{ "@context": "[https://schema.org](https://schema.org)", "@type": "NewsArticle", "mainEntityOfPage": { "@type": "WebPage", "@id": "[https://www2.u-trail.com/utmb-kilian-jornet-cherche-a-diluer-la-polemique/](https://www2.u-trail.com/utmb-kilian-jornet-cherche-a-diluer-la-polemique/)" }, "url": "[https://www2.u-trail.com/utmb-kilian-jornet-cherche-a-diluer-la-polemique/](https://www2.u-trail.com/utmb-kilian-jornet-cherche-a-diluer-la-polemique/)", "headline": "UTMB : Kilian Jornet cherche à diluer la polémique", "description": "Kilian Jornet officialisé sa participation à l’UTMB 2026 hier. Aujourd’hui il publie un long message sur ses réseaux sociaux qui ressemble à une tentative de reprendre le contrôle et d’éteindre la « polémique ».", "image": [ "[https://storage.googleapis.com/utrailbucket/2026/02/Capture-decran-2026-02-24-a-14.42.13.jpg](https://storage.googleapis.com/utrailbucket/2026/02/Capture-decran-2026-02-24-a-14.42.13.jpg)" ], "author": [ { "@type": "Person", "name": "Axelle Anne", "url": "[https://www2.u-trail.com/tag/auteur-axelle-anne/](https://www2.u-trail.com/tag/auteur-axelle-anne/)" }, { "@type": "Organization", "name": "uTrail" } ], "publisher": { "@type": "Organization", "name": "uTrail", "logo": { "@type": "ImageObject", "url": "[https://cdn-utrail.pressidium.com/wp-content/uploads/2020/12/logoutrailretina.jpg](https://cdn-utrail.pressidium.com/wp-content/uploads/2020/12/logoutrailretina.jpg)", "width": 512, "height": 512 } }, "datePublished": "2026-02-24T13:44:21+00:00", "dateModified": "2026-02-24T13:44:31+00:00", "articleSection": "Actu Trail", "keywords": [ "UTMB", "Kilian Jornet", "polémique", "communication", "cohérence", "sportif", "communauté", "récit", "montagne", "expérience." ], "isAccessibleForFree": true }
Kilian Jornet officialisé sa participation à l’UTMB 2026 hier. Aujourd’hui il publie un long message sur ses réseaux sociaux qui ressemble à une tentative de reprendre le contrôle et d’éteindre la « polémique ».
ACHETER LE NOUVEAU LIVRE DE KILIAN JORNET
Comment Kilian Jornet cherche à reprendre la main sur sa communication et les critiques
EN RACONTANT UNE HISTOIRE PLUTÔT QU’EN RÉPONDANT AUX CRITIQUES
C’est un texte dense, construit, presque introspectif, dans lequel il retrace 18 ans de relation avec l’UTMB. À première vue, il s’agit d’un retour aux sources : souvenirs de 2008, victoires de 2009 et 2011, deuxième place en 2017, abandon en 2018, consécration en 2022.
“It’s been 18 years since I first ran UTMB. I was 20 years old back then, didn’t really know what to expect, and somehow won the race. I came back in 2009 and 2011 and won both times. In 2017, I finished 2nd to François d’Haene and in 2018, I had an allergic reaction to a bee sting and had to drop mid-race at Refuge Bertone. In 2022, I ran the race for the sixth time, 14 years after my first win, and had my best day ever around Mont Blanc.”
Mais au-delà de la nostalgie, le timing interroge.
Si tout le monde se réjouit de son retour sur l’UTMB parce que forcément sa participation va faire monter le niveau, pousser des athlètes qui ne pensaient pas être là à s’inscrire, agiter la communauté, mettre du fun, du game, tout le monde a quand même noté que son retour à l’UTMB est complètement incohérent avec ce qui l’avait poussé à appeler, avec Zach Miller, au boycott de l’UTMB.
En d’autres termes, la discussion dans la communauté s’est déplacé déplacée du chrono vers la cohérence, du sportif vers l’idéologie. Dans son nouveau post, Jornet veut modifier cet équilibre : Kilian Jornet cherche à recentrer le débat sur l’aspect sportif, balayer les polémiques, qu’on arrête de parler des idées.
Plutôt que de répondre point par point aux interrogations soulevées, Jornet choisit de raconter une histoire. Il replace son retour dans une trajectoire longue, presque intime, faite d’apprentissage, d’erreurs, de maturation.
“I was in a different place in my career, approaching it differently, and it felt like all those years of experience finally came together.”
Le ton est apaisé, centré sur la montagne, la communauté, l’expérience accumulée au fil des années.
“Most of all, I love the mountains, the community, the challenge of that course. The loop around Mont Blanc is brutal and beautiful, and every time I run it, I learn something I didn’t know before.”
Ce n’est pas un texte de justification technique ; c’est un récit de continuité.
EN MINIMISANT LES DÉSACCORDS PASSÉS
Le passage consacré aux désaccords passés est d’ailleurs étonnamment bref.
“I know some people might ask why I’m racing UTMB, as we haven’t always agreed on everything. Since then, I’ve spent long hours talking with Michel and the team. We’re aligned on what matters most and want to work together towards a better sport.”
