UTMB 2026 sans François D’Haene (mais avec Jornet)
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Il y a quelques légendes à l’UTMB, elle-même course mythique dans le monde du trail. Il y a bien sûr Kilian Jornet. Mais il y a aussi François D’Haene. Il est même le premier à avoir obtenu 4 fois la victoire sur la “course de quartier” de Chamonix.
Mais l’édition 2025 n’a pas été favorable au beaufortain qui a dû abandonner sur blessure en cours de route. Et il ne reviendra pas cette année, D’Haene ayant projeté depuis longtemps de consacrer son été à une tentative de record sur le GR20 corse, lui qui en a été le détenteur en 2016. Il vient d’officialiser ce choix.
L’absence de François D’Haene change-t-elle la donne pour l’épreuve mythique de l’UTMB ? Kilian Jornet y est-il pour quelque chose ? Ou est-ce que le trail a tout à gagner à cette absence ? Essayons de tirer au clair ce que cette absence nous dit.
Le choix de François D’Haene, un choix sportif
La plupart des grands compétiteurs en trail ne font pas l’UTMB chaque année. La course phare du circuit mondial connaît un tel engouement, et demande un tel dévouement, qu’elle est souvent la course principale à l’année, celle autour de laquelle tourne toute la préparation. Y aller tous les étés, c’est se confronter à une certaine répétition, à un apprentissage forcément biaisé par les caractéristiques de la course chamoniarde, et y retrouver sensiblement les mêmes compétiteurs. C’est aussi se confronter à une pression énorme, tant par l’enjeu que par la présence des sponsors qui attendent une visibilité maximale.
Toutefois, on aurait pu imaginer qu’après la violente blessure de D’Haene, et l’abandon de 2025, ce dernier revienne à Chamonix avec le même objectif : être le premier à cumuler 5 victoires. Sauf que non ! Après sa blessure en 2025, il a fait une longue pause de plusieurs semaines, avant de se lancer ensuite dans la préparation de la Pierra Menta.
L’UTMB s’est éloigné du quotidien de François D’Haene. Aujourd’hui, son esprit sportif le pousse vers d’autres objectifs, avec en ligne de mire une tentative de FKT sur le GR20 corse.
En tant que spectateur, cette absence est remarquée tant pour François lui-même que pour le duel qui s’annonçait déjà. Rappelons que Kilian Jornet a promis de revenir à Chamonix cet été. Le retour du Messie à la maison qui va affronter la légende D’Haene, le tableau était déjà magnifique. Mais il n’aura pas lieu.
Quel impact pour l’UTMB ?
L’absence des élites, le défaut structurel de l’UTMB
Dans de nombreux sports, les épreuves reines sont l’opportunité d’une confrontation annuelle (ou pluriannuelle) entre les meilleurs pratiquants du monde. Tous les grands cyclistes sont au Tour de France, et tout le gratin de l’ATP se réunit pour chaque grand chelem. Djoko, Nadal ou Alcaraz ne font pas l’impasse sur un Open d’Australie, Wimbledon ou Roland Garros juste pour la forme ou se préserver en vue d’un tournoi futur.
On est sur un phénomène inverse dans le trail, phénomène que l’absence de D’Haene cet été renforce encore une fois. Avec le retour de Kilian Jornet, on aurait espéré un match hors norme. Il y aurait d’un côté ces jeunes coureurs nourris aux datas, aux entraînements scientifiques et boostés par les recherches les plus pointues de leurs équipementiers. On pense à Tom Evans ou Caleb Olson par exemple, et Mathieu Blanchard pour les Français.
De l’autre, il y aurait eu ces coureurs qui ont avant tout de l’expérience, de la pratique et dont François D’Haene est forcément le meilleur représentant, mais on pense aussi bien sûr au papy du trail Ludovic Pommeret. Et au milieu, Kilian Jornet aurait été l’arbitre de cet affrontement, lui aussi capitalisant sur son incroyable expérience.
C’est d’autant plus dommage pour cette bagarre que c’est la recherche de la confrontation avec les nouveaux du milieu du trail qui a poussé Jornet à revenir. Évidemment, toutes les élites ne peuvent pas se retrouver au même endroit au même moment, cela tient aussi à la nature de ce sport dont chaque ultra où l’on se donne à 100% demande des semaines voire des mois de récupération complète.
Une autre vision du trail
En quelque sorte, tout a déjà été dit sur les limites de la croissance de l’UTMB (on se souvient à propos du célèbre mail de Jornet au début de 2024). L’UTMB est une course sportive, mais aussi une course à la visibilité, à la vente de tee-shirts roses et au business.
François d’Haene n’a jamais été friand de cet aspect de son sport. Il le dit volontiers dans ses interviews, mais surtout il le fait vivre, notamment avec son Ultra Spirit. Pas de chronomètre, un bivouac, la culture du Beaufortain à l’honneur, la dimension humaine avant tout, c’est aussi ça l’ultra-trail que défend D’Haene. Il ne s’agit pas de dire que l’un est mieux que l’autre, mais de dire que les deux peuvent cohabiter. Dans la pratique, cette cohabitation est difficile, l’Ultra Spirit 2026 étant pour l’instant entre parenthèses.
Se concentrer sur le GR20, c’est aussi une façon de dire que l’UTMB a de la valeur sportive, évidemment, mais que ce n’est pas la seule façon de se donner, de se dépasser, et d’être un grand champion. Les élites ne vivent pas uniquement par et pour Chamonix.
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