Le Marathon des Sables (MDS) est une course à pied emblématique qui se déroule depuis 1986 dans le désert marocain. Considérée comme l’une des épreuves les plus difficiles au monde, elle s’étend sur environ 250 km répartis sur six étapes, les participants devant être en autosuffisance alimentaire. Cependant, à l’heure actuelle, certains questionnent la pertinence et la légitimité de cette course. Est-elle devenue anachronique dans le paysage actuel du trail et de l’ultra-endurance ?
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Le Marathon des sables, un trail qui commence… à l’aéroport
Avant même de chausser les baskets, les participants doivent déjà prendre l’avion pour se rendre sur place. Des centaines de traileurs venus d’Europe, d’Amérique ou d’Asie prennent leur vol pour le Maroc, parfois même via des escales. L’empreinte carbone d’un tel événement devient difficilement justifiable. Le trail se veut souvent local, sobre, connecté à la nature. Là, c’est tout l’inverse : le désert est une destination exotique qu’on consomme comme un décor.
Bivouac dans le désert : immersion ou aberration écologique ?
Le bivouac du Marathon des Sables est certes mythique, mais il repose sur une logistique lourde : tentes nomades montées pour des centaines de personnes, évacuation des déchets, systèmes d’assainissement de fortune… sans parler du transport de matériel en 4×4 et camions. Dans un milieu aussi fragile que le désert, où la moindre trace humaine peut mettre des années à disparaître, cette sur-fréquentation pose question.
De l’eau, mais à quel prix ?
Chaque coureur reçoit un quota d’eau par jour. L’eau, ressource rare dans cette région, est acheminée par camion ou par hélico. Cette organisation, digne d’un rallye du Dakar, semble aux antipodes de la tendance actuelle dans le trail, où l’on promeut l’autonomie, la sobriété et le respect de l’environnement. Quand on sait que certains trails en France interdisent désormais les bouteilles plastiques, difficile de comprendre pourquoi une course aussi polluante continue à être glorifiée.
1986 : une époque révolue ?
En 1986, l’idée était audacieuse, novatrice, presque romantique. Courir dans le désert, vivre une aventure hors du temps. Mais quarante ans plus tard, la situation écologique est critique, les attentes des traileurs ont changé, et la légende du Marathon des Sables commence à sentir la poussière. D’autres événements proposent désormais des expériences plus respectueuses, plus en phase avec leur époque.
Le Marathon des Sables n’est pas qu’un trail extrême. Il est devenu, malgré lui, le symbole d’un modèle dépassé : celui d’un sport-aventure hédoniste et insouciant, déconnecté des enjeux environnementaux. Transport aérien massif, eau acheminée dans le désert, logistique lourde… tout semble en décalage avec les valeurs actuelles du trail. À cela s’ajoutent des critiques de plus en plus vives sur le coût de l’inscription, l’organisation, les conditions de sécurité sous des chaleurs parfois extrêmes, et même une perception néocolonialiste de l’événement. À l’heure où les traileurs cherchent du sens, de la proximité et du respect des territoires, il est peut-être temps de remettre en question ce mythe du trail saharien.
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Image issue du dossier de presse officiel du Marathon des Sables, utilisée dans un contexte d’actualité, conformément au droit à l’information.
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Cet article s’inscrit dans un droit à la critique respectueux, protégé par la liberté d’expression et d’opinion. Il ne vise pas à diffamer, mais à interroger la pertinence écologique et éthique d’un événement emblématique.