Pourquoi cette question se pose aujourd’hui
La Lapland Arctic Ultra vient à peine de se terminer et une question circule déjà dans les discussions autour de la course : Mathieu Blanchard a-t-il dormi pendant ses 185 km en Laponie ?
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Mathieu Blanchard nous reproche à nous media d’avoir écrit qu’il a couru la Lapland Arctic Ultra sans dormir
La question peut sembler anecdotique. Pourtant, elle est devenue un véritable sujet après les réactions publiées par l’athlète lui-même sur ses réseaux sociaux. Dans un message publié après la course, Mathieu Blanchard explique qu’il lit encore que “il n’aurait pas dormi”, ce qu’il juge inexact. Il précise s’être arrêté environ quatre heures au total, dont deux heures de siestes.
Il a raison : plusieurs média, dont nous, avons publié qu’il ne dormait pas. Nous avons mis à jour nos articles après son post mais d’autres articles circulent encore où il est mentionné que Mathieu Blanchard n’a pas dormi sur la Lapland.
Ici le titre du Figaro par exemple, article publié avant notre article par exemple.
Ici un post sur facebook
ici Cnews
Mathieu Blanchard a annoncé lui même avant la course qu’il ne souhaitait pas dormir, que c’était sa stratégie.
Avant même le départ de la Lapland Arctic Ultra, Mathieu Blanchard explique dans une interview donnée à l’Equipe qu’il envisage de parcourir les 185 km en “one push”, c’est-à-dire d’une seule traite sans dormir.
Cette déclaration est importante. Dans un sport comme l’ultra-endurance, la stratégie annoncée avant la course influence forcément la lecture que les médias et les observateurs feront ensuite de la performance.
Lorsqu’un athlète explique qu’il va tenter un effort continu sans sommeil, l’histoire est déjà écrite en partie : si la course se déroule comme prévue, elle sera racontée comme un exploit d’endurance sans pause.
Pendant la course elle même, son GPS indiquait qu’il ne dormait PAS
Dans le cas de la Lapland Arctic Ultra, le tracking public montre une progression quasi continue. Il ne met pas en évidence de longues pauses clairement identifiables comme des périodes de sommeil. Selon le tracking, il n’aurait dormi que 15 minutes en 37 heures. Même si nous avons l’habitude des bugs de balise, comment imaginer à ce moment là, que ça bugguait, sachant qu’il avait annoncé en amont de la course ne pas vouloir dormir.
Nous n’avons reçu aucune information officielle par ses équipes venant invalider le fait qu’il ne dormait pas
Dans le même temps, aucune communication officielle n’indique que l’athlète se serait arrêté plusieurs heures pour dormir.
Dans ce contexte, les médias travaillent avec les éléments dont ils disposent. Logiquement, beaucoup d’articles expliquent alors que Mathieu Blanchard a réalisé la course sans dormir ou presque, ce qui correspond à la combinaison des données visibles et des déclarations d’avant-course.
Mathieu Blanchard estime, que nous,les media n’avions qu’à vérifier l’information avant de la publier.
D’abord pourquoi la vérifier puisqu’elle est sourcée via la balise GPS et cohérente avec ses déclarations d’avant course, ensuite auprès de qui la vérifier puisque Mathieu Blanchard n’a, à notre connaissance, pas d’attaché de presse. Il a un agent qui gère le juridique mais qui ne nous a jamais envoyé d’ « infos presse ».
Après la course, Mathieu Blanchard a donc précisé qu’il a bel et bien dormi, contrairement à ce que tout le monde a publié.
Il explique qu’il s’est en réalité arrêté environ quatre heures au total, dont deux heures de siestes. Autrement dit, il n’a pas traversé la Laponie entièrement sans sommeil, même si ses arrêts sont restés très courts au regard de la durée totale de l’effort.
La problématique de cette fausse information qui a circulé révèle la limite du suivi médiatique en temps réel
Lorsque les seules sources sont un tracking public, quelques images et des déclarations d’avant-course, il est inévitable que certaines approximations apparaissent. Non pas par volonté de déformer les faits, non par volonté de nuire mais parce que la couverture d’une course en direct repose sur des éléments partiels.
Dans ce cas précis, l’idée que Mathieu Blanchard aurait couru sans dormir découle directement de trois éléments :
- la stratégie annoncée avant le départ
- l’absence d’information officielle indiquant des périodes de sommeil
- des données de tracking qui ne montraient pas clairement d’arrêts prolongés
Une fois la course terminée, l’athlète peut évidemment préciser ce qui s’est réellement passé sur le terrain, et nous faisons notre boulot, nous corrigeons.
Cette situation pose aussi une question plus large sur la circulation de l’information dans le sport.
Si un athlète souhaite contrôler précisément la manière dont sa performance est racontée pendant une course, plusieurs outils existent :
- publier des mises à jour régulières,
- communiquer avec TOUS les médias,
- ou utiliser les mécanismes classiques de droit de réponse une fois l’épreuve terminée.
À l’inverse, lorsque les informations restent rares pendant l’événement, les journalistes et les observateurs travaillent nécessairement avec les données publiques disponibles.
Dans un sport où les courses se déroulent souvent dans des environnements isolés — désert, montagne ou régions polaires — cette limite est presque inévitable.
L’information sportive est à part : sa valeur réside dans l’immédiateté et les rédactions ne vont pas arrêter de couvrir des courses en direct à distance parce que cela déplait à l’athlète. Les rédactions ne vont pas non plus se ruiner à envoyer des « envoyés spéciaux » sur place, à payer l’avion, l’hébergement etc. On est en 2026.
Au fond, notre journaliste qui a couvert la Lapland pour uTrail résume toute cette histoire avec humour
je veux dire, son chrono disait aucun repos 😅 Il dort en courant ?
Donc, il va répondre a tout le monde dans les 15 min après la course ? haha











