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🎧 Toute la communauté trail connait Ludovic Pommeret et Erik Clavery.
Le premier a remporté l’UTMB en 2016 ; le second a été sacré champion du monde de trail en 2011 avant de remporter la SaintéLyon quelques mois plus tard. Deux références du trail français dont les carrières se sont construites sur certaines des épreuves d’endurance les plus exigeantes.
En 2026, pourtant, ni l’un ni l’autre ne figure parmi les coureurs engagés sur l’UTMB.
Du moins, pas avec un dossard.
Car pendant que toute l’attention se porte sur la course, les favoris et les arrivées à Chamonix, Ludovic Pommeret et Erik Clavery se trouvent bien autour du Mont-Blanc, mais dans un rôle beaucoup moins visible : celui d’équipiers du projet HOPE, destiné à permettre à quatre sportifs en situation de handicap de parcourir l’essentiel du tracé de l’UTMB en fauteuil tout-terrain.
Et c’est peut-être là que leur présence prend tout son sens. Après des années à courir pour un classement, un chrono ou une victoire, ils mettent cette fois leur expérience de la montagne et leur capacité d’endurance au service d’autres athlètes. Sans dossard et sans résultat personnel à défendre.
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Qu’est-ce que le projet HOPE ?
HOPE est un projet porté conjointement par l’UTMB Group et le Marathon des Sables pendant la semaine de l’UTMB 2026 à Chamonix. Son objectif : permettre à quatre sportifs en situation de handicap de parcourir la majeure partie du tracé de l’UTMB autour du Mont-Blanc, soit environ 170 kilomètres et 10 000 mètres de dénivelé positif, à bord de fauteuils tout-terrain adaptés.
Chaque athlète a été accompagné par une équipe de six à huit personnes chargées de se relayer pour pousser, tirer et sécuriser la progression sur les sentiers. Le projet s’est déroulé en marge de la course officielle et a servi d’expérimentation grandeur nature pour tester l’accessibilité de secteurs de haute montagne avec ce type de matériel.
Les fauteuils utilisés ne sont pas des joëlettes classiques, mais des modèles tout-terrain Vipamat à trois roues, conçus pour permettre à l’athlète de rester acteur de sa progression, notamment en montée et dans la gestion de l’équilibre en descente.
Ludovic Pommeret sort d’un été exceptionnel
La présence de Ludovic Pommeret dans le projet HOPE prend encore davantage de relief lorsqu’on regarde ce qu’il vient d’accomplir.
Le Français remporte une nouvelle fois la Hardrock 100 le 10 juillet, avant de prendre la deuxième place de l’Intégrale de l’Échappée Belle le 21 août, sur 146,5 kilomètres et plus de 10 700 mètres de dénivelé positif. Quelques mois plus tôt, il termine également troisième du Marathon des Sables Legendary.
À 50 ans, Pommeret reste ainsi l’un des meilleurs ultra-traileurs français, dix ans après sa victoire sur l’UTMB.
Quelques jours seulement après l’Échappée Belle, il aurait parfaitement pu rester spectateur de la semaine chamoniarde. Il choisit un autre rôle.
Le Marathon des Sables le montre intégré à l’équipe HOPE avec cette formule :
« When Ludovic Pommeret joins our HOPE team, it’s picking up speed! »
Cette fois, aucun chrono personnel à améliorer et aucune place à défendre. Son énergie sert directement à faire progresser un autre athlète autour du Mont-Blanc.
Erik Clavery revient sur l’UTMB pour une tout autre mission
Erik Clavery appartient lui aussi à cette catégorie de traileurs dont le nom porte une histoire.
Champion du monde de trail en 2011, vainqueur de la SaintéLyon la même année et habitué depuis longtemps aux formats d’ultra-endurance, le Français possède une solide expérience des longues distances et de la montagne. Son parcours comprend également plusieurs participations à l’UTMB.
Pour son retour à Chamonix en 2026, il annonce lui-même un changement total de perspective.
« Cette année, j’y reviens, mais d’une toute autre manière. »
Sur Instagram, Erik Clavery explique rejoindre HOPE pour ce qu’il présente comme une aventure « humaine », « collective » et « engagée ». Il annonce faire partie de l’équipe chargée d’accompagner quatre fauteuils autour du massif du Mont-Blanc et parle de son « 4ème UTMB ».
Cette fois encore, le défi ne consiste donc pas à aller chercher une place au classement, mais à mettre des années d’expérience du trail et de l’ultra au service d’un projet collectif.
Sur 170 kilomètres, pousser un fauteuil demande bien plus que de la bonne volonté
Le projet HOPE, porté conjointement par l’UTMB Group et le Marathon des Sables, a pour objectif de permettre à quatre sportifs en situation de handicap de parcourir la majeure partie du tracé autour du Mont-Blanc.
Le défi atteint environ 170 kilomètres et 10 000 mètres de dénivelé positif.
Chaque fauteuil bénéficie d’une équipe de six à huit personnes qui se relaient pour pousser, tirer et sécuriser la progression. Une reconnaissance a même lieu plusieurs mois auparavant sur des passages comme le col de la Seigne, le Grand Col Ferret ou le col du Bonhomme.
Le matériel utilisé n’est d’ailleurs pas une joëlette classique, mais un fauteuil tout-terrain Vipamat à trois roues, avec lequel l’athlète reste lui-même acteur de sa progression.
Dans ces conditions, la présence de traileurs capables d’encaisser des heures d’effort, de gérer les descentes, de rester lucides avec la fatigue et de connaître les contraintes de la haute montagne prend tout son sens.
Les palmarès de Pommeret et de Clavery ne servent donc pas à décorer une photo. Leur expérience possède une utilité très concrète.
Deux champions, deux façons très discrètes de se mettre au service du projet
C’est finalement ce qui frappe le plus dans cette histoire.
Ludovic Pommeret dispose de tous les ingrédients pour faire de sa participation un élément de communication : un immense palmarès, une actualité sportive exceptionnelle et une présence sur l’un des événements les plus médiatisés du trail mondial.
Il en parle pourtant très peu.
Erik Clavery communique davantage sur sa participation, mais son message place lui aussi HOPE, les quatre fauteuils et l’aventure collective au centre. Il parle de partage, d’engagement et du bonheur de rejoindre l’équipe, davantage que de sa propre performance.
Dans les images diffusées autour du projet, les sportifs en situation de handicap et le collectif restent ainsi au premier plan.
Une discrétion qui tranche avec la communication de Clemquicourt et de ses « 25 heures qui courent »
Le contraste est frappant. Sur HOPE, Ludovic Pommeret et Erik Clavery mettent leur niveau et leur expérience au service de sportifs en situation de handicap sur les sentiers de l’UTMB, sans chercher à placer leur propre performance au centre du récit.
Quelques jours plus tard, Clemquicourt annonce de son côté les « 25 heures qui courent », une course présentée comme « 100 % caritative » au profit de l’association Rêves. L’événement, prévu le 7 novembre 2026, repose au contraire sur une forte exposition : annonce très travaillée sur les réseaux sociaux, casting de sportifs et de créateurs de contenu, sponsors et diffusion pendant 25 heures sur Twitch.
Les deux démarches servent une cause, mais leur communication diffère radicalement. D’un côté, Clemquicourt fait de la visibilité le moteur même de son événement caritatif… on oserait même écrire qu’il se sert d’une cause caritative pour faire son buzz. De l’autre, Pommeret et Clavery participent à une action particulièrement forte sans chercher à en faire leur propre histoire.
C’est précisément ce décalage qui donne encore plus de relief à leur engagement sur HOPE.
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