🎧 Écouter le rĂ©sumĂ© de l’article sur les consĂ©quences de la 43e de Kilian Jornet Ă Zegama – DurĂ©e totale : 0:48
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43e Ă Zegama : Kilian Jornet est-il devenu un coureur comme les autres ?
43e. Oui, 43e. Vous avez bien lu. Kilian Jornet l’ultra-terrestre, Kilian Jornet le traileur surhumain, celui qui monte l’Everest avant le petit déjeuner et qui traverse les Alpes entre deux sandwichs, a fini Zegama à la 43e place.
Mais au-delà de la stupéfaction première, et légitime, il faut essayer de comprendre ce que cette place signifie pour Kilian Jornet ? Est-ce qu’elle signe le début de la fin ou n’est t-elle représentative que de son état de forme du jour, lié à des douleurs aux releveurs ?
Pourquoi on attendait Kilian Jornet ?
Il est important de commencer par comprendre les enjeux de cette Zegama-Aizkorri. Kilian a annoncé son retour sur cette course à l’occasion de son 25ème anniversaire. Tout le monde s’est dit la même chose : une 12e ici, presque comme à la maison, sur des sentiers qu’il a déjà mis à genoux.
Mais cette annonce s’est faite après celle de son programme annuel, incluant non pas une grande aventure, mais le triptyque Western 100, Sierre-Zinal, et UTMB au mois d’aoĂ»t. Kilian a d’ailleurs fait valoir qu’il revenait ici sans chercher d’abord pour retrouver l’ambiance, l’organisation, les sentiers. CĂ´tĂ© perf, il n’avait jamais vraiment vendu quoi que ce soit.
A noter aussi que Kilian est là parce qu’il vient promouvoir le label Green Trail Concept issu de sa formation pour promouvoir un trail plus écoresponsable. Zegama est l’une des toutes premières courses à en bénéficier.
Il y a donc d’un côté le public et les médias qui veulent revoir Kilian Jornet comme il était il y a quelques années, ultra dominateur. Et il y a Kilian Jornet qui ajoute Zegama à son programme en guise de bonbon plaisir, ou d’apéritif. Et forcément, cette différence de regard ouvre des perspectives différentes sur la lecture de la course.
Kilian Jornet en course, la transparence
Kilian Jornet est sans aucun doute le coureur que le public, massif et enthousiaste, présent sur le bord des sentiers, attendait le plus. Cette visibilité contraste beaucoup avec la présence sportive de Jornet qui fut anecdotique.
Des 42 km de course, il n’en a jamais été en tête. C’est Rémi Bonnet, le spécialiste du kilomètre vertical, qui a imposé le tempo des premiers kilomètres, Jornet, Pattis et Elazzaoui étant en chasse derrière lui. Jornet n’était alors que dans un rôle de poursuivant.
Sur les premiers kilomètres on peut interpréter cela simplement comme de la stratégie. Mais, au fil du D+ et des kilomètres, les distances se sont légèrement agrandies.
Au point de repère de Sancti Spiritu, légendaire passage de la Zegama situé presque à mi-course, Jornet pointait déjà à la 5e place avec 2 minutes de retard. Mais c’est vraiment ensuite que la course s’est terminée pour Jornet. Du 20e au 30e km, il avait déjà perdu 4 autres places, ce qui, à ce niveau, est déjà synonyme de fin de course.
Voilà les faits, tels que l’on a pu les suivre en direct ce matin sur les diférents live de la course.
L’analyse de Jornet
A peine la course terminĂ©e que Kilian Jornet a dĂ©jĂ pu partager ses premières impressions sur cette journĂ©e, qu’il qualifie pudiquement de “journĂ©e difficile”. Manque de jambes ou de mental, pas envie de s’abĂ®mer alors que la victoire Ă©tait perdue, ou baisse de niveau, les quelques mots de Jornet ne disent rien de clair sur son “ rythme lĂ©gèrement diffĂ©rent aujourd’hui”.
Il a fallu attendre quelques heures après la course pour que l’information complète tombe enfin. Kilian Jornet a eu des douleurs aux releveurs sur la course, ne lui permettant pas de laisser son talent s’exprimer. La violente descente de fin de course lui aura été fatale et aura plombé son arrivée.
Il est dommage d’ailleurs que Jornet communique en 2 temps sur ce qui n’est qu’un alĂ©a du haut niveau, une douleur assez commune comme les releveurs. Son post mentionne une “journĂ©e difficile”. Dire clairement dès le dĂ©but l’origine de la contre-performance permet d’éviter d’inutiles spĂ©culations. Jornet n’a plus rien Ă prouver sur le plan sportif. ĂŠtre blessĂ©, et maintenir un tel niveau sportif, reste en soi dĂ©jĂ un exploit dont il ne faut pas se cacher.
Quel avenir pour Jornet ?
On aurait pu parler ce soir du déclin de Jornet en voyant cette 43e position s’afficher au tableau final. Sauf que non. Rien de la course d’aujourd’hui ne dit vraiment le niveau actuel de Kiki.
A presque 40 ans, avec plus de 20 ans à réaliser des exploits sans commune mesure, et face à une nouvelle génération très performante, chaque blessure peut-être le signe avant-coureur d’un déclin inéluctable. Mais la force de Jornet, c’est d’avoir un corps hors normes et des capacités de récupération qui font rêver n’importe quel athlète.
La prochaine échéance de Jornet est fin juin, avec la Western States 100. Entre ses capacités physiques et le bon protocole de récupération, tout porte à croire que ce problème de releveurs, lié entre autres à la particularité du terrain, ne sera plus qu’un mauvais souvenir. Jornet sera prêt !
Zegama 2026, simple douleur ou début d’une nouvelle ère ?
43e à Zegama, avec des douleurs aux releveurs. Est-ce que c’est le vrai niveau de Kilian dans ces conditions ? Est-ce qu’il a laissé filer la victoire, en la sachant perdue, pour se concentrer sur le public et la préservation physique ? Ou est-ce que le poids des ans et les milliers de km l’empêchent désormais d’avoir autant de résilience qu’il y a quelques années ?
Là encore, Kilian Jornet ne répondra pas avec précision. Mais ce qui est sûr, c’est que la course d’aujourd’hui ne nous dit rien de la Western à venir, et on est encore plus impatient !






