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🎧 Gels énergétiques, boissons d’effort, barres protéinées et autres produits spécialisés représentent un budget de plus en plus important pour les pratiquants de trail.
Dans une enquête publiée le 8 octobre 2026 par L’Équipe, un entraîneur estime que les dépenses annuelles peuvent atteindre 500 à 700 euros. Il met notamment en cause le comportement des débutants, qui auraient tendance à reproduire les habitudes alimentaires des influenceurs et des coureurs expérimentés, sans toujours en avoir les mêmes besoins.
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Jusqu’à 700 euros par an pour s’alimenter pendant les entraînements et les courses
Quand on évoque le coût du trail, les chaussures, les montres GPS et les inscriptions aux compétitions arrivent généralement en tête. Pourtant, un autre poste de dépenses peut peser lourd dans le budget annuel des coureurs : la nutrition sportive.
Dans son enquête consacrée au coût de la pratique, publiée le 8 octobre, L’Équipe rapporte que 64 % des pratiquants déclarent consommer des produits de nutrition sportive.
Interrogé par le quotidien, Fabrice Bernede, entraîneur de trail installé à Sallanches, en Haute-Savoie, évalue les dépenses dans ce domaine entre 500 et 700 euros par an, tous niveaux confondus.
Rapporté à douze mois, ce montant correspond à environ 42 à 58 euros mensuels. Une somme qui peut sembler relativement limitée à chaque achat, mais qui devient importante lorsqu’elle s’accumule sur toute une saison.
Contrairement à une montre GPS ou à un sac d’hydratation, les gels, les barres et les boissons énergétiques doivent être renouvelés régulièrement. Leur utilisation ne se limite d’ailleurs plus aux compétitions, puisqu’ils accompagnent aussi les entraînements.
Les influenceurs accusés d’encourager les débutants à consommer trop de produits
C’est l’un des constats les plus marquants de l’enquête de L’Équipe.
Fabrice Bernede estime que certains débutants adoptent des habitudes de consommation disproportionnées par rapport à leur pratique.
« Les débutants sont les pires. Ils pensent qu’ils doivent prendre autant de produits que les influenceurs, qui sont des coureurs expérimentés. Ils en consomment donc en trop grande quantité », explique-t-il au quotidien sportif.
Cette critique pose la question de l’influence des réseaux sociaux sur les comportements alimentaires des coureurs amateurs.
Sur Instagram, YouTube ou TikTok, les contenus consacrés à la préparation des ultra-trails accordent une place importante aux stratégies nutritionnelles. Les influenceurs présentent leurs gels, leurs boissons énergétiques et leurs protocoles de ravitaillement, parfois dans le cadre de partenariats commerciaux.
Or, les besoins d’un coureur préparant un ultra-trail de plus de 100 kilomètres ne sont pas nécessairement ceux d’un débutant qui s’entraîne pour une course de 15 ou 20 kilomètres.
Le problème soulevé par Fabrice Bernede concerne donc moins l’utilisation de nutrition sportive que la tendance à reproduire des pratiques sans les adapter à ses propres besoins.
Il faut toutefois distinguer son témoignage d’une démonstration scientifique : l’enquête ne permet pas de mesurer précisément la part des dépenses directement provoquée par les influenceurs.
Un marché qui progresse de 29 % en 2026
Les habitudes d’achat des coureurs s’inscrivent dans un marché en pleine expansion.
Selon les données rapportées par L’Équipe, le secteur de la nutrition sportive a enregistré une croissance de 29 % au premier semestre 2026.
Cette progression ne s’explique pas nécessairement par une hausse des prix. Le quotidien souligne au contraire que l’inflation reste relativement contenue sur cette catégorie de produits, notamment grâce aux références commercialisées par les enseignes de distribution.
L’augmentation du marché semble donc davantage liée à la consommation de produits spécialisés qu’à leur seul renchérissement.
L’influence des recommandations en ligne apparaît également dans les comportements d’achat. Selon une enquête de l’Union Sport & Cycle citée par L’Équipe, 77 % des répondants déclarent avoir déjà acheté des produits de ravitaillement à la suite d’une recommandation sur Internet.
Ce chiffre illustre le poids des contenus numériques dans les décisions d’achat, sans permettre pour autant d’attribuer l’ensemble de ces recommandations aux seuls influenceurs.
Certains traileurs dépensent seulement 60 euros par an
Les budgets consacrés à la nutrition sportive restent néanmoins très différents d’un coureur à l’autre.
Dans l’enquête, L’Équipe présente notamment le cas d’Énora, une pratiquante de 27 ans participant à une dizaine de compétitions annuelles.
Elle réserve les produits spécialisés à ses objectifs principaux et estime ses dépenses à environ 60 euros par an.
Pour ses autres sorties, elle privilégie des aliments courants, notamment des compotes et des biscuits.
Son exemple montre qu’il existe des pratiques très différentes au sein du trail amateur. Tous les coureurs ne consacrent pas plusieurs centaines d’euros à leur alimentation sportive, y compris lorsqu’ils participent régulièrement à des compétitions.
À l’inverse, certains pratiquants utilisent des gels pour mieux gérer leurs apports énergétiques pendant l’effort, notamment sur les longues distances. Une coureuse interrogée par L’Équipe explique ainsi avoir modifié ses habitudes après avoir rencontré d’importants problèmes digestifs en compétition.
La consommation de produits spécialisés peut donc répondre à des besoins individuels, indépendamment de leur promotion sur les réseaux sociaux.
En résumé, la nutrition sportive est un nouveau symbole de la surconsommation en trail
L’enquête publiée par L’Équipe met en évidence une évolution plus large de la pratique amateur : les dépenses ne concernent plus seulement le matériel et les inscriptions, mais également la préparation quotidienne.
Dans ce contexte, la nutrition sportive occupe une place particulière. Les achats sont répétés, les nouveautés nombreuses et les recommandations omniprésentes sur les réseaux sociaux.
Pour autant, un gel énergétique n’est pas forcément une dépense superflue. Lors d’un effort prolongé, un apport adapté en glucides peut contribuer au maintien de la performance. La question est donc celle des quantités, des circonstances d’utilisation et des besoins réels de chaque coureur.
Les 500 à 700 euros évoqués par Fabrice Bernede ne constituent pas une moyenne statistique représentative de l’ensemble des traileurs. Il s’agit d’une estimation professionnelle, à laquelle répondent des exemples de pratiquants aux budgets beaucoup plus modestes.
Reste une interrogation que cette enquête remet au centre du débat : les traileurs achètent-ils leur nutrition sportive parce qu’ils en ont réellement besoin, ou parce que les modèles qu’ils suivent sur les réseaux sociaux leur donnent le sentiment qu’elle est devenue indispensable ?
Sources
- L’Équipe, Léna Guihéneuf, « Faut-il être riche pour faire du trail ? », publié le 8 octobre 2026, mis à jour le 9 octobre 2026. Enquête et témoignages de Fabrice Bernede, d’Olivier Bessy et de plusieurs pratiquants amateurs.
- Union Sport & Cycle, enquête citée dans l’article de L’Équipe concernant les habitudes de consommation et l’influence des recommandations en ligne. Les données originales n’ont pas été vérifiées indépendamment.
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.
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