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🎧 Trails in France accompagnera du 6 au 9 août 2026 son dernier groupe sur le Tour du Mont-Blanc.
L’agence de voyages spécialisée dans le trail renonce à commercialiser cet itinéraire mythique en raison de sa surfréquentation, de l’augmentation des tarifs et d’une qualité de service qu’elle juge désormais insuffisante. Une décision commerciale rare, que nous choisissons de saluer.
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Trails in France annonce la fin de ses séjours sur le Tour du Mont-Blanc
Ce mercredi 5 août 2026, Trails in France a annoncé sur ses réseaux sociaux qu’elle ne proposerait plus de séjour autour du Tour du Mont-Blanc.
Il ne s’agit pas de l’UTMB, l’événement organisé chaque année à Chamonix, mais bien du **Tour du Mont-Blanc**, l’itinéraire d’environ 170 kilomètres qui traverse la France, l’Italie et la Suisse.
L’agence doit encore accompagner un dernier groupe du 6 au 9 août. Ce séjour de quatre jours, affiché complet, prévoit de parcourir environ 170 kilomètres et 9 600 mètres de dénivelé positif avec un groupe de 6 à 14 traileurs. L’hébergement, les repas, l’encadrement et le transport quotidien des bagages sont inclus dans la prestation. ([Trails in France][1])
Trails in France est une agence de voyages créée par des accompagnateurs en montagne. Elle indique travailler aujourd’hui avec une quinzaine de professionnels spécialisés dans l’encadrement de stages et de séjours trail. ([Trails in France][2])
Dans son annonce, l’entreprise explique que cette décision n’a pas été facile à prendre. Le Tour du Mont-Blanc demeure l’une des itinérances les plus connues et les plus demandées dans l’univers de la course en montagne. Renoncer à ce produit revient donc à abandonner volontairement une destination capable de remplir les groupes.
Pourquoi l’agence ne veut-elle plus vendre le Tour du Mont-Blanc ?
Trails in France avance trois raisons principales : la saturation croissante des sentiers, l’augmentation des prix et la dégradation progressive des prestations disponibles autour du parcours.
L’agence explique qu’elle ne se sent plus fière de proposer ce séjour au tarif auquel elle doit désormais le vendre. Elle estime que l’expérience proposée aux participants ne correspond plus suffisamment au prix demandé ni aux valeurs qu’elle souhaite défendre.
L’annonce est également accompagnée d’une forme d’autocritique. Trails in France reconnaît que les agences de voyages participent elles aussi à la fréquentation des grands itinéraires en y envoyant chaque année des groupes de traileurs.
C’est précisément ce qui donne du poids à sa décision.
Il est facile de dénoncer la surfréquentation tout en continuant à vendre les destinations les plus populaires. Trails in France choisit au contraire d’en tirer une conséquence commerciale directe en cessant de programmer le Tour du Mont-Blanc.
L’agence prévoit désormais de concentrer davantage son activité sur d’autres territoires et sur des itinéraires moins fréquentés.
Cette réorientation devra cependant être menée avec prudence. Déplacer les groupes du Tour du Mont-Blanc vers la Vanoise, la Chartreuse, l’Ariège ou d’autres massifs ne doit pas conduire à fabriquer ailleurs une nouvelle « autoroute touristique ». La taille des groupes, la saison choisie et la multiplication des départs compteront autant que le choix de la destination.
La surfréquentation du Tour du Mont-Blanc est-elle réellement démontrée ?
Sur ce point, le constat de Trails in France ne repose pas uniquement sur une impression.
Une étude consacrée à la fréquentation du Tour du Mont-Blanc durant l’été 2025 a estimé que 73 000 à 78 000 randonneurs avaient emprunté l’itinéraire entre juin et septembre. Ces personnes effectuent généralement le parcours en six à dix jours, même si les groupes de trail peuvent le boucler beaucoup plus rapidement.
Un compteur installé entre le col de Tricot et les chalets de Miage a par ailleurs enregistré environ 44 322 passages entre le 6 juin et le 1er septembre 2025, avec des journées approchant le millier de passages.
Ce chiffre ne correspond toutefois pas à 44 322 personnes réalisant intégralement le TMB. Le compteur se trouve sur un secteur également emprunté par le GR5, l’Hexatrek et des randonneurs à la journée. La variante du Tour du Mont-Blanc représenterait néanmoins une part importante de cette fréquentation.
Les collectivités locales ne nient plus le problème. Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais et président de la Communauté de communes du Pays du Mont-Blanc, estime que la fréquentation du parcours a presque doublé depuis 2020. Il évoque près de 78 000 pratiquants par an et jusqu’à 100 000 passages sur certains secteurs où plusieurs itinéraires se superposent.
Un projet de régulation est ainsi envisagé pour 2027. Les pistes étudiées comprennent notamment la réservation obligatoire des emplacements de bivouac, une fréquentation adaptée à la capacité des refuges et la création d’un dispositif de contrôle.
Tout le Tour du Mont-Blanc n’est pas constamment saturé
Il faut néanmoins éviter de présenter les 170 kilomètres du parcours comme une file ininterrompue de randonneurs.
La fréquentation se concentre surtout en juillet et en août, sur l’itinéraire classique et autour de certains passages très connus. Les variantes, les départs hors saison et les secteurs plus éloignés des accès routiers peuvent encore offrir une expérience beaucoup plus tranquille.
Trails in France conseille d’ailleurs aux pratiquants qui souhaitent découvrir le TMB de privilégier les variantes alpines et d’éviter la pleine saison.
La surfréquentation est donc réelle, mesurée et suffisamment préoccupante pour provoquer une réflexion politique. En revanche, la dégradation des prestations et l’augmentation excessive de leurs tarifs restent ici l’appréciation de Trails in France. Il n’existe pas, à notre connaissance, d’audit public permettant de mesurer précisément l’évolution de la qualité de chaque refuge, hébergement ou service utilisé par les agences.
Chez uTrail, nous saluons une décision qui dépasse la communication écologique
Cette annonce ne supprimera évidemment pas la surfréquentation du Tour du Mont-Blanc. Une seule agence ne peut pas modifier à elle seule les flux de dizaines de milliers de pratiquants.
Mais la décision envoie un signal important.
Pour une entreprise, défendre la montagne ne devrait pas seulement consister à publier une charte écologique ou à demander aux clients de ne pas jeter leurs déchets. Cela peut aussi signifier renoncer à commercialiser un produit rentable lorsque les conditions ne permettent plus de le proposer correctement.
Trails in France ne prétend pas être étrangère au problème. L’agence reconnaît sa responsabilité et accepte d’en supporter une conséquence économique.
C’est cette cohérence que nous saluons : dire stop au Tour du Mont-Blanc tout en continuant à le vendre n’aurait servi à rien. Trails in France, elle, a choisi d’aller jusqu’au bout de son raisonnement.
Sources
- annonce publiée par Trails in France le 5 août 2026, présentation et programme du dernier séjour sur le site de l’agence, étude de fréquentation du Tour du Mont-Blanc durant l’été 2025, mairie de Saint-Gervais et projet de régulation annoncé pour 2027.
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