🎧 Il existe des sports où l’on devine presque le résultat à l’avance. Et puis il y a le trail, un sport aussi chaotique que les chemins sur lesquels il se pratique.
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Le trail, c’est un sport où des coureurs hors du champ médiatique explosent les chronos des références mondiales, c’est un sport où des coureurs sur route viennent mettre tout le monde d’accord en cross.
Benjamin Polin a encore été de ceux-là , ceux qui viennent bousculer tout le monde ce week-end. En remportant le 23 km du Marathon du Mont-Blanc ce week-end, il a prouvé que la frontière entre la course sur route et le trail n’est qu’une construction de l’esprit !
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Le parcours atypique de Benjamin Polin
Le Vosgien Benjamin Polin est un compétiteur à part dans le monde du trail, à tel point que, si vous recherchez son palmarès, vous seriez tenté de croire qu’il y a eu confusion des résultats avec un homonyme. Parce que oui, le Benjamin Polin qui vient de remporter le 23 km du Marathon du Mont-Blanc s’est construit ces dernières années un solide tableau de chasse, mais sur route !
Sans dérouler tout son palmarès, il suffit de rappeler sa victoire sur les 100 km de Millau, record de l’épreuve à la clé. Et tout récemment, en avril dernier, il a remporté en 2 h 13 le marathon d’Annecy.
Oui, Benjamin Polin a commencé par courir sur sentier il y a quelques années, s’est tourné vers la route après le Covid pour y exceller, et le voilà aujourd’hui revenu en trail, là encore pour se construire un palmarès singulier.
C’est simple, sa trajectoire est peut-être même unique dans le trail à ce niveau de performances sur les deux types de courses.
Résultat cross du mont blanc, un 23 km relevé
Quand on parle du trail, on parle toujours de l’ultra-trail. Les très longues distances ont quelque chose de si inaccessible pour le commun des coureurs que l’on oublie que les autres variantes, y compris les courtes, sont de véritables courses, et surtout aussi difficiles.
Alors oui, participer à un 23 km est un exploit sportif aussi valable que faire un ultra, surtout lorsque l’on boucle 23 km et 1680 m de D+ en à peine plus de 2 h. Pour gagner sur ce type de format, il ne suffit pas de se donner à fond, et un peu de chance. La technicité du terrain et la concurrence très rude demandent à la fois de savoir se mettre dans le mal dès le premier km, d’être capable de courir à 100% de ses capacités sur plus de 2h, et de gérer ses adversaires. On ne court pas en gestion une courte distance comme on le fait sur une longue distance.
La course a d’ailleurs été serrée, la victoire se jouant à quelques secondes près dans le final. Les 3 premiers tiennent en à peine plus de 1 minute d’écart. L’intensité de ce type de course est telle que le moindre faux pas, la moindre hésitation, la plus légère baisse de régime fait perdre des places.
Et c’est ça qui fait de Benjamin Polin un coureur si atypique : on dirait qu’il n’a pas reçu l’info qu’il y avait 1600 mètres de D+ ! Toutefois, il ne gagne pas toutes les courses auxquelles il participe, on se souvient de son DNF sur la SaintĂ©Lyon 2025, après avoir menĂ© une bonne partie du parcours.
En résumé, Benjamin Polin est un coureur inclassable
Dans le sport, et c’est valable pour la course à pied et le trail, on aime bien ranger les coureurs dans des cases : route ou sentier, court ou long, plat ou dénivelé, endurant ou explosif, etc.
Mais Benjamin Polin se contorsionne, passe entre toutes ces définitions pour se construire à la fois un palmarès unique, loin des clichés et des idées préconçues. Ses victoires des deux derniers mois parlent pour lui.
Benjamin Polin a commencé par du trail (une victoire en 2021 sur le 80 km de l’EcoTrail Paris par exemple), a performé sur la route ensuite, et revient maintenant sur les chemins, avec l’UTMB dans un coin de sa tête. Sa double carrière promet d’être passionnante.






