🎧 Le Raid 100 km est annulé par la préfecture, mais les coureurs ne reverront pas leur argent
Écouter le rĂ©sumĂ© de l’article, dĂ©couvrez tout ce qu’il faut savoir sur le remboursement Ultra-Marin. — DurĂ©e totale : 0:49
Le scĂ©nario Ă©tait redoutĂ© depuis plusieurs jours. Il est dĂ©sormais officiel. En raison de la vigilance rouge canicule dans le Morbihan, le Raid 100 km de l’Ultra Marin 2026 est annulĂ©.
Mais ce n’est pas la dĂ©cision d’annuler qui provoque aujourd’hui la colère d’une partie des traileurs. C’est ce qui arrive ensuite.
- Le Raid 100 km est annulé et ne sera pas reporté en raison de la vigilance rouge canicule et de températures attendues proches de 40°C.
- Les inscrits peuvent se reporter sur une autre course : Grand Raid 175 km, Réveil des Ducs 70 km, Arvor 56 km ou Ronde des Douaniers 34 km, dans la limite des places disponibles.
- Jusqu’Ă 500 places supplĂ©mentaires sont ouvertes sur chacune de ces Ă©preuves.
- Les navettes réservées seront automatiquement transférées vers la nouvelle course choisie.
- Les coureurs qui ne souhaitent pas changer d’Ă©preuve bĂ©nĂ©ficieront d’une prioritĂ© d’inscription pour 2027 au tarif 2026.
- Aucun remboursement n’est prĂ©vu. Cette prioritĂ© d’inscription concerne Ă©galement ceux qui se repositionnent sur une autre course cette annĂ©e.
- Les autres Ă©preuves de l’Ultra Marin sont pour l’instant maintenues.
👉 En rĂ©sumĂ© : le 100 km est annulĂ©, pas remboursĂ©, remplacĂ© par une possibilitĂ© de transfert vers une autre course ou par une prioritĂ© d’inscription en 2027 au mĂŞme tarif.
L’organisation de l’Ultra-Marin a annoncĂ© qu’aucun dossard ne serait remboursĂ©.
Ă€ la place, les coureurs pourront Ă©ventuellement basculer sur une autre course du week-end, dans la limite des places disponibles, ou bĂ©nĂ©ficier d’une prioritĂ© d’inscription pour l’Ă©dition 2027 au tarif 2026.
Pour beaucoup, cela ne passe pas.
Le grand classique des annulations par arrêté préfectoral
Le problème dĂ©passe largement le cas de l’Ultra Marin.
Depuis des annĂ©es, un mĂ©canisme bien connu existe dans le monde des courses Ă pied. Lorsqu’une annulation semble inĂ©vitable, certains organisateurs attendent le plus longtemps possible qu’une prĂ©fecture ou une mairie prenne officiellement la dĂ©cision.
Pourquoi ? Parce qu’une annulation imposĂ©e par les autoritĂ©s permet souvent d’Ă©viter certaines obligations financières qui auraient pu ĂŞtre rĂ©clamĂ©es si l’organisateur avait lui-mĂŞme annulĂ© l’Ă©vĂ©nement.
Pendant la crise du Covid, ce sujet avait déjà provoqué de vifs débats.
Ă€ l’Ă©poque, tout le monde savait parfois plusieurs semaines Ă l’avance que les rassemblements seraient interdits. Pourtant, certaines organisations continuaient Ă communiquer normalement, maintenaient les inscriptions ouvertes et attendaient la dĂ©cision officielle des pouvoirs publics.
Le rĂ©sultat Ă©tait toujours le mĂŞme : les courses disparaissaient du calendrier, mais les coureurs avaient dĂ©jĂ engagĂ© des centaines d’euros entre les dossards, les hĂ©bergements, les transports et parfois mĂŞme les congĂ©s posĂ©s.
« Aucun dossard ne sera remboursé »
Cette phrase est celle qui revient aujourd’hui dans la plupart des commentaires publiĂ©s sous le communiquĂ© de l’organisation.
Car si certains participants saluent une dĂ©cision logique pour la sĂ©curitĂ©, beaucoup ne comprennent pas pourquoi aucun remboursement ni mĂŞme aucun report automatique du dossard vers 2027 n’est proposĂ©.
Parmi les rĂ©actions les plus frĂ©quentes, plusieurs coureurs soulignent qu’ils ne peuvent tout simplement pas venir sur les autres courses proposĂ©es. D’autres rappellent qu’ils travaillent le week-end ou qu’ils ont rĂ©servĂ© des hĂ©bergements non remboursables.
Certains demandent pourquoi un dossard gratuit pour l’Ă©dition 2027 n’est pas offert aux inscrits du 100 km.
D’autres Ă©voquent directement un sentiment d’injustice.
Le terme « honteux » revient rĂ©gulièrement dans les commentaires. D’autres parlent de « pompe Ă fric », de « vol » ou encore d’une dĂ©cision prise beaucoup trop tard.
Le problème n’est pas l’annulation
Soyons clairs : personne ne demande sérieusement à des coureurs de partir à midi sous une vigilance rouge canicule avec des températures proches de 40°C.
L’annulation elle-mĂŞme paraĂ®t difficilement contestable.
La vraie question concerne la répartition du risque financier.
Quand une course est annulée pour des raisons indépendantes de la volonté des participants, est-il normal que ce soit uniquement le coureur qui supporte la perte financière ?
Car au-delĂ du dossard, beaucoup ont dĂ©jĂ payĂ© des hĂ´tels, des locations, des repas, parfois des billets de train ou d’avion.
Au final, la facture peut rapidement atteindre plusieurs centaines d’euros.
Les coureurs s’adaptent toujours… mais paient toujours
Le discours est connu. On parle d’adaptation, de solutions alternatives, de reports, de flexibilitĂ© et d’esprit trail. Et il est vrai que l’organisation propose plusieurs possibilitĂ©s de repli pour ceux qui souhaitent malgrĂ© tout courir ce week-end.
Mais pour les participants qui ne peuvent pas modifier leur programme à 48 heures du départ, ces solutions ne changent pas grand-chose.
Dans les faits, ils perdent leur course. Et leur argent.
C’est prĂ©cisĂ©ment ce qui nourrit aujourd’hui la colère d’une partie de la communautĂ©.
En rĂ©sumĂ©, c’est un dĂ©bat qui dĂ©passe largement l’Ultra Marin
L’Ultra Marin n’est probablement pas le premier organisateur confrontĂ© Ă cette situation et ne sera certainement pas le dernier.
Avec la multiplication des épisodes de canicule, des tempêtes et des événements climatiques extrêmes, la question du remboursement des dossards risque de devenir de plus en plus fréquente dans le monde du trail.
La sécurité doit évidemment rester la priorité absolue.
Mais les traileurs risquent aussi de demander de plus en plus souvent une autre question : quand une course est annulée, pourquoi est-ce presque toujours le coureur qui paie la facture ?





