Marathon de Paris 2026 : revendre son tee-shirt ou sa médaille, c’est sale… ou pas !
Chaussures de trail en promotion sur i-run
Oui, on vous voit lever les yeux au ciel. Le marathon n’est même pas fini depuis 24 heures pour certains qu’il y a déjà des dizaines d’annonces de revente de produits estampillés au nom de la course sur Le Bon Coin ou Vinted.
Bien sûr, on peut jouer au père la morale et dire à quel point c’est une offense au sport que de revendre sa médaille, la Une de l’Équipe ou un tee-shirt Schneider Electric. Mais est-ce que les choses sont si simples que ça ?
Un marathon de Paris qui coûte un bras, des objets qui rapportent
Le Marathon de Paris, c’est pas le 10 km de votre quartier et son dossard à 10 euros. Le prix du dossard est toujours l’occasion de râler, et à plus de 130 euros, on comprend pourquoi. Entre le trajet, le parking, l’hôtel et l’équipement, on peut “claquer” 300 euros avant même le départ. Et le dossard n’est que le début de l’addition puisqu’on ne parle pas de l’équipement sportif à proprement parler.
De l’autre, le marathon est une épreuve qui suscite énormément d’envie. L’objectif sportif, l’aspect festif de l’ambiance, l’engouement est indéniable, et donc l’envie d’en garder une trace aussi.
Toutes les conditions sont donc réunies pour que les objets liés à la course deviennent une opportunité marchande.
Qui vend, et pourquoi vendre ?
La vente se fait d’abord parce qu’il y a une certaine inutilité dans les articles et goodies estampillés Marathon de Paris. Vous en êtes déjà à votre douzième tee-shirt de running, pourquoi en mettre encore un peu plus au fond du placard ? C’est inutile, sans compter qu’il n’est peut-être pas à la bonne taille. Il ne faut pas critiquer ceux qui les revendent, mais ceux qui les entassent sans but chez eux, au prétexte qu’il s’agit du Marathon de Paris.
Il y a ceux qui amortissent le budget. Vous en avez eu pour 40 euros de parking sur la journée ? Et si la revente de la médaille (que vous laisserez traîner dans le fond d’un tiroir d’ici une semaine) allait payer ce même parking ?
Bien sûr, on peut trouver trivial le besoin d’aller chercher 30 ou 40 euros pour payer une partie des dépenses liées à sa course. Mais il n’y a pas de jugement à apporter. Il y a peut-être même au contraire un peu d’admiration à porter à un public qui fait des efforts financiers pour s’offrir le luxe d’une épreuve sportive dont il se souviendront longtemps.
Après, soyons honnête, il y a aussi des opportunistes qui y voient simplement le moyen de se faire un peu de marge sur des produits pour lesquels ils n’ont pas d’affect. Cadeau du marathon, achat impulsif ou besoin de compléter son équipement à la dernière seconde, pourquoi garder s’il n’y a plus d’utilité ?
Mais qui achète ?
La vraie question serait peut-être de savoir qui achète ? La médaille sert à frimer sur les réseaux sociaux sans courir ? Peut-être, ou alors elle sert à remplacer le modèle perdu dans la confusion de la journée.
Pourquoi acheter le sac d’hydratation ? Peut-être parce que vous n’en avez pas, ou un qui commence à faire grise mine ? Alors pourquoi ne pas choisir celui aux couleurs du Marathon de Paris. La démarche ne me semble pas si différente de ceux qui achètent un maillot de sport aux couleurs de leur club de cœur.
Et puis il y a les petits malins, tout simplement. En voyant les goodies, ils ont été tentés. Puis le prix les a refroidi. Avec le marché de la seconde main, on achète à moindre coût des produits estampillés Marathon de Paris, où l’on achète ceux que l’on n’a pas pu obtenir.
Un marathon est peut-être une épreuve sportive, mais il y a aussi une dimension émotionnelle. Ce sont des souvenirs que l’on se forge le long de ces 42.195 km. Quel mal y a-t-il à vouloir les prolonger et les matérialiser ?
Crime de lèse-running ?
Mais la question n’est pas la revente, mais plutôt de comprendre ce qui est revendu, et à qui ? Il y a une forme de bon sens dans l’idée de faire tourner les produits liés au Marathon de Paris. Le marathon, c’est le dépassement de soi, mais un dépassement qui coûte une fortune. Il est alors sain d’en limiter les coûts. Ça permet de mieux repartir pour la prochaine grande course.
Enfin, faire la morale pour quelques tee-shirts revendus alors que absolument tout est monétisé durant le marathon, c’est un peu fort !
Lire aussi
- Diagonale des Fous : un traileur s’envoie par Vinted pour éviter le prix du billet d’avion
- Une traileuse auditionnée par la police car elle porte un tee-shirt de trail qu’elle n’a pas gagné
- Le tee-shirt de Clemquicourt revendu à 120 € prouve son poids médiatique
- Ils revendent leur médaille de finisher du marathon de Paris 150 euros sur Leboncoin






