieurs très gros ultra-trails enchaînés, avec une contrainte supplémentaire : aucune trace GPS à suivre et aucune assistance numérique pour confirmer la direction.
Sans GPS ne veut pas dire sans expérience
L’expérience peut donner envie de ranger sa montre GPS au fond du sac, mais Thomas Séramour insiste lui-même sur un point essentiel : partir sans itinéraire défini en montagne nécessite une réelle connaissance du milieu.
L’accompagnateur en montagne estime même avoir parfois pris moins de risques que lors d’autres aventures, justement parce qu’il adaptait constamment son déplacement aux conditions rencontrées.
Face aux orages notamment, il pouvait modifier sa trajectoire ou attendre plutôt que de chercher absolument à respecter un parcours prévu à l’avance.
La nuance est importante : retirer les outils modernes ne supprime pas la nécessité de savoir lire la montagne. Cela la rend au contraire beaucoup plus importante.
En résumé, sans GPS c’est une autre manière de pratiquer l’ultra
Dans un univers du trail où chaque kilomètre peut désormais être enregistré, analysé et partagé en temps réel, cette traversée propose une approche presque opposée.
Pas de suivi GPS permanent, pas d’allure moyenne à surveiller, pas de distance restante affichée au poignet.
Seulement un massif à traverser et une direction générale.
Thomas Séramour envisage déjà de renouveler l’expérience, cette fois sur une période d’environ deux semaines et dans un massif plus compact et plus sauvage.
Une aventure qui rappelle qu’avant les GPX, les montres connectées et les applications de navigation, courir ou marcher longtemps en montagne reposait d’abord sur une compétence devenue presque secondaire pour beaucoup de pratiquants : savoir regarder le terrain.
Source
Voir cette publication sur Instagram
Lire aussi
🏃 Depuis 2012, u-Trail vous informe gratuitement sur l’actualité du trail.
❤️ Votre soutien nous aide à préserver un média trail libre et indépendant.





