Ce vendredi 6 mars 2026, une quarantaine de coureurs vont s’élancer à Bath, dans le sud-ouest de l’Angleterre, pour l’une des épreuves les plus singulières du calendrier d’ultra-endurance : The Tunnel 200 Miles. Sur le papier, la course affiche des chiffres qui parlent aux amateurs d’ultra : 321 kilomètres à parcourir en moins de 55 heures.
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Le concept de The Tunnel 200 Miles
Mais derrière cette distance impressionnante se cache un concept radical qui déroute une partie de la communauté trail. Car ici, il n’est pas question de montagnes, de sentiers techniques ou de paysages sauvages.
– un long couloir souterrain d’environ 1,6 kilomètre.
– Pour atteindre les 200 miles, les participants doivent effectuer une centaine d’allers-retours,
– soit près de 200 passages dans le même tunnel.
Autrement dit, pendant plus de deux jours, les coureurs évoluent presque exclusivement sous terre, dans un environnement froid, humide et répétitif. Une configuration qui pousse certains observateurs à poser une question simple : courir 321 kilomètres dans un tunnel peut-il encore être considéré comme du trail ?
Infos pratiques 2026
🔴 Heure de départ de The Tunnel 2026 (heure française)
La course The Tunnel 200 Miles 2026 a lieu ce vendredi 6 mars dans le tunnel ferroviaire de Combe Down à Bath, en Angleterre.
Le départ est prévu à 15 h 30 heure locale britannique.
Comme le Royaume-Uni a une heure de décalage avec la France, cela correspond à :
👉 16 h 30 heure française.
Les coureurs disposent ensuite de 55 heures maximum pour parcourir les 321 kilomètres de l’épreuve, soit environ 100 allers-retours dans le tunnel.
The Tunnel s’éloigne radicalement de l’esprit du trail
Le trail s’est historiquement construit autour d’un rapport étroit avec la nature.
Les sentiers de montagne, les terrains techniques, les variations de relief et les conditions météo font partie intégrante de la discipline. C’est précisément cette immersion dans l’environnement naturel qui distingue le trail de la course sur route ou sur piste.
Dans The Tunnel, cet élément disparaît presque totalement. Le parcours est plat, monotone et parfaitement linéaire. Les coureurs avancent sur une ancienne voie ferrée compactée, sans relief ni changement de terrain. Le décor reste le même du premier au dernier kilomètre : un tube sombre, humide et interminable.
L’effort physique n’en est pas moins considérable, mais l’expérience proposée s’éloigne clairement de l’imaginaire habituel du trail.
Là où la discipline met en avant l’aventure, l’exploration et le contact avec la nature, cette course propose au contraire un environnement clos, répétitif et artificiel.
Une épreuve fondée sur la privation sensorielle
La particularité de The Tunnel ne tient pas seulement à son parcours. L’épreuve repose aussi sur une dimension psychologique très marquée. Pendant la nuit, entre 23 heures et 5 heures du matin, certaines sections du tunnel sont plongées dans une obscurité presque totale. Les coureurs progressent alors uniquement à la lumière de leur lampe frontale.
Dans ces conditions, la perception du temps et de l’espace peut rapidement se brouiller. La répétition constante du même décor, combinée au manque de sommeil et à l’isolement, crée un environnement mental particulièrement exigeant. Plusieurs participants des éditions précédentes ont d’ailleurs évoqué des hallucinations visuelles ou des sensations de désorientation après plus de vingt heures de course.
Un format volontairement répétitif
Le principe même de la course illustre cette logique. Pour parcourir les 321 kilomètres, les coureurs doivent effectuer 100 allers-retours dans le tunnel, soit environ 200 passages d’une extrémité à l’autre.
Ce fonctionnement transforme progressivement la course en une sorte de boucle mentale. Chaque aller ressemble au précédent, chaque demi-tour relance une nouvelle traversée identique à la précédente. Au fil des heures, la progression devient presque mécanique : avancer, atteindre la sortie, faire demi-tour, puis recommencer encore et encore.
Dans un sport où la variété du terrain constitue souvent une source de motivation, cette répétition extrême peut devenir l’un des principaux obstacles psychologiques.
Des conditions de course volontairement minimalistes
L’organisation revendique une approche très dépouillée de l’ultra-endurance. L
Il n’existe pas de véritable zone de repos dans le tunnel, et les participants peuvent simplement laisser un sac personnel à l’entrée de l’infrastructure. Les toilettes se trouvent également à l’extérieur, ce qui oblige à sortir du tunnel en cas de besoin.
