La SaintéLyon, c’est la doyenne des courses nocturnes en France : une traversée mythique entre Saint-Étienne et Lyon, de nuit, sur sentiers et bitume, au cœur de l’hiver.
Depuis plus de 70 ans, elle attire des milliers de coureurs venus défier la fatigue, le froid, la boue et les kilomètres. Mais au-delà de la classique de 80 kilomètres, existe une version plus extrême, plus confidentielle, réservée à une poignée d’ultras : la LyonSaintéLyon, soit l’aller-retour complet, cent cinquante-six kilomètres dans la nuit noire. Et depuis quelques années, un homme y règne en maître : Casquette Verte, de son vrai nom Alexandre Boucheix, triple vainqueur de l’épreuve et figure incontournable du trail français. À la fois athlète atypique, marathonien des temps modernes et bête de course médiatique, il incarne un ultra-trail sans filtre, audacieux, où la souffrance devient spectacle.
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Casquette a longtemps mené la LyonSaintéLyon 2025 la course. Il a fait trembler les chronos. Et pourtant, à l’approche de l’arrivée, Casquette Verte a fini par lâcher.
C’était écrit. Ou presque. Toute la nuit, Alexandre Boucheix — alias Casquette Verte — avait déroulé un retour de légende sur la LyonSaintéLyon 2025. Parti prudemment sur l’aller, arrivé à Saint-Étienne à la douzième place en 8 heures 45, il avait ensuite enclenché la machine : remontée furieuse, pointages en tête, rythme halluciné au-delà des dix kilomètres par heure, jusqu’à prendre la première place dans les Monts du Lyonnais.
Mais à l’approche de l’arrivée, le corps a dit non.
Vomissements, un scénario digne d’un film catastrophe
Selon les informations relayées ce matin sur les réseaux sociaux par la journaliste spécialisée Cécile Bertin, le triple vainqueur de la LyonSaintéLyon aurait été victime de vomissements répétés, l’obligeant à ralentir brutalement la cadence dans les quatorze derniers kilomètres. Un coup de frein qui tombe au pire moment : à Chaponost, dernier pointage avant Lyon, il était encore deuxième… Mais plus en mesure de lutter. L’idée d’une quatrième victoire s’éloigne.
“Il vomit trop pour espérer une remontée, il finit en footing. Enfin, normalement 😉”
— Cécile Bertin, story Instagram
Le tableau de bord confirme le déclin
Les chiffres sont implacables.

Il a très bien géré l’aller de la course.
Entre Le Camp (km 122,2) et Soucieu (km 135,9), Casquette Verte conserve encore la tête. Il est premier à 4 h 49. Mais 47 minutes plus tard, à Chaponost, il a perdu une place. Surtout, sa vitesse moyenne s’effondre à 8,4 km/h, contre 11 km/h sur la portion précédente. Au total, il mettra 15 h 06 pour boucler les 142,5 km, soit 22 h 07 de course prévue à l’arrivée, selon le suivi officiel.
Une LyonSaintéLyon 2025 en forme de montagnes russes.
Un mythe reste un mythe
Faut-il parler d’échec ? De craquage ? Ou au contraire d’une démonstration de plus, à l’image de ce qu’est Casquette Verte : un coureur qui ose, attaque, prend des risques, et finit toujours par raconter une histoire.
Car même s’il ne s’impose pas cette année, Alexandre Boucheix a encore une fois marqué la course de son empreinte. Repartir à fond après huit heures quarante-cinq d’effort, mener une remontée infernale dans la nuit, écraser les cols avec une sinusite, une cheville douteuse, et le poids des caméras sur le dos : qui fait ça, à part lui ?
L’abandon n’est pas là. La défaillance non plus. Juste une digestion impossible, une météo moite, un dernier mur à franchir — et des kilomètres qui durent une éternité.
Était-ce raisonnable de prendre le départ avec une fracture de la cheville, une sinusite et une immense fatigue accumulée ?
C’est toute la question. Casquette Verte a repoussé les limites du corps humain sur cette LyonSaintéLyon 2025. Mais cette fois, les signaux d’alerte étaient nombreux… et ils ont fini par se transformer en mur.
Même s’il flanche sur les tout derniers kilomètres de la LyonSaintéLyon, l’année 2025 d’Alexandre Boucheix force le respect.
En l’espace de quelques mois, il enchaîne trois ultra-trails parmi les plus durs au monde : la TDS (153 km / 9 000 m D+), bouclée en août en 24 heures 54 minutes, la Diagonale des Fous (175 km / 10 107 m D+) en 28 heures 48 minutes, et le Kullamannen by UTMB en Suède (173 km / 2 300 m D+), où il décroche une exceptionnelle 2ᵉ place sur plus de 300 partants. Le tout, en gardant une cadence infernale sur les réseaux, en multipliant les projets personnels… et en prenant le départ de la LyonSaintéLyon avec une cheville incertaine et une sinusite persistante.
Il n’y a pas de doute : en 2025, Casquette Verte a plus que jamais consolidé sa légende, non pas en dominant chaque course, mais en restant fidèle à son style. Attaquant, imprévisible, vulnérable parfois, mais toujours là, au front. Comme un coureur qui préfère perdre avec panache que gagner sans histoire.
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L’usage du terme « craque » dans le titre relève d’une expression journalistique décrivant une baisse de rythme ou un passage difficile en fin de course, sans intention péjorative ni mise en cause de la personne.
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“Il vomit trop pour espérer une remontée, il finit en footing. Enfin, normalement 😉”



