Je ne connais pas Mathieu Blanchard, le coureur Salomon, ancien participant de Koh Lanta. Pourtant, depuis qu’il est arrivé sur le circuit international d’ultra trail running en 2017, son image ne me laisse pas de marbre, elle m’exaspère. Le côté petit show-biz et vraie télé-réalité sans doute. Et puis, il y a trois jours, je suis tombé sur un de ces derniers post LinkedIn où le jeune quadra parle des valeurs d’entreprise et de la résilience, une qualité qui me touche aussi beaucoup.
Par Gaël Dutigny, 4 UTMB, 17 Ironman.
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Ce texte sur la résilience, les liens entre l’ultra trail running et les valeurs de l’entreprise m’a donc touché. J’avoue. Je l’ai trouvé intelligent, pertinent, bienvenu. J’espère qu’il n’a pas fait appel à un prête-plume d’ailleurs. Je serais déçu. Du coup, ce mec que je prenais pour un vague hockeyeur de Montréal – tu sais, ceux qui ont cet accent horrible – vient de rentrer parmi mes favoris de l’UTMB de la fin août (le 30 exactement). Bien sûr, je regrette qu’il ne soit pas à la Western States Endurance Run de ce weekend. J’aurais aimé le voir talonner Jim Walsmley sur un parcours roulant et chaud, et puis devenir le premier à mettre un terme à la domination de l’Américain. Bien entendu, je ne remets pas en question les qualités de ces autres garçons qui peuvent eux aussi mettre une fessée à la figure de proue de chez Hoka sur cette prochaine WS100 : Tyler Green, Daniel Jones, Dakota Jones, Hayden Hawks, Petter Engdahl (Jia-Sheng Shen ?). Nous en reparlerons.
La question que je me pose, c’est pourquoi, vraiment, Mathieu Blanchard ne m’avait jamais jusque-là interpellé, séduit, intéressé ? Je dois être jaloux de sa petite tête de beau gosse. Où alors, je n’aime pas trop les geeks qui font des écoles d’ingénieur. Mathieu Blanchard : la tête et les jambes ? À la Germain Grangier et Thibaut Garrivier ? Non, a priori, c’est le contraire. J’ai une admiration sans bornes pour ceux qui cumulent les qualités d’athlètes et d’intellectuels. C’est bien trop rare. Non, c’est Koh Lanta. La frime. Le show-biz. Je ne vois que ça. Les starlettes de la télé-réalité, chez moi, ça ne passe pas. C’est même rédhibitoire. Souvenez-vous Nabilla chez intérrogé (piégée) par Raphaël Mezrahi sur les glands (la patisserie). Un grand moment.
Alors à qui la faute ? Son agent ? Sans doute à ceux qui font sa pub, sa com’, gèrent son image. Encore une fois, je me répète : quand les gens de la télé-réalité te prennent de haut, c’est le monde à l’envers, et tout fout le camp. Bien, il faut aussi avouer que Mathieu Blanchard ne rigole pas beaucoup, qu’il a toujours une tête de mec hyper concentré sur les photos. Et je termine en disant qu’il court pour une marque…. Chinoise. Salomon est né en France, est un temps passé sous pavillon finlandais (Amer Sports, Inc.) mais estdepuis la fin 2018 à 80 % chinois. Qui dit marque chinoise, dit parti communiste chinois, car rien dans ce pays ne se fait sans l’aval politique du parti. Il faut le savoir, et puis savoir le reconnaître. Et quand la Chine nous fait la guerre économique, à vous en France, à nous aux USA, ça fait un peu bizarre d’être un pro Salomon. Non ?
Bref bref, tout ça pour dire que ce garçon français me sortait un peu par les yeux, qu’il ne faisait pas partie des leaders de ce sport que je suivais avec intérêt. Mais voilà, c’est fini. Depuis son post sur LinkedIn, je le trouve bien sympathique. J’en ferais presque mon chouchou, tiens ! Allez Mathieu, je suis à fond derrière toi pour ton UTMB. Jim n’aura pas récupéré de sa Western et puis Germain est actuellement blessé et n’aura peut-être pas totalement repris du poil de la bête (même si sa petite copine Katie Schilde devrait s’imposer ce samedi sur la WS100).
Qui vivra verra ! Allez Mathieu ! Fais-moi rêver – et pas que sur LinkedIn.