Ce minimalisme contraste avec le prix du dossard, qui dépasse 300 euros, un tarif qui peut surprendre au regard des services proposés.
Beaucoup d’abandons et une barrière horaire stricte
Depuis la création de l’épreuve en 2019, le taux d’abandon reste particulièrement élevé. Certaines éditions n’ont vu qu’une poignée de finishers franchir la distance complète.
Une règle contribue à renforcer la pression : les participants doivent atteindre 160 kilomètres en moins de 27 heures et 30 minutes. Ceux qui n’atteignent pas ce seuil sont automatiquement éliminés. Cette contrainte oblige les coureurs à maintenir un rythme relativement élevé dès la première moitié de l’épreuve.
La seconde partie de la course devient alors une confrontation directe avec la fatigue, le manque de sommeil et l’usure mentale.
Les participants à The Tunnel 2026
L’édition 2026 rassemble un plateau international d’une quarantaine d’ultra-coureurs, tous sélectionnés après avoir déjà terminé au moins un 100 miles.
Parmi les participants figurent notamment Frank Götze, James Parsons, Craig Mitchley, Dylan Gould, Harry Gripper, Christof Teuscher ou Manuel Viezzi, des habitués des épreuves d’endurance extrême.
La France sera également représentée. Le nom le plus connu est celui de Christian Mauduit, spécialiste des courses très longues distances et déjà plusieurs fois sur le podium de cette épreuve. D’autres coureurs français figurent également sur la liste de départ, comme Philippe Richet, Pierre Zürcher ou Fabrice Papillon.
Chez les femmes, la concurrence s’annonce également ouverte avec des athlètes comme Emily Plummer, Marsha Muller, Agnieszka Kaminska, Claire Smith ou Melissa Venables.
Le nom qui revient le plus souvent est celui de Christian Mauduit, spécialiste des épreuves d’ultra-endurance très longues et des formats atypiques.
Habitué des compétitions extrêmes comme les Six Jours de France, il a remporté The Tunnel en 2021 en 51 h 40. Il est ensuite revenu sur le podium lors d’une édition plus récente avec un chrono encore plus rapide, 46 h 49, preuve qu’il s’est parfaitement adapté à ce format très particulier.
Son approche repose sur une stratégie typique des courses de très longue durée : maintenir un rythme régulier, limiter les arrêts et utiliser de courtes micro-siestes de quelques minutes pour gérer la fatigue.
Pour l’édition 2026, plusieurs Français figurent encore sur la liste de départ, notamment Christian Mauduit, mais aussi Philippe Richet, Pierre Zürcher ou Fabrice Papillon, preuve que ce défi hors norme continue d’attirer des coureurs français attirés par les formats les plus extrêmes de l’ultra-endurance.
Alex Marshall : c’est une femme qui détient de record de l’épreuve
La course The Tunnel Ultra possède déjà quelques performances marquantes malgré son histoire récente (créée en 2019).
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Record absolu de l’épreuve : Alex Marshall — 41 h 16 min 43 s (2025)
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Ancien record : Guy Bettinson — 43 h 06 min (2020)
La Britannique Alex Marshall a marqué l’histoire de la course en 2025, en remportant l’épreuve et en établissant le meilleur temps jamais réalisé sur ces 321 km dans le tunnel de Combe Down. Elle a bouclé les 100 allers-retours en 41 h 16 min 43 s, battant largement l’ancien record détenu par Guy Bettinson.
Sa performance est d’autant plus marquante qu’elle a terminé largement devant tous les hommes, un fait assez rare dans les courses d’ultra-endurance de cette distance.
En résumé, The Tunnel est une expérience unique… mais qui interroge
Avec son parcours souterrain et son concept radical, The Tunnel ne ressemble à aucune autre course du calendrier d’ultra-endurance. Certains y voient une expérience extrême fascinante, une exploration des limites mentales et physiques du corps humain.
D’autres s’interrogent davantage sur le sens d’une telle épreuve. Dans un sport profondément associé aux grands espaces et à la nature, courir plus de 300 kilomètres dans un tunnel peut apparaître comme une forme de paradoxe.
La course attire pourtant chaque année des candidats prêts à tenter l’expérience. Peut-être parce qu’au fond, l’ultra-endurance a toujours été attirée par les défis les plus inhabituels.
Reste que pour beaucoup de traileurs, une question persiste : quand on court 321 kilomètres sous terre, sans paysage ni sentier, est-on encore dans l’univers du trail ?
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