🎧 Chaque année, des milliers de coureurs abandonnent pulls, vestes et survêtements avant le départ du Marathon de Paris
Le geste est devenu une habitude.
Quelques minutes avant le départ du Marathon de Paris, des milliers de coureurs retirent leur vieux sweat, leur veste ou leur pantalon de survêtement pour ne garder que leur tenue de course.
Ces vêtements sont alors abandonnés sur la chaussée, dans les sas de départ, sous les yeux des caméras.
Pendant longtemps, beaucoup de participants ont pensé que ces vêtements étaient soit recyclés, soit directement distribués aux personnes les plus démunies par l’intermédiaire d’associations caritatives. La réalité est un peu différente.
Que deviennent vraiment les vêtements abandonnés au Marathon de Paris
Sur les documents officiels du Marathon de Paris, les vêtements laissés au départ sont généralement présentés comme étant collectés puis recyclés. Pourtant, lorsqu’on remonte la filière, on découvre un système beaucoup plus large. Les vêtements sont effectivement récupérés après la course. Ils sont ensuite triés afin de séparer ceux qui peuvent encore être portés de ceux qui sont trop abîmés.
Les vêtements les plus usés, eux, sont orientés vers des filières de recyclage textile.
Plus de 6 tonnes de vêtements revendues à 3,50 euros le kilo
La preuve est apparue publiquement en Ardèche.
Début juin, l’association ActiviTeil, au Teil, a organisé une grande vente baptisée « Fripshow ». Les vêtements proposés provenaient notamment du Marathon et du Semi-Marathon de Paris 2026.
Selon les informations relayées localement, plus de 6 tonnes de vêtements abandonnés par les coureurs ont été récupérées puis mises en vente au tarif de 3,50 euros le kilo.
Pulls, vestes, joggings, coupe-vents : des dizaines de bacs étaient remplis de vêtements encore parfaitement utilisables. Le succès a été au rendez-vous.
Des centaines de visiteurs sont venus chercher des vêtements à petit prix, certains repartant avec plusieurs kilos de textile pour quelques dizaines d’euros seulement.
Une pratique légale et même encouragée
Attention toutefois à ne pas tomber dans le piège du faux scandale.
La revente de vêtements collectés par des associations n’a rien d’illégal ni même d’exceptionnel. C’est même le fonctionnement habituel de nombreuses structures solidaires.
Des organisations comme Emmaüs, la Croix-Rouge ou de nombreuses friperies associatives vivent en partie grâce à la revente de vêtements récupérés.
L’objectif est double : prolonger la durée de vie des textiles et financer des actions sociales ou des programmes d’insertion professionnelle. Dans le cas d’ActiviTeil, les bénéfices servent notamment à soutenir l’emploi local et à accompagner des personnes éloignées du marché du travail.
Le problème, c’est surtout la communication
Là où certains coureurs peuvent se sentir trompés, c’est sur le vocabulaire employé.
- Quand un participant entend que son vieux sweat sera « recyclé », il imagine généralement une transformation de la matière.
- Quand il entend parler d’associations, il pense souvent que le vêtement sera distribué gratuitement à une personne dans le besoin.
- -> Or entre ces deux scénarios existe une troisième voie : le réemploi par la seconde main.
Et c’est précisément ce qui semble manquer dans une partie de la communication autour des grands événements de course à pied. Les vêtements abandonnés ne sont pas seulement recyclés. Ils ne sont pas non plus uniquement donnés gratuitement. Une partie est triée puis revendue dans des circuits solidaires.
En résumé, c’est une question qui dépasse le Marathon de Paris
Cette affaire raconte finalement quelque chose de plus large sur le running moderne.
Les organisateurs cherchent à rendre leurs événements plus responsables sur le plan environnemental. Les coureurs veulent avoir le sentiment que leurs vêtements abandonnés auront une seconde vie utile.
Mais entre les slogans simplifiés et la réalité des filières textiles, il existe parfois un écart. La vérité est sans doute moins spectaculaire qu’un scandale, mais plus intéressante : les vêtements laissés sur la ligne de départ du Marathon de Paris peuvent être donnés, revendus ou recyclés selon leur état. Le problème n’est donc pas qu’ils soient revendus.
Le problème est que beaucoup de coureurs ont longtemps cru qu’ils étaient uniquement donnés ou recyclés, alors que la seconde main fait en réalité partie intégrante du modèle économique de cette filière.
SOURCE
- https://www.ici.fr/auvergne-rhone-alpes/ardeche-07/le-teil/super-rapport-qualite-prix-au-teil-les-vetements-oublies-du-marathon-de-paris-revendus-a-3-50-euros-le-kilo-8819646
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