🎧 L’eau des torrents de montagne inspire confiance.
Claire, fraîche et souvent considérée comme naturelle, elle est pourtant loin d’être toujours potable. Ces derniers jours, douze randonneurs ont été hospitalisés dans les Hautes-Pyrénées après avoir consommé de l’eau prélevée dans des ruisseaux à l’aide d’une gourde filtrante. Un rappel que, même en pleine montagne, l’hydratation ne s’improvise pas.
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Deux interventions en quelques jours dans les Pyrénées
Les secours en montagne ont été mobilisés à plusieurs reprises pour venir en aide à des randonneurs victimes de violents troubles digestifs.
Un premier groupe de cinq personnes évoluait dans le secteur du refuge de la Glère, dans le massif du Néouvielle.
Quelques heures après avoir bu de l’eau prélevée dans un torrent, les marcheurs ont présenté d’importantes nausées, des vomissements et des diarrhées nécessitant leur évacuation par hélicoptère vers l’hôpital de Tarbes.
Le même jour, quatre autres randonneurs…
Ils ont connu des symptômes similaires dans le secteur du lac de Bastan.
Deux jours auparavant, deux personnes avaient déjà été secourues dans le cirque de Gavarnie pour les mêmes raisons.
Au total, douze personnes ont été hospitalisées en quelques jours après avoir consommé de l’eau de montagne filtrée.
Pourquoi une gourde filtrante ne suffit pas toujours
L’utilisation des gourdes filtrantes s’est largement démocratisée chez les trailers et les randonneurs. Elles permettent de retirer une partie des particules présentes dans l’eau, mais tous les modèles n’offrent pas le même niveau de protection.
Les autorités rappellent que ces dispositifs ne garantissent pas systématiquement l’élimination des bactéries, virus ou parasites susceptibles d’être présents dans les cours d’eau. Une eau limpide peut ainsi rester impropre à la consommation malgré son passage dans une gourde filtrante.
Une contamination souvent invisible
En montagne, plusieurs facteurs peuvent altérer la qualité de l’eau.
Les déjections des troupeaux en estive, le passage d’animaux sauvages, un animal mort en amont ou encore diverses pollutions naturelles suffisent à contaminer un ruisseau. À l’œil nu, il est pourtant impossible de distinguer une eau saine d’une eau contenant des micro-organismes pathogènes.
En résumé, les secours appellent à la prudence
Pour les équipes de secours des Pyrénées, ce type d’intervention est devenu fréquent pendant la saison estivale.
Les sauveteurs rappellent qu’il est préférable d’emporter suffisamment d’eau potable dès le départ et de privilégier les points d’eau sécurisés, notamment dans les refuges. Une gourde filtrante ne devrait être utilisée qu’en solution de secours et non comme principal moyen d’approvisionnement en eau lors d’une randonnée ou d’un trail.
En trail, la tentation est grande de remplir rapidement ses flasques dans un torrent lorsque la chaleur se fait sentir.
Cet épisode survenu dans les Pyrénées rappelle toutefois qu’une eau de montagne n’est jamais automatiquement potable. Préparer son ravitaillement, connaître les points d’eau fiables sur son parcours et disposer d’un véritable système de purification restent les meilleurs moyens d’éviter qu’une sortie sur les sentiers ne se termine aux urgences.







