La SaintéLyon, tout le monde croit la connaître.
Mais la LyonSaintéLyon, sa grande sœur mutante de 160 km, appartient à une autre dimension. Ce samedi 29 novembre à 9 h, alors que la SaintéLyon partira à 23h30 de Saint-Étienne, 700 coureurs s’élançaient déjà depuis Lyon pour un aller-retour mythique : Lyon → Saint-Étienne → Lyon, sans interruption, dans la nuit, le froid et la boue.
Parmi eux, Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, triple vainqueur de la SaintéLyon classique (2019, 2021, 2022), s’est engagé avec une seule stratégie : passer à l’aller sans puiser dans ses réserves, pour pouvoir tout jouer sur le retour. Et ce qu’il vient d’accomplir valide pleinement ce choix.
Résultat de la première moitié de la LyonSaintéLyon pour Casquette Verte
Parti de Lyon à 9 heure du matin, Alexandre Boucheix boucle les 77,1 premiers kilomètres en 8 heures 45 minutes et 53 secondes. Il affiche une allure régulière de 8,9 km/h malgré les 2 276 mètres de dénivelé positif. À Saint-Étienne, il pointe à la 12e place provisoire, gagnant deux rangs depuis le départ.
⏱️ Temps de repos obligatoire avant de repartir : 5 h 44 — un sas imposé entre effort intense et relance nocturne, qu’il faudra gérer avec intelligence.
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SaintéLyon en direct : une 12ᵉ place à mi-parcours qui ne veut rien dire
Après 8 h 45 de course, Casquette Verte est arrivé à Saint-Étienne, point basculant du parcours, en 12ᵉ position. Sur une course classique, ce serait un classement. Ici, ce n’est qu’une virgule dans le récit. Car la LyonSaintéLyon n’est pas une course linéaire : elle se gagne au retour, dans la nuit, là où l’esprit vacille et les corps s’effondrent.
Le départ donné depuis Lyon à 9 h l’a vu partir prudemment, exactement comme il l’avait annoncé sur ses réseaux. Objectif assumé : ne pas se blesser sur l’aller, ne pas brûler ses cartouches, ne pas répondre aux attaques inutiles. Il l’a dit clairement : « Je vais laisser les autres faire la course. Si ce n’est pas trop fort, j’accroche. Sinon je temporise et je vois au retour. »
Et c’est ce qu’il a fait. Km après km. Sainte-Catherine sous la pluie, Saint-Christo dans le froid, jusqu’à l’arrivée à Saint-Étienne en short, souriant, détendu, prêt à affronter le vrai morceau.
Une épreuve unique au monde : la LyonSaintéLyon
Ce format d’ultra est aussi rare qu’injuste pour les imprudents.
On part de jour, on court 80 km, puis, sans podium, sans banderole d’arrivée, on se retourne… et on recommence.
C’est un aller simple vers l’effacement, puis un retour où l’on croise les coureurs du 80 km — eux tout frais, vous déjà entamé. Il faut alors trouver la force de continuer quand tout le monde autour démarre sa course, quand votre corps vous crie que la vôtre est terminée.
Ce n’est pas une SaintéLyon doublée. C’est un monde à part.
Et Casquette Verte le sait mieux que personne. Il connaît les pièges de ce format. Il a vu des élites exploser à mi-parcours pour n’avoir pas su attendre. Lui a choisi une autre voie : la patience, l’économie, le relâchement. Il revient ce soir dans la nuit noire avec un seul but : transformer son calme de ce matin en attaque tranchante cette nuit.
Le contexte 2025 : froid, absents et outsiders
Les favoris de la SaintéLyon 2025
Le plateau élite 2025 est dense, mais sans les deux vainqueurs sortants.
Thomas Cardin et Marie Goncalves ne seront pas au départ du 80 km, laissant le champ libre à une génération ambitieuse : Charvolin, Cachard, Deck chez les hommes, Adeline Martin, Bannwarth, Garreau chez les femmes. Autant de noms capables de briller, mais aussi de craquer dans la nuit. Une SaintéLyon plus ouverte que jamais.
Cette 71ᵉ édition de la SaintéLyon se déroule dans une ambiance particulière. 17 000 participants sont attendus sur les différents formats (13 km, 24 km, 45 km, 80 km, et bien sûr la LyonSaintéLyon), mais plusieurs favoris annoncés ont renoncé, à commencer par Thomas Cardin, vainqueur 2024 du 80 km.
Le plateau reste néanmoins dense, avec Sylvain Cachard, Hugo Deck, Antoine Charvolin sur la course reine, et Aurelian Erdeli, Baptiste Cervelli, Stéphane Planès ou encore Pierre-Antoine Cueff sur le 160 km.
Mais aucun n’a le palmarès d’Alexandre Boucheix. Et aucun ne court avec une fracture partiellement consolidée, une sinusite persistante, et une saison aussi chargée, marquée notamment par sa participation à la Diagonale des Fous et au Kullamannen, terminé sur le podium… avec la même cheville abîmée.
Comment suivre la SaintéLyon 2025 en direct
La course sera retransmise depuis la halle Tony Garnier à Lyon. Le site officiel d’:contentReference[oaicite:1]{index=1} proposera également un live complet. Idéal pour ne rien manquer.
Tout commence maintenant
Arrivé à Saint-Étienne vers 18h après 8h45 de course pour 77km, Casquette Verte va devoir attendre le départ officiel de la SaintéLyon avant de pouvoir repartir, conformément au règlement de la LyonSaintéLyon qui aligne le départ retour sur celui de la SaintéLyon classique, fixé à 23 h 30. Ce laps de temps, souvent perçu comme un simple interlude logistique, est en réalité une épreuve à part entière, un piège tendu à l’organisme, un sas incertain où le corps commence à réclamer sa part de repos, où la température chute, où les jambes s’alourdissent malgré la pause, et où le mental doit faire le choix conscient de se relancer dans l’obscurité.
Car le défi ne réside pas uniquement dans les kilomètres à venir, mais dans cette capacité à gérer une récupération tronquée, incomplète, presque contre-nature. Ce n’est ni une vraie coupure, ni une vraie relance : c’est une zone grise où il faut réhydrater sans trop remplir, se réchauffer sans se relâcher, rester éveillé sans s’agiter, dormir un peu sans sombrer. Cette longue attente devient un test de lucidité autant que de discipline. C’est là que l’ultra change de nature, qu’il cesse d’être une course pour devenir une gestion d’états de corps mouvants, fragiles, contradictoires.
À 23 h 30, lorsqu’il remettra les pieds sur le bitume glacé en même temps que les milliers de coureurs du 80 km encore frais et impatients, il ne s’agira plus d’avancer, mais de résister. Il lui restera 80 kilomètres de nuit, de boue, d’humidité, de sentiers dépeuplés et de crêtes invisibles à franchir, avec pour seule lumière sa frontale et pour seul moteur la volonté de poursuivre ce qu’il a commencé le matin même. Ceux qui ont trop donné sur l’aller s’effondreront en silence, victimes de leur empressement. Ceux qui ont su attendre, temporiser, économiser sans rompre, comme lui, émergeront dans le noir, un à un, au gré des écarts qui s’inversent.
Et peut-être, dans cette lente remontée à contre-courant, dans ce théâtre invisible où les seuls spectateurs sont les arbres, le brouillard et le chrono, Casquette Verte refera son retard. Pas en attaquant, pas en forçant, mais en poursuivant avec précision et froideur ce qu’il a toujours su faire : rattraper, en silence, les excès d’orgueil de l’aller.
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