🎧 Un homme de 46 ans, originaire de Meurthe-et-Moselle, a été retrouvé sans vie au pied du couloir du Goûter dans le massif du Mont-Blanc.
Parti seul la veille pour une ascension en montagne, il n’avait plus donné de nouvelles. Ce nouveau drame rappelle à quel point ce secteur emblématique de la voie normale du Mont-Blanc demeure l’un des passages les plus redoutés des alpinistes.
Chaussures de trail Salomon en promotion pendant les ventes privilèges sur i-run
liens affiliés sans partenariat avec Salomon
chaussure Salomon S-Lab Ultra Dust
Pourquoi le couloir du Goûter concentre-t-il autant d’accidents
Le paradoxe du couloir du Goûter est qu’il se trouve sur l’itinéraire le plus fréquenté du Mont-Blanc. Beaucoup imaginent donc qu’il s’agit d’un passage relativement sécurisé. C’est tout l’inverse.
Chaque année, des milliers d’alpinistes empruntent cette voie normale. Cette fréquentation importante augmente mécaniquement l’exposition au risque. Plus il y a de passages, plus la probabilité qu’un accident survienne augmente.
Le couloir est devenu au fil des années l’un des secteurs les plus surveillés du massif. Les secours du PGHM y interviennent régulièrement pour des blessures, des chutes ou des victimes touchées par des pierres.
Le décès de cet homme de 46 ans, retrouvé jeudi matin après une nuit de recherches, s’ajoute à une longue liste d’accidents qui ont marqué l’histoire récente du Mont-Blanc.
Parce que les chutes de pierres sont un danger
Lorsqu’on évoque les dangers du Mont-Blanc, beaucoup pensent aux crevasses ou aux avalanches. Pourtant, dans le couloir du Goûter, le risque numéro un est ailleurs.
Les rochers.
Le passage traverse une pente extrêmement raide où des pierres se détachent régulièrement des parois supérieures. Certaines sont de petite taille. D’autres peuvent atteindre plusieurs dizaines de kilos.
Lorsqu’elles dévalent le couloir, leur vitesse devient impressionnante. Un casque protège contre certains impacts, mais pas contre les blocs les plus importants.
Les guides de haute montagne connaissent parfaitement ce phénomène. C’est la raison pour laquelle ils apprennent aux alpinistes à observer attentivement le couloir avant de s’engager et à le traverser sans s’arrêter.
Cette menace permanente explique pourquoi ce passage est parfois surnommé « le bowling » par les montagnards.
Parce que le réchauffement climatique aggrave la situation
Le couloir du Goûter était déjà dangereux il y a plusieurs décennies. Mais de nombreux spécialistes estiment aujourd’hui que le phénomène s’accentue.
La raison se trouve dans le permafrost.
Cette couche de glace présente dans les fissures rocheuses agit comme une colle naturelle. Lorsqu’elle fond sous l’effet du réchauffement climatique, les blocs deviennent moins stables.
Résultat : davantage de pierres se détachent des parois.
Les étés plus chauds accélèrent également les cycles de gel et de dégel qui fragilisent la montagne. Certains guides affirment que les fenêtres de passage sécurisées deviennent de plus en plus courtes au fil des années.
Le Mont-Blanc est ainsi devenu un laboratoire grandeur nature des conséquences du changement climatique en haute montagne.
Parce que les alpinistes traverse le couloir en courant
Pour un observateur extérieur, la scène peut sembler étrange.
Arrivés devant le couloir, les alpinistes s’arrêtent, regardent la pente pendant quelques secondes puis traversent le plus vite possible.
Cette attitude répond à une logique simple : réduire au maximum le temps d’exposition.
Plus un alpiniste reste longtemps dans le couloir, plus il augmente la probabilité de se retrouver sur la trajectoire d’une chute de pierres.
C’est aussi pour cette raison que les ascensions vers le refuge du Goûter commencent souvent au milieu de la nuit ou très tôt le matin. Les températures sont alors plus basses et les éboulements généralement moins fréquents.
Malgré ces précautions, le risque ne disparaît jamais complètement.
Parce que beaucoup de personnes partent seules
Les circonstances exactes du décès survenu cette semaine restent inconnues. Il serait donc inapproprié d’établir un lien direct entre l’accident et le fait que la victime évoluait seule.
En revanche, les professionnels de la montagne rappellent régulièrement qu’une ascension en solitaire comporte davantage de risques.
En cas de chute, de blessure ou de malaise, personne ne peut donner immédiatement l’alerte. Dans des secteurs aussi exposés que le couloir du Goûter, chaque minute peut pourtant compter.
L’alpinisme en solo n’est pas interdit et de nombreux pratiquants expérimentés le pratiquent. Mais cette autonomie s’accompagne d’une responsabilité accrue et d’une marge d’erreur beaucoup plus faible.
En résumé, malgré les risques, le couloir du Goûter reste incontournable
C’est probablement la question la plus surprenante.
Si ce passage est aussi dangereux, pourquoi continue-t-il d’être utilisé ?
La réponse est simple : il constitue l’accès principal à la voie normale française du Mont-Blanc. Pour la majorité des candidats au sommet, il représente le chemin le plus direct vers le refuge du Goûter puis vers le toit des Alpes.
Des aménagements ont été réalisés au fil du temps. Des câbles facilitent la traversée et les autorités diffusent régulièrement des consignes de sécurité.
Mais aucune infrastructure ne peut supprimer totalement le risque naturel lié à la géologie du lieu.
C’est cette réalité qui fait du couloir du Goûter un passage unique : extrêmement fréquenté, mondialement connu, mais toujours redouté.
Source
- https://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/haute-savoie/chamonix/un-alpiniste-de-46-ans-retrouve-mort-en-bas-du-couloir-du-gouter-dans-le-massif-du-mont-blanc-3367294.html/li>
Lire aussi
- Pourquoi les traileurs devraient renoncer à l’ascension du Mont-Blanc(
- Azimut Nord : 1334 km et 23 400 d+ en 11 jours, l’incroyable traversée de la France
- Le trail n’est pas écolo
- Comment continuer à courir en été avec le réchauffement climatique ?





