Rachel Entrekin : sa gestion du sommeil sur la Cocodona 250 est peut-être encore plus folle que son record
Lorsque Rachel Entrekin a franchi la ligne d’arrivée de la Cocodona 250 2026 en 56 h 09 min 48 s, toute l’attention s’est logiquement portée sur son exploit sportif. Gagner une course de plus de 400 km au scratch, hommes et femmes confondus, tout en battant le record de l’épreuve de plusieurs heures, semblait déjà presque irréel. Pourtant, au fil des heures, un autre chiffre a commencé à fasciner le monde du trail.
Dix-neuf minutes.
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Rachel Entrekin : la gestion de son sommeil
C’est le temps total de sommeil de Rachel Entrekin pendant toute la course. Trois micro-siestes de 5 minutes, 7 minutes puis encore 7 minutes, directement sur le sol, en plein milieu de l’Arizona. À ce niveau-là, on ne parle plus seulement d’endurance physique. On entre dans une autre dimension de l’ultra-trail, celle où le cerveau devient probablement plus important encore que les jambes.
Un combat neurologique, pas physique
Le grand public imagine souvent qu’un ultra de ce type se joue essentiellement sur les muscles, le cardio ou l’alimentation. Bien sûr, ces paramètres restent essentiels. Mais sur des courses qui dépassent deux nuits sans sommeil, le facteur déterminant finit souvent par être la résistance mentale et neurologique.
Les hallucinations
En ultra-trail, ces épisodes sont pourtant de grands classiques. Certains coureurs racontent voir des animaux sur le sentier, des maisons imaginaires, des silhouettes qui disparaissent dans les arbres ou entendre des conversations qui n’existent pas. Plus les heures passent, plus le cerveau tente de compenser son état d’épuisement.
C’est précisément pour éviter cette bascule que beaucoup d’athlètes prévoient des pauses sommeil relativement courtes mais régulières.
L’exemple de Courtney Dauwalter avec des sièstes de 20 minutes
Même Courtney Dauwalter, qui fait pourtant partie des coureuses les plus résistantes de l’histoire, utilise souvent des siestes d’environ vingt minutes sur les très longs formats. Ces pauses ne servent pas réellement à récupérer musculairement. Elles permettent surtout de remettre temporairement le cerveau “en ordre”, afin de retrouver un minimum de lucidité avant de repartir.
Comment s’entrainer à courir sans dormir
Un tel niveau de résistance ne s’improvise évidemment pas le jour de la course. Les spécialistes de l’ultra-endurance développent progressivement leur capacité à gérer le manque de sommeil, les efforts nocturnes et les longues périodes d’inconfort mental.
Cela ne signifie pas qu’ils “s’habituent” totalement à la privation de sommeil. En réalité, personne n’y échappe vraiment. Mais certains athlètes apprennent à reconnaître les signaux d’alerte, à gérer leurs émotions sous fatigue et à continuer à prendre des décisions cohérentes malgré l’épuisement.
Rachel Entrekin explique d’ailleurs avoir une approche assez atypique de l’entraînement. Elle ne fonctionne pas avec des volumes gigantesques obsessionnellement calculés ni avec un cadre ultra rigide. Son approche semble davantage tournée vers la gestion globale du stress, de l’effort et de l’endurance mentale.
Et dans une course comme la Cocodona, cette dimension psychologique devient centrale. Quand les jambes brûlent depuis des dizaines d’heures, que le cerveau réclame du sommeil et que chaque montée paraît interminable, la différence se joue souvent dans la capacité à continuer à avancer sans paniquer.
Il ne faut surtout pas banaliser ce type de stratégie
L’exploit de Rachel Entrekin est fascinant, mais il rappelle aussi à quel point l’ultra-trail de très longue distance peut devenir extrême. Dormir aussi peu pendant un effort aussi violent pour l’organisme reste quelque chose de potentiellement dangereux, même pour des athlètes expérimentés.
Les risques liés à la privation de sommeil sont bien documentés.
C’est d’ailleurs ce qui rend ces performances si rares. Très peu de coureurs sont capables d’encaisser un tel niveau de fatigue tout en restant performants. Et surtout, très peu devraient chercher à reproduire ce genre de gestion sur leurs propres courses.
Il existe un immense écart entre un ultra-traileur professionnel entouré d’une équipe complète, avec assistance permanente et expérience énorme des formats extrêmes, et un amateur engagé sur un 100 miles avec une préparation plus classique.
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