Il reconnaît que tout n’a pas toujours été aligné, explique avoir échangé avec Michel Poletti et l’équipe organisatrice, puis affirme qu’ils sont désormais « alignés sur ce qui compte ». La formule est forte mais générale. Elle ne détaille ni les évolutions concrètes du modèle, ni les éventuelles concessions. Le sujet structurel n’est pas développé ; il est intégré dans une narration plus large qui privilégie l’émotion à l’argumentation.
Ce choix rhétorique n’est pas anodin. En élargissant le cadre, Jornet déplace le centre de gravité du débat. Il ne revient pas sur l’UTMB comme sur une institution controversée ; il y revient comme sur un chapitre essentiel de sa propre histoire. Le conflit potentiel devient une parenthèse dans une carrière de près de deux décennies. L’angle change, et avec lui la perception.
EN REPOSITIONNANT SON RETOUR SUR LE TERRAIN SPORTIF
L’autre élément stratégique du message se situe dans sa justification sportive.
“In 2026, I’ll be back again for a seventh time. UTMB is one of the few ultras in the world where the depth of the field pushes you to a different level. If I want to see where I stand in long-distance racing, this is where everybody shows up.”
S’il veut mesurer son niveau en ultra-distance, écrit-il en substance, c’est à l’UTMB que « tout le monde est au départ ». L’argument est difficilement contestable. Il repositionne son retour comme une exigence compétitive plutôt qu’un compromis idéologique. Ce n’est plus la question du modèle qui domine, mais celle du niveau. Et sur ce terrain, la discussion devient plus simple : affronter les meilleurs, là où ils se trouvent.
EN MAÎTRISANT LE TEMPO MÉDIATIQUE
Publier ce texte 24 heures après l’annonce initiale permet également de reprendre le contrôle du récit médiatique. L’information brute crée l’onde de choc ; le message détaillé vient ensuite encadrer l’interprétation.
“So I’m coming back 18 years later, and I still feel like there’s more to learn, more to give, more to discover about what my body can do at this distance. See you in August in Chamonix!”
En communication, la séquence est classique. Elle laisse le temps à la controverse d’émerger, puis propose une lecture plus nuancée, plus personnelle, susceptible d’atténuer la polarisation.
Parler de dilution de la polémique ne signifie pas qu’il y ait esquive délibérée. Jornet ne nie pas les désaccords passés. Il les relativise, les replace dans un dialogue continu, dans une vision plus globale du sport qu’il dit aimer. Reste que le modèle économique, le système des Running Stones et l’expansion internationale de l’épreuve ne sont pas abordés en profondeur. L’alignement est affirmé, mais non démontré.
Dans un trail désormais structuré par les enjeux médiatiques et économiques, la communication fait partie intégrante de la compétition. À ce jeu-là, Kilian Jornet montre une nouvelle fois qu’il maîtrise le tempo. Il choisit le moment, le ton et le cadre. La polémique ne disparaît pas ; elle change de forme.
La réponse définitive, elle, ne viendra sans doute pas des réseaux sociaux, mais de la ligne d’arrivée, fin août, à Chamonix.
En résumé : sportivement indiscutable, idéologiquement plus flou
Sur le plan sportif, il n’y a pas débat.
Kilian Jornet a été le meilleur. Il a marqué l’histoire du trail. Sa polyvalence, sa capacité à gagner du 40 km comme de l’ultra, à performer sur route, en montagne, en chaleur ou en altitude, ne sont plus à démontrer. Il a fait énormément pour la visibilité et la crédibilité de la discipline.
Sur le plan des idées, beaucoup de ses positions sont à la base louables.
Empreinte carbone, dérive du sport business, coût des dossards, sport devenu parfois discriminant socialement : chez uTrail, ces préoccupations sont largement partagées. Sur le fond, nous sommes alignés.
Ce qui interroge, ce n’est donc pas le retour en lui-même. On aurait pu comprendre. On aurait pu accepter. Nous avons tous nos contradictions. Nous évoluons. Les contextes changent.
Ce qui aurait été plus simple, plus clair, peut-être plus sain, aurait été d’assumer frontalement le compromis.
Dire : “Oui, j’ai des convictions. Oui, le système me pose question. Mais aujourd’hui, que je le veuille ou non, le très haut niveau passe par l’UTMB.”
Cette position-là aurait été entendable. Humaine. Réaliste. Car expliquer avoir longuement discuté avec Michel Poletti — qui est sans doute un homme charmant — ne suffit pas à démontrer en quoi, concrètement, l’UTMB 2026 serait structurellement plus aligné avec ses convictions que celui de 2023 ou 2024. C’est là que le doute persiste.
Source
Voir cette publication sur Instagram
Lire aussi
- Il retourne sa veste : comment Kilian Jornet justifie-t-il son retour à l’UTMB ?
- Pourquoi il faut arrêter de se demander quel est le trail le plus dur
- Kilian Jornet acculé au trail business
- Pourquoi en revenant sur l’UTMB Kilian Jornet s’enfonce dans ses contradictions
- Pourquoi l’UTMB a gagné et pourquoi Kilian Jornet a perdu
- Kilian Jornet : de l’appel au boycott en 2023 au retour à l’UTMB en 2026
- OFFICIEL : Kilian Jornet sera sur l’UTMB 2026
- UTMB 2026 : toute la France attend le duel Blanchard–Jornet






