Trail des Forts de Besançon : après le décès d’un coureur de 42 ans, l’émotion et les questions
Le monde du trail est sous le choc après le décès d’un coureur engagé sur le 62 km du Trail des Forts, à Besançon, ce samedi 9 mai 2026. Alors que l’émotion reste immense autour de ce drame, le parquet a annoncé l’ouverture d’une enquête avec autopsie afin de déterminer précisément les causes de la mort.
Un arrêt cardiorespiratoire au 38e kilomètre
Le drame s’est produit samedi en début d’après-midi, sur la commune d’Avanne-Aveney, près de Besançon, lors du Trail des Forts, l’un des plus gros rendez-vous trail de France avec plus de 7 600 participants cette année.
Selon les premiers éléments rapportés par les secours et les médias locaux, plusieurs personnes présentes sur le parcours sont immédiatement intervenues. Parmi elles, des coureurs, deux infirmiers, un médecin ainsi qu’un pompier volontaire ont pratiqué un massage cardiaque en attendant l’arrivée des secours.
Les sapeurs-pompiers et le SMUR ont ensuite pris le relais. Le traileur a été intubé puis transporté en urgence au CHU Jean-Minjoz de Besançon. Malgré les tentatives de réanimation et une intervention chirurgicale d’urgence, il n’a malheureusement pas survécu.
Autopsie demandée par le Parquet
Le parquet de Besançon a indiqué ce dimanche avoir ouvert une enquête afin qu’une autopsie soit réalisée pour rechercher les causes exactes du décès.
Une immense émotion à Besançon
Le décès brutal du coureur a provoqué une très forte émotion dans toute la région.
Avant le départ d’une des courses du dimanche matin, un hommage par applaudissements a été organisé par les participants et les organisateurs. La Ville de Besançon a également publié un message de soutien adressé à la famille, aux proches, aux bénévoles et aux secours mobilisés.
De nombreux témoignages ont aussi afflué sur les réseaux sociaux.
Certains évoquent un médecin « réputé pour son professionnalisme et sa gentillesse ». D’autres parlent d’« un homme apprécié », « courageux », ou encore d’« une immense tristesse ».
Plusieurs bénévoles et coureurs présents au moment du drame ont également partagé leur choc après avoir assisté à la scène.
Comme souvent après ce type d’accident, beaucoup de messages de soutien ont été adressés à sa femme, ses enfants, sa famille et ses proches.
Le débat sur le PPS relancé
Très rapidement, ce décès a également relancé un débat déjà extrêmement sensible dans le monde du running : celui du Pass Prévention Santé (PPS).
Depuis avril 2024, les coureurs non licenciés n’ont plus besoin de fournir un certificat médical pour participer à une course. Ils doivent désormais compléter un PPS, un questionnaire en ligne mis en place par la Fédération française d’athlétisme.
Sur les réseaux sociaux, certains internautes estiment que ce système est insuffisant et demandent le retour du certificat médical obligatoire.
D’autres rappellent au contraire qu’un arrêt cardiaque peut malheureusement survenir même chez des sportifs suivis médicalement et qu’aucun dispositif ne permet d’éliminer totalement le risque.
Des médecins du sport interrogés dans la presse locale soulignent eux aussi que le risque zéro n’existe pas. Ils rappellent cependant l’importance d’un suivi médical régulier, notamment en cas de pratique intensive, de reprise du sport ou de facteurs de risque cardiovasculaire.
Le débat est d’autant plus fort que le trail connaît une croissance spectaculaire depuis plusieurs années. Avec des pelotons toujours plus importants, les situations d’urgence médicale deviennent mécaniquement plus visibles.
Mais à ce stade, aucune information officielle ne permet d’établir un lien entre ce drame et le PPS.
L’autopsie demandée par le parquet devra justement permettre de mieux comprendre les circonstances médicales exactes du décès.
Le trail face à ses limites
Ce drame rappelle aussi une réalité souvent difficile à accepter dans les sports d’endurance : même si la course à pied est globalement bénéfique pour la santé, l’effort extrême reste une mise à rude épreuve du corps humain.
Ces derniers mois, plusieurs décès ont malheureusement été recensés lors de trails ou de courses sur route en France.
À chaque fois, les mêmes questions reviennent : faut-il renforcer les contrôles médicaux ? Mieux sensibiliser les coureurs ? Adapter certaines distances aux conditions météo ? Ou accepter qu’aucun système ne pourra jamais supprimer totalement le risque ?
Dans le monde du trail, beaucoup rappellent aussi l’importance d’écouter les signaux du corps : douleur inhabituelle, malaise, sensation anormale, palpitations ou fatigue excessive doivent conduire à ralentir, s’arrêter ou consulter.
Car dans un sport où le dépassement de soi est valorisé, abandonner reste parfois la décision la plus difficile… mais aussi la plus raisonnable.
Nos pensées vont également aux bénévoles, aux secours, aux organisateurs et aux coureurs présents au moment du drame.
Le trail est une communauté construite autour du partage, de l’effort et de la passion de la montagne. Aujourd’hui, cette communauté entière est en deuil.





