Personne ne pourra dire le contraire, si on aime autant Courtney Dauwalter, ce n’est pas que pour ses performances, c’est aussi pour son sourire.
Ce n’est pas le sourire de la pin-up ou de l’instagrameuse qui se force à faire plaisir à ses abonnés. Non, c’est le sourire d’une guerrière qui a compris que d’extérioriser le bonheur de vivre de telles aventures était sûrement son meilleur atout pour parvenir au bout des ultra les plus exigeants de la planète.
Non, parler du sourire de Courtney Dauwalter, n’est pas anecdotique, il dit tout ou presque de l’une des plus grandes championnes de l’ultra trail. Eh oui ! Pendant que nous sommes trop nombreux à râler parce que la couture du short frotte, une autre souffre 60 heures, mais avec le sourire !
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Cocodona 250, le sourire de Dauwalter comme le meilleur des alliés
Vous avez suivi la Cocodona 250 ? Cette traversée de l’Arizona de plus de 400 km de long qui a débuté lundi dernier est considérée comme l’un des ultra les plus ultra. C’est vrai que beaucoup peuvent se vanter d’un tel qualificatif, mais entre les sentiers désertiques et les pistes alpines sur 12 000 m de D+, on est bien sur un chantier titanesque.
Cette course s’est terminée sur l’incroyable victoire, au scratch de Rachel Entrekin, et la deuxième place féminine de Courtney. Mais, et c’est assez notable pour être souligné, la Queen en a bavé. Sa deuxième place en est déjà la démonstration. Surtout, on l’a vu souffrir. On a vu son visage profondément marqué par le manque de sommeil, le stress oxydatif, et peut-être aussi par son erreur de quelques miles ou par une première place qui ne lui était plus promise depuis déjà de nombreuses heures.
Mais jamais, oh grand jamais Courtney ne perd son sourire. C’est simple, on ne l’a jamais vu autrement que exhiber ses grandes dents blanches qu’elle nettoie à certains de ses ravitaillements. N’imaginez pas que c’est là une coquetterie de sa part, c’est au contraire une partie constituante d’une stratégie mentale qui fait d’elle une coureuse hors normes.
Courtney, à contre-courant, toujours
Il n’y a pas qu’avec ses shorts de basket XXL que Courtney est à contre-courant des modes et des diktats de la performance. Son sourire est là aussi. Dans un milieu de puristes qui adorent glorifier la souffrance virile et les visages tordus par l’effort pour gratter de la validation sur Strava, sa décontraction démolit complètement les idées reçues.
Elle ne cache pas souffrir, on connaît tous d’ailleurs la mention de son pain cave. Mais au lieu de maugréer, de grimacer, de pleurer en courant, et de s’enfoncer dans une spirale délétère, Courtney sourit. A la moindre caméra, au moindre passant, au moindre spectateur, et sûrement même lorsque personne ne la voit, Courtney sourit. Elle souffre, et ne s’en cache pas. Mais au lieu de glorifier sa douleur (comme le ferait un coureur masculin), elle l’accepte et en prend son parti.
On l’a pourtant vue au fond du trou sur cette Cocodona 250, prendre un temps plus long que d’habitude sur les ravitaillements, se perdre de 8 km environ et perdre ainsi presque 1 heure de son temps, ou encore être totalement vidée de son énergie. L’Arizona ne fait pas de cadeaux, même aux meilleurs.
Mais ce sourire (presque) permanent, c’est une arme de destruction massive contre la souffrance. Là où n’importe qui se crispe et perd une énergie folle, elle relativise, se relâche, comme si elle regardait simplement le bon côté des choses (alors qu’il n’y en a objectivement pas beaucoup !).
En résumé, la première place lui a échappé sur presque toute la course, elle termine deuxième (dans un temps pourtant exceptionnel) et elle a vécu là sans doute la course la plus difficile de sa carrière.
Et pourtant, même au fond du trou, Courtney Dauwalter a gardé le sourire.
Et c’est aussi ça qui fait qu’on l’aime. Bien meilleur que nous tous réunis, elle peine comme n’importe quel autre athlète. Mais elle reste positive comme personne d’autre ne sait le faire. Et forcément, le bonheur, c’est contagieux.






